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Canicule de juin : près de 6 000 morts, le gouvernement responsable d'une catastrophe sanitaire annoncée

Thu, 23 Jul 2026 23:50:31 CEST

Révolution Permanente

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Santé publique France révise son bilan de la canicule de juin à près de 6 000 morts, un record depuis 2003. Un chiffre bien supérieur aux premières estimations, qui confirme la responsabilité du gouvernement face à un phénomène voué à se répéter si l'on impose pas d'urgence un programme ouvrier.

Santé publique France (SpF) a publié le 22 juillet un nouveau bilan de la canicule qui a frappé la France du 17 juin au 2 juillet : au moins 5 764 décès en excès de mortalité, un chiffre jamais atteint depuis la canicule de 2003. Ce total est bien supérieur à celui du premier rapport, publié début juillet, qui évoquait alors environ 2000 morts et avait été largement critiqué par des spécialistes pour avoir sous-estimé l'ampleur du désastre. Les Écologistes avaient par exemple avancé un bilan de 10 000 décès, immédiatement démenti par Matignon, preuve que le sujet est devenu un terrain de bataille politique où le gouvernement cherche avant tout à minimiser sa propre responsabilité.

Ce nouveau rapport apporte des précisions cruciales sur la temporalité de cette hécatombe : plus de 56% des décès en excès se sont concentrés sur les seules journées du 25, 26 et 27 juin, qui ont coïncidé avec des records de chaleur absolus, dépassant les 43 degrés dans certaines villes. Cette concentration démontre que l'explosion de la mortalité n'est pas un simple effet statistique dilué sur plusieurs semaines, mais bien la conséquence directe et immédiate d'un pic de chaleur extrême et de la politique pro-patronale du gouvernement qui visait à en minimiser l'effet sur la production.

Leurs profits, nos morts

Fait inédit selon SpF, cette surmortalité a touché « toutes les classes d'âge à partir de 15 ans », brisant l'idée reçue selon laquelle seules les personnes âgées seraient vulnérables à la chaleur. Si les plus de 75 ans restent les plus touchés avec près des deux tiers des décès, la hausse de la mortalité atteint plus de 55% chez les 45-64 ans et près de 30% chez les 15-44 ans, ce qui traduit l'exposition massive des travailleurs et travailleuses en activité à des conditions de chaleur mortelles pendant leurs heures de travail.

On peut citer l'exemple révoltant de Bruno, ouvrier chez Sew Usocome âgé de 54 ans, mort le 26 juin à l'issue d'un malaise dans son usine où il faisait 38,5°C, ou d'un agent d'entretien âgé de 61 ans, décédé également fin juin dans un collège de Val-de-Marne. De la même manière, les personnes à la rues sont les premières victimes de ces chaleurs infernales comme en témoigne le décompte du Collectif des morts de la rue qui recense au moins 17 personnes sans abris décédées d'hyperthermie ou de déshydratation lors de cet épisode caniculaire.

Cette hécatombe n'est pas une catastrophe naturelle inévitable mais le produit direct des politiques d'austérité qui ont vidé l'hôpital public de ses moyens, précarisé le personnel des Ehpad et cassé les conditions de travail de millions de travailleurs, sans protection réelle face aux fortes chaleurs. Surtout, l'État poursuit la défense des intérêts du patronat, quitte à sacrifier des milliers de travailleurs sur l'autel du profit. Si l'impréparation du gouvernement risque même de s'aggraver avec les incendies qui embrasent actuellement la France et le sud de l'Europe, la poursuite d'une politique pro-patronale continue à nourrir le réchauffement et les catastrophes climatiques.

Face à cette situation, il faut nous organiser par en bas, dans nos lieux de travail, d'études et dans nos quartiers afin d'arracher, par les méthodes de la lutte des classes, des mesures urgentes comme la suspension des activités non-essentielles, la réduction du temps de travail, la mise à disposition gratuite des espaces climatisés ou à température fraîche et le contrôle des travailleurs sur les protocoles, l'organisation et les rythmes de travail afin d'affronter la canicule. Pour en finir avec le réchauffement climatique, ce combat devra s'articuler à une lutte d'ensemble contre le mode de production qui organise la destruction du vivant et mène la planète à la catastrophe.

Crédit photo : Wikimedia Commons ; Droits d'auteur : BCOM-BSPP, Crédits : S.Laplace

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