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Élèves et agents rassemblés contre la répression : que se passe-t-il à l'Inspection du travail ?

Fri, 17 Jul 2026 19:18:40 CEST

Révolution Permanente

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Près d'une centaine de personnes se sont rassemblées devant la direction des ressources humaines du Ministère du Travail et des Solidarités ce jeudi 16 juillet. Dans un climat de répression contre les syndiqué·es et de discriminations, élèves et agents de l'Inspection du travail étaient venus soutenir leurs collègues face à la menace tangible de licenciements et de sanctions disciplinaires.

La colère grandit encore dans les rangs des promotions de l'Institut National du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle (Intefp) où sont formés les inspecteur·ices du travail. Le 6 juillet, six élèves de la promotion 2025 ont reçu un courriel de la direction de leur école les informant qu'ils ne seraient pas titularisés à l'issue de leur formation de 18 mois. Une décision à l'allure de répression. Parmi les six élèves visés par cette décision, plusieurs sont syndiqués et ont participé à une mobilisation à l'automne dernier.

En effet, l'Intefp avait été secouée par une mobilisation en novembre 2025. Celle-ci était partie d'un retard dans la transmission des listes de postes à pourvoir, lesquelles sont nécessaires pour que les élèves puissent se répartir leurs affectations définitives. Dans ce contexte stressant, les élèves avaient décidé d'interpeller la direction générale du travail (DGT) lors d'une visite organisée le 14 novembre. Après avoir fiché les élèves mobilisés à cette occasion, la direction avait décidé de convoquer deux d'entre eux le 25 novembre. Un rassemblement dans le hall de l'établissement avait alors fait reculer la direction. La non-titularisation de plusieurs élèves montre que celle-ci n'a pourtant pas abandonné son acharnement contre les élèves mobilisés.

Les décisions de non-titularisation confirment un climat de répression et de discriminations. Ce climat est dénoncé par l'intersyndicale CGT-SUD qui considère que ces décisions ne s'expliquent pas par les compétences des élèves en question. En effet, parmi les six élèves ayant fait l'objet de la décision du 6 juillet, quatre sont syndiqué·es tandis que, pour les deux autres, une syndicaliste de SUD déclare à Mediapart avoir « le sentiment qu'ils ont été pris comme des boucs émissaires ». La direction, en s'appuyant sur un avis discrétionnaire qu'elle peut rendre sur le dossier des élèves, organise le licenciement de fait d'élèves.

Cette répression anti-syndicale et ces discriminations s'insèrent dans une offensive plus large de l'État contre les droits des travailleurs·euses et contre l'inspection du travail. En effet, l'intersyndicale de l'Intefp a documenté des discriminations contre les élèves syndiqué·es, racisé·es ou en situation de handicap après que quatre élèves se sont vu refuser la titularisation en 2024. L'enquête syndicale montre par exemple que les élèves racisés ont en moyenne 3,89 points de moyenne générale en moins que l'ensemble de la promotion. C'est 5,5 points de moyenne générale en moins pour les élèves identifiés comme syndiqués. Dans un autre registre, les agents sont également visés par une répression violente dans l'exercice de leur mission, à l'instar des deux inspecteurs du travail d'Isère réprimés pour avoir dénoncé les pratiques de maltraitance du ministère et qui passaient également devant la commission administrative paritaire (CAP) le 16 juillet.

Face à ces méthodes systématiques, il est impossible de séparer la question de la répression et des discriminations de l'offensive plus large menée contre l'inspection du travail et contre les droits des travailleurs·euses. Avec 1800 agents pour des millions de travailleurs·euses, l'inspection du travail est affaiblie par les coupes budgétaires qui se succèdent depuis plusieurs années. Face à la casse de l'inspection du travail, les agents et les élèves de l'Intefp doivent être soutenus par les travailleurs·euses et les classes populaires. Dans les conditions décrites plus haut, l'année qui arrive ne peut que voir se répéter de nouvelles mobilisations. Les travailleurs et les élèves mobilisé·es ne devront avoir aucune illusion dans le fait que l'État, le ministère et la justice ne sont pas des alliés.

Rassemblement devant le Ministère du Travail le 9 juillet 2026.

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