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Austérité meurtrière : en 2024, le gouvernement Attal a sacrifié deux Canadair pour 50 millions d'euros

Thu, 16 Jul 2026 17:50:01 CEST

Révolution Permanente

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Alors que la canicule favorise la multiplication des incendies qui ravagent forêts et départements entiers, un rapport établit la responsabilité de Gabriel Attal, ancien Premier ministre, dans l'annulation de la commande de deux Canadairs en 2024. Le symbole de la pénurie de moyens organisée par le gouvernement face à la crise climatique.

Les députés Damien Maudet (LFI) et Sophie Pantel (Parti socialiste) ont remis un rapport le 2 juillet 2025 à l'Assemblée nationale, établissant la responsabilité de Gabriel Attal dans la signature d'un décret annulant des crédits de 50 millions d'euros pour la sécurité civile, en février 2024. Cette somme était destinée initialement au financement de deux Canadair, d'après le rapport et comme le rappelle également France Info, ces avions bombardiers d'eau indispensables à la lutte contre les incendies.

Ces informations corroborent celles d'un rapport de novembre 2024 sur le projet de loi de finances pour 2025, établi par la sénatrice des Républicains Françoise Dumont. Le rapport explique : « Alors que le calendrier initial prévoyait l'acquisition, pour l'année 2024, de quatre Canadair, seuls deux appareils ont finalement fait l'objet d'une contractualisation ». La coupe a « contraint la DGSCGC (Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises) à renoncer à la perspective de commande de deux Canadair ».

Laurent Nuñez a immédiatement qualifié cette révélation de « polémique (…) complètement stérile » et Gabriel Attal, via son compte de soutien sur X, n'a pas hésité à affirmer que c'était tout simplement « faux » ; tweetant lui-même qu'il s'agirait de « théories fumeuses » et « trumpistes » de Jean-Luc Mélenchon, profitant ainsi de la situation pour continuer sa campagne de diabolisation de la France insoumise.

En réalité, la signature de ce décret révèle toute l'hypocrisie du gouvernement. En 2022, Emmanuel Macron avait promis le remplacement des 12 Canadairs actuels, vieux de plus de 30 ans, d'ici la fin de son quinquennat, en plus de l'achat de quatre avions supplémentaires. Sur les 16 Canadairs promis, seuls quatre sont en cours de livraison, dont deux issus du programme RescUE, réserve stratégique de moyens de protection civile de l'Union européenne. Les deux premiers ne sont pas attendus avant 2028, les deux derniers pas avant 2032, voire 2033.

La situation actuelle illustre directement les conséquences de ces choix budgétaires. Alors que le gouvernement cherche à tout prix à minimiser l'importance des départs de feux, à pointer la responsabilité humaine et individuelle, et à multiplier les coups de com', il mène en parallèle une politique austéritaire qui joue aujourd'hui un rôle criminel. Sa politique, à l'image du vote de décret, a contribué à aggraver la crise climatique.

Les priorités du gouvernement sont claires : le projet de loi de finances 2026, celui-là même qui n'a dégagé que quatre Canadair supplémentaires, prévoit dans le même temps la commande de 60 avions de combat Rafale. Plus récemment, dans le cadre des discussions sur le budget 2027, le gouvernement a déjà annoncé la mise en place de « plafonds de dépenses » aux ministères, à l'exception de l'armée et de l'écologie, au comble de l'hypocrisie.

Gabriel Attal lui même défend un programme profondément austéritaire dans la course à la présidentielle avec à la clef de nouvelles coupes budgétaires et « année blanche » dès le budget 2028 ou encore la suppression de 100 000 postes dans la fonction publique, une méthode déjà largement expérimentée dans différents services comme les hôpitaux, aujourd'hui au bord de la rupture en pleine canicule.

Comme le démontre une nouvelle fois la gestion criminelle de l'État, il n'y a rien à attendre du gouvernement. Face à la catastrophe en cours et à toutes celles qui se préparent, le mouvement ouvrier doit imposer son propre plan d'urgence, un plan ouvrier et populaire pour protéger les populations, les travailleurs et les territoires face aux incendies et aux canicules.

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