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Candidature du RN : la justice laisse Marine Le Pen, condamnée pour corruption, trancher pour 2027

Tue, 07 Jul 2026 16:58:18 CEST

Révolution Permanente

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Ce mardi, La Cour d'Appel a condamné Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an sous bracelet électronique, à quinze mois d'inéligibilité avec exécution provisoire, ainsi qu'à une amende de 100 000 euros. Une condamnation qui laisse néanmoins à la dirigeante d'extrême droite la possibilité de maintenir sa candidature à l'élection présidentielle de 2027.

Ce mardi 7 juillet, la cour d'appel de Paris rendait son verdict dans l'affaire de détournement de plus de 4 millions d'euros d'argent public par le Rassemblement national. La décision concernant Marine Le Pen, dirigeante du parti et potentielle candidate en 2027, était particulièrement attendue. Finalement, la justice l'a condamnée à trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, à une peine de quarante-cinq mois d'inéligibilité, dont trente avec sursis, ainsi qu'à une amende de 100 000 euros, pour détournement de fonds publics européens, en sa qualité d'eurodéputée, et pour complicité de détournement de fonds publics en tant que présidente du Rassemblement national.

Tout en confirmant la culpabilité de la dirigeante du RN, ce choix laisse la possibilité à Marine Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle de 2027, comme l'a assumé la cour en préambule de sa décision, indiquant avoir pris en compte « la liberté de choix de l'électeur » pour fixer la peine d'inéligibilité. En ramenant la peine d'inéligibilité de cinq ans, prononcée en première instance, à quarante-cinq mois, dont quinze seulement sont fermes, la peine d'inéligibilité se trouve en effet purgée. « L'exécution de cette peine d'inéligibilité depuis le 31 mars 2025 a d'ores et déjà réparé l'atteinte à la probité », a ainsi déclaré la présidente de la cour d'appel, Michèle Agi.

Lire aussi : Condamnation du RN : contre l'extrême droite, faut-il défendre la « justice » et « l'État de droit » ?

En clair, après près de 10 ans de procédure, et face aux inquiétudes quant à la délégitimation de l'institution judiciaire, les juges ont choisi de reculer sur le fait de rendre Marine Le Pen inéligible. Un délibéré qui se profilait déjà au moment des réquisitions du parquet en appel, qui avait abandonné la demande d'exécution provisoire. En parallèle, la stratégie de conciliation adoptée par le RN a joué un rôle central, le parti ayant choisi d'abandonner progressivement toute logique de confrontation avec les institutions au profit d'une adaptation au cadre institutionnel, pour donner des gages au régime, et apparaître comme une force « responsable » loin de toute « trumpisation ».

Pour Le Pen, il faudra désormais trancher entre être candidate malgré son bracelet électronique ou être remplacée par Jordan Bardella, possibilité largement préparée par l'extrême-droite ces derniers mois. Quel que soit le candidat, le combat contre le RN se mènera dans la rue et sur un terrain politique, sans aucune illusion dans l'institution judiciaire. Alors que la gauche institutionnelle avait choisi de qualifier la décision de justice de l'année dernière de « victoire », appelant à se mobiliser « contre l'extrême droite et pour l'État de droit » et pour la soutenir, ce n'est pas depuis un tribunal qu'il sera possible de s'attaquer et de faire reculer sérieusement l'extrême-droite et son projet raciste et anti-ouvrier, mais par en bas, à travers l'organisation collective et les méthodes de la lutte de classes.

Crédit photo : compte X du Groupe parlementaire du Rassemblement National

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