Face au Canon Français, la mobilisation franchit une nouvelle étape en Dordogne
Fri, 24 Jul 2026 20:42:56 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès Bergerac, la mobilisation contre la tenue du banquet identitaire du Canon Français se poursuit à Périgueux. Alors que des organisateurs prennent leur distance avec l'événement, une déambulation antifasciste est appelée le 1er août.

Après avoir contraint le Canon Français à délocaliser son banquet de Bergerac à Périgueux, la mobilisation pour empêcher la tenue d'un banquet identitaire, organisé par l'extrême droite et financé par le milliardaire ultra-conservateur Pierre-Edouard Stérin, se renforce.
Alors que le Canon Français vient d'ouvrir une troisième soirée à Périgueux, une première assemblée générale s'est tenue le mardi 7 juillet à l'appel de Révolution Permanente. Celle-ci a réunie différents secteurs, issus de syndicats, de l'antifascisme ainsi que le NPA. Cette assemblée a marqué la volonté d'élargir la mobilisation et construire un rapport de force unitaire, par en bas, avec pour objectif premier l'annulation du banquet du Canon Français à Périgueux. En ce sens, les échéances s'organisent, dont une première manifestation festive et unitaire le 1 aout, à Périgueux, dès 17h, au départ de la Filature jusqu'à la mairie.
Alors que la contestation ne cesse de grandir, le Canon français a été obligé de modifier sa communication. En effet, il ne fait désormais plus référence aux 80 ans de l'AOC Pécharmant, pourtant à l'initiative de cet évènement. Un premier recul qui montre désormais des tensions grandissantes autour de cet évènement réactionnaire.
En effet, le sujet divise jusque dans les rangs des agriculteurs. Comme le révèle Reporterre, des vignerons du Bergeracois et même de l'AOC Pécharmant expriment aujourd'hui leur total désaccord avec l'évènement. Plusieurs domaines prennent publiquement leurs distances, refusant que leur métier soit approprié par l'extrême droite. « Ça rend furieux d'être associé à un événement lié à l'extrême droite » déclare ainsi un vigneron. Autant d'éléments qui mettent l'AOC dans l'embarras, jusqu'à se retirer de la communication officielle.
Alors que le scandale grossit, les relais institutionnels ne sont pas en reste. Si le nouveau maire de Périgueux, Michel Cadet, déroule le tapis rouge au Canon Français, jusqu'à recevoir les compliments d'une élue RN qui a déclaré que « le maire de Périgueux ne baissait pas son froc face aux manifestations des gauchistes », l'ancien maire socialiste compte lui saisir la préfecture pour « trouble à l'ordre public », en vue de faire annuler l'évènement. Mais alors que le PS a participé à la montée de l'extrême droite en lançant une multitude d'attaques racistes et autoritaires, il n'est en rien un allié dans cette lutte, pas plus que l'État qui, lorsqu'il réprime l'extrême droite, ne vise en réalité qu'à se préparer à réprimer plus durement les luttes ouvrières et populaires.
Depuis juillet, la mobilisation change d'échelle. Des collectifs commencent à se coordonner en AG et les contradictions propres à l'évènement s'élargissent. En quittant Bergerac pour Périgueux, le Canon Français espérait trouver un terrain plus favorable. Quelques semaines plus tard, la réalité apparaît bien différente. La contestation ne s'est pas arrêtée aux limites d'une commune : elle continue de s'étendre et de se structurer, démontrant qu'un déplacement géographique ne suffit pas à éteindre la contestation.
La déambulation du 1er août constituera une nouvelle étape de cette mobilisation, après celle du 30 juin qui avait réuni plus de 300 personnes. Nous appelons tous les secteurs de notre camp social à s'y joindre, afin d'ancrer cette dynamique et la transformer en un mouvement suffisamment puissant pour empêcher la tenue de l'évènement ainsi que la banalisation de l'extrême droite sur le territoire.