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Militarisation : la Fédération nationale des chasseurs veut fournir des réservistes à la Garde nationale

Wed, 08 Jul 2026 19:04:35 CEST

Révolution Permanente

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Le 1 juillet, la Fédération nationale des chasseurs et le secrétariat général de la garde nationale ont signé une charte d'engagement de cinq ans afin de promouvoir la réserve opérationnelle des forces armées auprès des chasseurs. Une nouvelle avancée dans la propagande guerrière du gouvernement, où les chasseurs sont désormais invités à jouer un rôle actif.

Début juillet, Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et François-Xavier Poisbeau, secrétaire général de la Garde nationale, ont signé une charte commune afin de « promouvoir la réserve opérationnelle et encourager l'engagement citoyen au service de la défense et de la sécurité du pays » et de « renforcer les liens entre la Garde nationale et les acteurs des territoires ». Une « cohésion de valeurs », qui marque un pas supplémentaire dans le bellicisme actuel.

Reconstituée en 2016 sous François Hollande, la garde nationale permet à des citoyens volontaires de servir dans les armées, la gendarmerie ou la police nationale, afin de « protéger la population. » Celle-ci peut donc remplir des opérations militaires extérieures mais aussi de « maintien de l'ordre » sur le territoire. Sur fond de surenchère sécuritaire et de course à la militarisation, les chasseurs sont désormais sommés de jouer un rôle actif, la FNC les estimant « utiles aux missions de la réserve, notamment pour leur connaissance du terrain, leur sens de l'engagement et leur capacité à intervenir dans des environnements variés. »

Concrètement, à travers cette charte, la FNC s'engage à : « informer son réseau des missions des forces armée ; promouvoir les dispositifs de soutien à la réserve opérationnelle auprès de ses fédérations et associations membres ; désigner un référent Garde nationale et favoriser les échanges avec les représentants locaux des armées, de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale. » Alors que les chasseurs constituent l'une des bases électorales du RN, ce rapprochement avec l'armée et les forces de répression est loin d'être anecdotique.

En effet, ce rapprochement intervient après plusieurs années de faveurs accordées au puissant lobby pro-chasse par le gouvernement. Depuis son premier quinquennat, Macron joue l'ami des chasseurs : coût des permis divisé par deux, augmentation des subventions accordées à la Fédération nationale de la chasse de 42 000% depuis 2017, pas d'interdiction de la chasse à courre, dérogations, réhabilitation de méthodes dites traditionnelles de piégeages, etc … L'incitation lancée par la FNC à ses adhérents à rejoindre la garde nationale apparaît presque comme un échange de bons procédés, et témoigne surtout de la convergence d'intérêts entre les penchants réactionnaires des défenseurs de la chasse et les objectifs militaristes du gouvernement.

Tout cela intervient alors même que la pratique de la chasse est de plus en plus décriée, à raison. La saison 2024-2025 a ainsi été marquée par 11 accidents mortels et 100 accidents, impliquant de nombreux non-chasseurs, mais aussi des cas d'agressions, comme celle du militant écolo Pierre Rigaux.

Cette signature commune réponds aujourd'hui aux objectifs militaristes du gouvernement, en pleine crise de régime et dans le contexte de l'augmentation des conflits internationaux. Macron militait ainsi récemment pour un « réarmement moral de la nation et de la jeunesse » et le chef d'état-major des armées lançait aux français qu'ils devaient « accepter de perdre leurs enfants ». Le gouvernement a depuis pris plusieurs initiatives en ce sens telles qu'un service civil obligatoire, l'augmentation de la réserve à 100 000 hommes mais aussi le service national volontaire, depuis 2026.

La signature de cette charte apparaît donc comme un énième mesure destinée à accélérer les projets guerriers du gouvernement. Elle fait une nouvelle fois apparaître la nécessité de reconstruire un large front réunissant le plus grand nombre d'organisations syndicales, associatives et politiques autour d'une orientation antimilitariste intransigeante et avec l'internationalisme comme boussole.

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