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Gaz, insultes et violences : à Corbeil-Essonnes, la BAC réprime une fête de quartier aux Tarterêts

Tue, 14 Jul 2026 20:57:43 CEST

Révolution Permanente

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Le dimanche 5 juillet 2026 à Corbeil-Essonnes des familles du quartier des Tarterêts rassemblées pour la Mamad Cup se sont faites gazées à la lacrymogène par la BAC. Un énième exemple du racisme d'État, des violences policières et de la criminalisation systématique des habitant-es des quartiers populaires, même lors d'événements festifs et familiaux.

Dans la soirée du dimanche 5 juillet 2026, une intervention policière de la Brigade anti-criminalité (BAC) pour une violente rixe près de la gare RER de Corbeil-Essonnes (91) a dégénéré en affrontements dans le quartier des Tarterêts. Après la découverte d'un adolescent de 15 ans blessé au crâne, les forces de répression ont poursuivi un suspect vers un stade où se déroulait la Mamad Cup, un tournoi de football caritatif en l'honneur d'un grand frère décédé. Une journée sportive placée sous le signe du partage et de la convivialité entre les familles du quartier à laquelle assistaient notamment des femmes, des personnes âgées et des enfants.

Répression policière au cœur de la Mamad Cup

D'après des témoignages de personnes sur place, les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes lancés dans la foule sur place. Toujours selon des témoins de ces scènes, les policiers auraient empêché les secouristes d'intervenir et auraient également tenu des propos racistes à l'encontre des habitants. Ces heurts ont conduit à deux interpellations et au déploiement de CRS dans le quartier. De nombreuses personnes ont été gazées et impactées psychologiquement par ces violences policières démesurées alors que de nombreux enfants étaient sur place. Face à cela, certaines mères envisageraient de porter plainte contre la police.

Une fois de plus, la police de Macron s'empare de moments festifs pour faire la démonstration de sa violence contre les classes populaires. Tout est prétexte à maintenir un climat oppressif envers des populations qui aspirent à simplement s'amuser, partager des moments de joie collective. On l'a vu il y a quelques semaines lors des célébrations populaires pour la victoire du PSG en ligue des champions : les dispositifs policiers étaient là pour impressionner, voire même blesser grièvementet faire comprendre que la fête était d'abord et avant tout une affaire gérée par le ministère de l'intérieur.

Du fait de la détresse et de la colère des nombreuses familles impactées par la violence de la police, la mairie de Corbeil a du mettre en place une cellule d'écoute psychologique pour toutes les personnes traumatisées lors de cet événement dominical dans un parc fréquenté par les familles du quartier. S'il est clair que les habitants ayant subi et assistés aux violences policières doivent avoir le droit à des soins psychologiques, un tel dispositif ne peut être que très limité par rapport aux besoins réels et représente plutôt un moyen pour la mairie de limiter le coût politique qu'a été l'intervention policière désastreuse.

Un projet de loi dangereux qu'il faut combattre

Cet événement à Corbeil, qui aurait pu être encore plus dramatique, est à ajouter à la longue liste de violences policières contre les habitants des quartiers populaires. Entre harcèlements quotidiens avec racket des jeunes d'Evry et Longjumeau (91) avec des amendes abusives, qui les mettent dans des situations financières extrêmement précaires, et des violences quasi quotidiennes à Melun en Seine-et-Marne, ou encore lorsque la police, en pleine période caniculaire, détruit leurs piscinesue-contre-la-pedocriminalite/], on mesure dans quelle spirale ultra sécuritaire et répressive sont soumis les quartiers populaires.

Dans un contexte où le 7 juillet dernier l'Assemblée Nationale a adoptée la loi sur la présomption d'usage légitime des armes pour la police, l'offensive autoritaire et sécuritaire du gouvernement risque de multiplier les situations semblables à ce qui s'est passé à Corbeil et pire encore.

Face à ce nouveau permis de tuer mais aussi à tout l'appareil législatif justifiant la répression et le harcèlement des quartiers populaires, il faut construire une mobilisation large aux côtés des familles de victimes policières pour exiger le retrait de cette dernière loi mais surtout consolider un véritable bloc de résistance capable de s'affronter aux offensives racistes et sécuritaires à venir.

Comme le revendiquait Révolution Permanente aux dernières élections municipales à Saint-Denis où Elsa Marcel et Dorian Gonthier ont été élus au conseil municipal, un programme sérieux contre les violences policières dans nos quartiers doit exiger le désarmement complet des polices municipales, la dissolution des BAC et la mise en place de mesures sociales ambitieuses à travers des investissements massifs dans les services publics.

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