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Rennes. Au Lycée Bréquigny, les assistants d'éducation en grève pour le renouvellement de leur collègue

Tue, 07 Jul 2026 15:00:00 CEST

Révolution Permanente

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Ce lundi 6 juillet, les assistants d'éducation (AED) du lycée Bréquigny, à Rennes, était en grève reconductible majoritaire pour dénoncer le non-renouvellement de plusieurs collègues de la vie scolaire. Derrière ces décisions arbitraires se cachent la précarisation organisée d'un secteur indispensable au fonctionnement des établissements scolaires et un management de plus en plus brutal au sein de l'Éducation nationale.

« Je suis dans ma cinquième année, comme deux autres collègues, je ne suis pas renouvelée l'année prochaine », nous explique ce matin une gréviste devant le lycée Bréquigny à Rennes. Ce lundi 6 juillet, les assistants d'éducation de l'établissement ont engagé une grève reconductible majoritaire après la décision de la direction d'écarter à la rentrée plusieurs membres de la vie scolaire, dont des AED ayant jusqu'à cinq ans d'ancienneté malgré des évaluations professionnelles unanimement élogieuses. Pour les grévistes, cette décision n'est pas un cas isolé : elle révèle un système qui maintient volontairement les AED dans la précarité, au moyen de contrats courts et d'un pouvoir discrétionnaire important laissé aux directions d'établissement. Si la loi Balant prévoie l'obligation de pérenniser en CDI le poste d'un AED après 6 années en CDD, en pratique cela se solde souvent comme ici par un non renouvellement de contrat.

Pour protester contre ces non-renouvellements, les assistants d'éducation ont installé dès le matin un piquet de grève devant le lycée Bréquigny. Tout au long de la matinée, les grévistes ont échangé avec les élèves, les familles et les personnels afin d'expliquer les raisons de leur mobilisation et de dénoncer la précarité qui touche leur profession. Le mouvement a rassemblé une majorité des AED de Bréquigny qui ont aussi été rejoints par des personnels des vies scolaires des lycées Zola et Joliot-Curie, venus leur apporter leur solidarité, ainsi que par plusieurs parents d'élèves venus témoigner de leur soutien.

Au-delà du lycée, la mobilisation a également trouvé un large écho sur les réseaux sociaux. De nombreux AED, AESH et personnels de l'Éducation nationale ont témoigné vivre les mêmes situations de précarité et de non-renouvellement. « C'est la politique du rectorat et du ministre dans toute sa splendeur. Ils génèrent de la précarité, que ce soit pour le personnel de la vie scolaire, les AESH, le personnel administratif ou de laboratoire, toutes ces personnes qui font tourner la machine », écrit notamment un internaute. Une AESH réagit également : « En tant qu'AESH, je peux comprendre. J'espère que vous aurez gain de cause. » Autant de témoignages qui soulignent que la situation dénoncée à Bréquigny est loin d'être un cas isolé.

Forts de ce soutien, les grévistes se sont réunis en assemblée générale lundi midi. Ils ont décidé de reconduire ce mardi. Dans leur communiqué, ils expliquent que le proviseur attend désormais l'aval du rectorat pour renouveler le contrat de leur collègue. Ils appellent à un rassemblement mercredi 8 juillet à 14 heures devant le rectorat de Rennes afin d'obtenir son renouvellement et de dénoncer la précarité qui frappe l'ensemble des AED.

Au-delà de cette revendication, les personnels entendent porter des exigences plus larges. Comme le résume une AED mobilisée : « On nous donne une charge de travail titanesque par rapport à notre paie et à ce qui est indiqué dans nos contrats. C'est aussi pour ça qu'on est mobilisés aujourd'hui. » Plus largement, les AED dénoncent l'élargissement constant de leurs missions, souvent bien au-delà de ce que prévoient leurs contrats, ainsi que des conditions de travail qui peuvent les mettre en danger.

Les grévistes dénoncent également des conditions matérielles de travail qu'ils jugent indignes. Les épisodes de canicule ayant touché Rennes ces dernières semaines ont mis en lumière les difficultés rencontrées dans des bâtiments vétustes et mal adaptés aux fortes chaleurs. « On subit beaucoup la vétusté de nos bâtiments. Pendant la canicule, à l'internat, il faisait plus de 37 °C à 18 heures dans le bureau de la vie scolaire, et sûrement bien plus dans les chambres. » dénonce une gréviste.

Dans un secteur où les contrats précaires, le turn-over et la peur des représailles rendent souvent difficile toute mobilisation collective, cette grève majoritaire constitue un signal fort. Elle montre qu'il est possible de s'organiser et de construire un rapport de force face à des décisions jugées arbitraires. Le prochain rendez-vous est fixé au mercredi 8 juillet à 14 heures devant le rectorat de Rennes. Les AED appellent largement toutes celles et ceux qui souhaitent soutenir leur mobilisation à se joindre au rassemblement. Ils invitent également à contribuer à leur caisse de grève et à signer la pétition de soutien, afin de renforcer le rapport de force pour obtenir le renouvellement de leur collègue et défendre les droits de l'ensemble des assistants d'éducation.

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