Toulouse : Moudenc expulse une centaine de mineurs isolés en pleine canicule
Tue, 14 Jul 2026 20:44:55 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalEn pleine canicule, la mairie de Toulouse vient de prendre un arrêté d'expulsion d'un bâtiment occupé par une centaine de jeunes mineurs isolés. Face à cet acharnement raciste, il faut faire front pour lutter contre l'expulsion !

Un an et demi après leur expulsion brutale du bâtiment de Patte d'Oie, le maire de Toulouse, qui appelait il y a quelques années à « renvoyer ces illégaux dans leur pays », s'acharne une nouvelle fois contre les mineurs isolés du collectif Autonomie. Le 5 juillet, la mairie a publié un arrêté d'expulsion, sans proposition de relogement, visant une ancienne résidence universitaire, propriété de Toulouse Métropole, occupée par les jeunes depuis moins de deux ans.
Près d'un an après une défaite au tribunal, la mairie prétexte la dangerosité du bâtiment après deux incendies survenus fin mai. Un motif hypocrite qui permet surtout d'éviter une mobilisation contre l'expulsion en plein mois de juillet. En réponse, les avocats des jeunes ont déposé un référé-liberté visant à faire annuler l'expulsion. Le 14 juillet, jour de l'audience, une centaine de jeunes et des soutiens se sont mobilisés devant le tribunal pour dénoncer cette offensive répressive. Une démonstration de solidarité et de combativité face à ce harcèlement raciste de la mairie.
Cette nouvelle attaque de Moudenc s'inscrit dans la continuité de la chasse aux mineurs isolés menée par le maire de Toulouse. Après les expulsions de l'université Paul Sabatier, de Patte d'Oie, du gymnase Saint-Sernin et des campements des allées Jules Guesde ces dernières années. Les jeunes du collectif Autonomie sont une nouvelle fois menacés de se retrouver à la rue.
Plus largement, cette offensive raciste fait écho à la guerre aux précaires et aux sans-abris menée par Jean-Luc Moudenc, qui vient hypocritement d'être décoré de l'Ordre du mérite pour « son engagement auprès des plus fragiles » par une institution réactionnaire. Arrêté anti-bivouac, mobilier urbain anti-SDF, expulsions, répression des travailleurs de l'éducation mobilisés contre les familles à la rue, démantèlement du PAIO ( Pôle d'Accueil, d'Information et d'Orientation, service d'acceuil pour les sans-abri ) et nomination d'un adjoint à la « lutte contre les nuisances liées à la marginalité, aux squats et aux campements », Jean-Luc Moudenc se fait le relai zélé de la politique antisociale et xénophobe du gouvernement.
Face à cette nouvelle menace d'expulsion imminente, il y a urgence à construire un front large des organisations antiracistes, pour le droit au logement, syndicales et politiques pour s'opposer à l'expulsion des mineurs isolés et, plus largement, exiger la régularisation de tous les sans-papiers et la réquisition immédiate des 46 000 logements vides de la ville.
Crédits photo : Révolution Permanente