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Acharnement répressif : l'université Lyon 2 suspend à nouveau Julien Théry pour son soutien à la Palestine

Tue, 07 Jul 2026 22:37:07 CEST

Révolution Permanente

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L'historien Julien Théry a été suspendu 18 mois par l'université Lyon 2 pour son engagement public pro-palestinien. Cette nouvelle sanction à son encontre témoigne de l'acharnement répressif de l'université Lyon 2 de concert avec l'extrême droite et Laurent Wauquiez.

Le 24 juin 2026, l'historien Julien Théry, connu du grand public grâce à ses interventions sur Le Média, a été suspendu et interdit d'enseigner à l'université Lyon 2 pour 18 mois, avec privation de traitement, c'est-à-dire de salaire et d'avantages. Le chercheur avait déjà été suspendu par son université tutélaire en septembre 2025 à la demande du syndicat étudiant d'extrême droite l'UNI. Cette répression dont l'initiative revient ici à Laurent Wauquiez est le symptôme d'un durcissement autoritaire qui remet gravement en cause la liberté universitaire.

Pour justifier une sanction aussi lourde, l'université déclare reprocher à l'historien des publications sur ses réseaux sociaux au sujet d'Israël et du génocide en cours à Gaza, dont une première publication à propos de laquelle Julien Théry a par ailleurs publié un communiqué dans lequel il reconnaît le caractère maladroit de ce post et s'en excuse.

La deuxième publication qu'utilise l'université pour justifier la sanction contre l'universitaire traite de 20 personnalités qui ont signé une tribune honteuse publiée dans Le Figaro contre la reconnaissance de l'État de Palestine : l'historien a qualifié les signataires de « génocidaires à boycotter en toutes circonstances » sur Facebook. Le procédé de l'accusation est maintenant ordinaire : assimiler sionisme et judaïsme et identifier l'ensemble de la communauté juive aux crimes d'Israël pour accuser d'antisémitisme tous ceux qui osent dénoncer le génocide à Gaza. Encore une fois, la lutte contre l'antisémitisme est instrumentalisée pour criminaliser le soutien à la Palestine.

La répression de l'historien médiéviste a été largement accompagnée par le président du conseil régional d'Auvergne Rhône-Alpes et dirigeant du parti de droite Les Républicains Laurent Wauquiez. Habitué des plateaux de CNEWS, il se félicitait après le début de l'affaire d'avoir obtenu une enquête sur « l'islamo-gauchisme à Lyon 2 ». Il revient à la charge quelques mois plus tard, juste après la première suspension de J. Théry, en évoquant « l'antisémitisme ordinaire de l'extrême gauche dans nos universités ». Wauquiez avait même supprimé l'intégralité des subventions régionales à l'université Lyon 2.

Ainsi, Laurent Wauquiez a utilisé tous les moyens à sa disposition pour mener une campagne réactionnaire contre une personnalité dénonçant le génocide en Palestine, instrumentalisant la lutte contre l'antisémitisme pour lancer par la même occasion des attaques contre le financement des universités publiques. La répression subie par Julien Théry dépasse ainsi sa seule situation individuelle puisqu'elle illustre les objectifs des franges les plus réactionnaires de la bourgeoisie française au sujet de l'université : empêcher toute expression politique qui ne s'aligne pas sur les positions du régime et accélérer les coupes austéritaires dans l'enseignement supérieur.

Une tribune en soutien à Julien Théry, signée par plus de 200 chercheurs, a été publiée à la suite de sa suspension. Cette dernière pointe du doigt le décalage entre le procès médiatique en antisémitisme et les motifs retenus pour motiver la suspension (« manquements au devoir de dignité, de mesure et d'exemplarité » et surtout « atteinte à l'image et au fonctionnement de Lyon-II »). Par ailleurs, les signataires de la tribune jugent que « la sanction infligée à Julien Théry nous alarme parce qu'elle manifeste la soumission croissante de l'Université, comme institution publique, à des méthodes répressives qui augurent fort mal de l'avenir et contreviennent à ses missions fondamentales. » Ce sont ainsi clairement la liberté académique et plus largement la liberté d'expression au sein de l'université qui sont aujourd'hui attaquées. Julien Théry, qui a consacré une partie de ses recherches aux procès sous l'Inquisition, dénonce lui même « une offensive maccarthyste contre la liberté de la recherche et de l'enseignement ».

Dans un contexte où le gouvernement et les présidences d'université répriment les soutiens de la Palestine depuis 3 ans, main dans la main avec la droite et l'extrême droite, il est important de continuer à dénoncer cette vague de répression et à apporter notre soutien à Julien Théry. Alors que le génocide en Palestine se poursuit et que ceux qui le dénoncent continuent d'être poursuivis, à l'instar d'Anasse Kazib ou de Rima Hassan, il faut continuer de lutter depuis la jeunesse pour la fin de la colonisation et du génocide, mais aussi pour la relaxe de tous les réprimés !

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