Menaces, insultes, intimidations : la police brise la manifestation du CSP 75
Fri, 17 Jul 2026 11:18:15 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalVendredi 10 juillet, la police contraint la coordination des sans-papiers parisienne à interrompre sa manifestation hebdomadaire, pourtant autorisée par la préfecture, après des menaces et intimidations. Un nouveau saut dans la répression des étrangers.

Depuis plusieurs années, la Coordination 75 des Sans-Papiers (CSP75) organise chaque semaine une manifestation pour exiger la régularisation de tous-tes les sans-papiers, sur un parcours autorisé par la préfecture. Ce vendredi 10 juillet pourtant, dès le départ de la manifestation, la police a tenté d'imposer un repli sur le simple couloir de bus, un quart de la chaussée, cherchant ouvertement à réprimer et invisibiliser cette lutte. Face au refus légitime des manifestant-e-s de se laisser déposséder de leur droit, la réponse policière a été immédiate : menaces, intimidations physiques et verbales, insultes, jusqu'à contraindre la CSP75 à interrompre sa mobilisation avant même qu'elle ait vraiment commencé. Une provocation inacceptable que la coordination dénonce dans un communiqué.
Si les CSP sont habitués à s'affronter à la répression et au racisme de l'État, cette énième provocation intervient dans un contexte plus large. En mai dernier, l'Assemblée nationale allongeait la durée maximale de rétention en CRA à 210 jours. Quelques semaines plus tard, Darmanin annonçait un « moratoire de 3 ans » sur l'immigration, promettant de nouvelles offensives xénophobes à venir avant les présidentielles. En juin, au niveau européen, les eurodéputés entérinaient la généralisation de l'externalisation des centres de rétention, un saut raciste inédit. Aussi, elle survient trois jours seulement après le vote par l'Assemblée nationale d'une loi instaurant une présomption de légitime défense pour les policiers. Une nouvelle pierre dans l'édifice de l'impunité policière, et un signal fort qui permet déjà aux agents de renforcer leur répression envers l'un des secteurs les plus précarisés du mouvement social.
Pour répondre à cette nouvelle provocation, les CSP ont profité du contre-défilé internationaliste du 14 juillet pour faire démonstration de leur force, aux côtés de plus de 80 organisations. Une manifestation réussie alors qu'à quelques rues de là, la préfecture de police a choisi de faire défiler pour la première fois douze motocyclistes de la BRAV-M sur les Champs-Élysées, dans le cortège militaire du 14 juillet. Une unité créée en 2019 pour réprimer le mouvement des Gilets jaunes, héritière directe des voltigeurs, ce corps dissous après l'assassinat de Malik Oussekine en 1986.
D'un côté, des travailleurs sans-papiers manifestant pour leurs droits menacés et humiliés pour avoir voulu occuper la moitié d'un boulevard. De l'autre, le fer de lance de la répression d'État la plus brutale érigée en symbole national. Face à ce nouveau symptôme d'une offensive sécuritaire et raciste globale, il est urgent de reconstruire un mouvement d'ampleur qui revendique la régularisation de tous les sans-papiers, contre les intimidations et les violences policières. En ce sens, nous appelons à rejoindre la manifestation de la CSP-75 ce vendredi 17 juillet à 14h30 à République. Solidarité avec les sans-papiers face au racisme d'État !
Crédit : O Phil des Contrastes.