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Morbihan : des policiers tirent à balle réelle pour réprimer une free party

Thu, 23 Jul 2026 23:09:30 CEST

Révolution Permanente

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Une free party a été violemment évacuée par la police dans le Morbihan, avec des tirs à balles réelles qui ont semé la panique et blessé un chien. Dans un contexte de criminalisation croissante des free parties et alors que la loi « permis de tuer » a été adoptée à l'Assemblée nationale, il faut faire front contre la répression.

Dans la semaine du 10 au 15 juillet, près de 1 500 teufeurs se sont rassemblés dans le Morbihan pour une free party en hommage à une figure de la scène techno décédée un an plus tôt. La fête s'est déroulée sans accrocs avec une organisation très soucieuse du bien être et de la santé des participants comme de la sécurité des lieux, dans un contexte marqué par les faillites de l'État face à la canicule et aux incendies.

Alors que les organisateurs assuraient la bonne tenue de l'événement et la gestion des risques sur le terrain depuis le début des festivités, les forces de répression ont lancé une opération d'évacuation surprise le 15 juillet au matin pendant que les participants dormaient encore.

Au cours de l'opération, les policiers ont fait usage de leurs armes de service et tiré à balles réelles, blessant gravement le chien d'un participant au milieu des tentes. L'intervention s'est soldée par la saisie du matériel de sonorisation et a laissé le site parsemé de munitions abandonnées.

Cette escalade s'inscrit dans un durcissement législatif global, marqué par les prises de positions successives des ministres de l'intérieur successifs contre la fête libre et la volonté de réprimer violemment les teufeurs, avec l'adoption en urgence du projet de loi « RIPOST » qui a été votée à l'Assemblée nationale ce même 15 Juillet. Présentée pour répondre aux « nouvelles formes de contestation et de troubles à l'ordre public », cette loi portée par Laurent Nunez renforce la répression contre les participants et organisateurs de free party avec notamment des amendes lourdes et des peines de prison, mais cible également les quartiers populaires avec le renforcement des attaques contre les soi-disant « rodéos urbains ».

Alors que les familles de victimes de violences policières doivent déjà surmonter d'immenses obstacles pour obtenir justice, cette loi marque un nouveau saut dans l'impunité policière en renversant de manière perverse la charge de la preuve : désormais, l'État n'aurait plus à démontrer la légalité du tir policier. Ce seraient aux victimes ou à leurs proches d'établir son illégalité. Alors que les tirs mortels ont été multipliés par cinq depuis l'entrée en vigueur de la loi Cazeneuve, proposée par le PS, le texte adopté en première lecture à l'Assemblée nationale offrirait un véritable blanc-seing à la police et à la gendarmerie.

Face à cet arsenal juridique répressif, la riposte s'organise. Lors des dernières Tekno Parades Revendicatives, le mouvement a mis sur le devant de la scène ses revendications contre la répression et pour une fête libre, indépendante de l'État et de ses institutions. Il porte également de fortes revendications anti-impérialistes comme en a témoigné le Teknival de ce printemps tenu sur un terrain militaire près de Bourges, dénonçant « les guerres impérialistes soutenues par la France en Palestine, au Liban et en Iran » ou encore au travers du slogan « Drop Bass Not Bombs » qui a été repris lors d'une rave-party anti-guerre à Tokyo.

L'offensive brutale que constitue le projet de loi RIPOST et la loi « permis de tuer » 2.0 dépasse largement les frontières des free parties : elle représente une attaque majeure contre la jeunesse, et cible en premier lieu celle des quartiers populaires. Cette dynamique sécuritaire se déploie également à l'internationale, orchestrée par des classes dominantes déterminées à mettre au pas et discipliner une jeunesse qu'elles veulent préparer à la guerre. Pour briser la répression et le militarisme, il devient vital de construire un front large aux côtés de la jeunesse et des travailleurs, afin d'affronter collectivement les offensives actuelles et à venir du gouvernement.

Crédit photo : Téophane

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