Bras happé par un malaxeur à béton : un adolescent de 16 ans blessé lors de son stage en entreprise
Fri, 03 Jul 2026 20:48:00 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalJeudi 2 juillet, le bras d'un adolescent de 16 ans a été happé par une bétonnière lors d'un stage en entreprise de travaux publics. Alors que le nombre d'accidents du travail explose, le gouvernement et le patronat en sont les premiers responsables, après des années d'offensive envers les travailleurs et leurs conditions de travail.

« Ce » jeudi 2 juillet, un adolescent de 16 ans a été blessé sur un chantier. Il effectuait un stage au sein d'une entreprise de travaux publics à Montlebon, dans le Doubs. Selon Franceinfo, son bras a été happé par une bétonnière alors qu'il chargeait des sacs de ciment. Il a ensuite été évacué par hélicoptère vers un hôpital de Besançon.
Cet accident est loin d'être un fait isolé : les accidents du travail sont monnaie courante en France, déjà championne d'Europe des morts au travail. En 2024, selon le rapport annuel de l'Assurance maladie sur les risques professionnels, 764 personnes sont décédées à la suite d'un accident du travail et le bilan s'élève à 1 297 morts en comptant les décès liés aux accidents de trajet et aux maladies professionnelles. L'année 2026 ne fait pas exception : les accidents du travail sont de plus en plus nombreux, notamment en cette période de canicule, et les jeunes sont, eux aussi, toujours davantage exposés. Ainsi, en avril dernier, un lycéen de 15 ans est mort, écrasé par un chariot élévateur lors de son stage d'observation de seconde.
Ces drames sont la conséquence directe des politiques propatronales menées par les gouvernements successifs, qui cassent les conditions de sécurité au travail, notamment avec la suppression des CHSCT (comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), tout en multipliant les attaques contre les congés maladie au nom de la lutte contre « l'absentéisme ». Dans le même temps, ces mêmes gouvernements poussent les jeunes issus des classes populaires au travail de plus en plus tôt, avec les stages obligatoires de seconde imposés par Attal, et vers des filières professionnelles et des contrats d'apprentissage dans des conditions toujours plus dégradées. Le nombre d'apprentis est ainsi passé d'environ 400 000 en 2018 à plus d'un million aujourd'hui.
Les accidents du travail ne sont pas des accidents isolés mais bien la conséquence d'un système qui expose des jeunes inexpérimentés et insuffisamment formés à des postes particulièrement dangereux, notamment dans le BTP, l'un des secteurs les plus meurtriers. Face aux politiques visant à transformer la jeunesse en réservoir de main-d'œuvre gratuite, sous-qualifiée et exposée à la mort, il est essentiel d'exiger une autre organisation du travail, décidée collectivement par les travailleurs eux-mêmes, pour mettre fin à un système où nos vies valent moins que leurs profits.