Permis de tuer : l'Assemblée balaie la pétition, imposons le retrait de la loi par la mobilisation
Wed, 22 Jul 2026 17:11:16 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalEn enterrant en pleine nuit la pétition contre le nouveau permis de tuer, qui a récolté plus de 730 000 signatures, l'Assemblée passe par-dessus la contestation populaire contre l'impunité policière. La mobilisation doit s'élargir pour imposer le retrait du texte, de la Loi Cazeneuve et de toutes les lois racistes et sécuritaires.

Après le vote scandaleux, mardi 7 juillet, d'un nouveau permis de tuer, en première lecture à l'Assemblée qui prolonge le dispositif instauré par la loi Cazeneuve de 2017 sous François Hollande et marque un nouveau saut dans l'impunité policière, la pétition contre le texte avait recueilli plus de 730 000 signatures. Un signe du rejet massif de cette nouvelle « présomption de légitime défense » accordée aux policiers faisant usage de leurs armes.
Dans la nuit de mardi à mercredi, cette pétition a été classée par l'Assemblée nationale - c'est-à-dire rejetée sans qu'aucun débat ne puisse avoir lieu dans l'hémicycle. Un passage en force qui vise à étouffer les protestations et les critiques qui se sont exprimées depuis plusieurs semaines contre une proposition de loi mortelle. Face à cette tentative de censure, il y a urgence à élargir la mobilisation.
Alors que les familles de victimes de violences policières doivent déjà surmonter d'immenses obstacles pour obtenir justice, cette loi marque un nouveau saut dans l'impunité policière en renversant de manière perverse la charge de la preuve : désormais, l'État n'aurait plus à démontrer la légalité du tir policier. Ce seraient aux victimes ou à leurs proches d'établir son illégalité. Alors que les tirs mortels ont été multipliés par cinq depuis l'entrée en vigueur de la loi Cazeneuve, proposée par le PS, le texte adopté en première lecture à l'Assemblée nationale offrirait un véritable blanc-seing à la police et à la gendarmerie.
La décision de classer cette pétition est un crachat au visage des familles de victimes de violences policières qui, présentes dans les tribunes de l'hémicycle le 7 juillet, avait répondu au vote par le slogan « Pas de justice, pas de paix ! »
Il s'agit d'une méthode désormais bien rodée du bloc central, des Républicains et du Rassemblement national, qui avait déjà été utilisé contre la pétition contre la loi Yadan - loi qui visait à assimiler l'antisionisme à l'antisémitisme afin de durcir la répression de celles et ceux qui dénoncent le génocide en cours à Gaza - qui avait recueilli plus de 700 000 signatures en avril.
On se souvient aussi de la pétition contre la loi Duplomb, qui avait dépassé les 2,1 millions de signatures, révélant une profonde colère contre la réintroduction de pesticides particulièrement dangereux pour la santé - finalement réautorisés depuis le vote de la loi dite « d'urgence agricole » - mais aussi contre les pratiques de l'agro-industrie.
Face au rejet de ces pétitions qui ont le mérite de rendre compte de l'opposition massive à cette nouvelle proposition de loi raciste et sécuritaire, le terrain institutionnel constitue une impasse alors que l'Assemblée peut les rejeter d'un revers de la main et que les institutions réactionnaires de la Ve République permettent aux classes dominantes de contourner, chaque fois que nécessaire, de contourner le parlement.
Contre la détermination des classes dominantes qui veulent offrir aux forces de répression un nouveau permis de tuer qui ne peut que renforcer l'impunité policière, notamment dans les quartiers populaires, il y a urgence à construire une riposte d'ensemble. Une riposte qui peut s'appuyer sur les luttes pour la justice et la vérité des familles de victimes des violences policières et dans laquelle le mouvement ouvrier à un rôle central à jouer.
Alors que le gouvernement multiplie les offensives racistes et sécuritaires – de la loi RIPOST qui vise la jeunesse des quartiers populaires aux nouvelles lois séparatisme et immigration en passant par l'état d'urgence anti-trafic proposé par Bruno Retailleau dans le cadre de sa campagne électorale ultra-réactionnaire –, la pétition, largement signée, montre l'ampleur de l'opposition populaire et appelle à organiser une mobilisation massive pour arracher, par les méthodes de la lutte des classes, le retrait de la proposition de loi et l'abrogation de la loi Cazeneuve et de toutes les lois racistes et sécuritaires.