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Aéroports de Paris : les grévistes continuent la mobilisation après une proposition d'augmentation risible

Thu, 02 Jul 2026 21:55:20 CEST

Révolution Permanente

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Les salariés du Comité social et économique (CSE) des Aéroports de Paris sont en grève depuis le 9 juin, pour une revalorisation salariale. Alors que la direction leur a proposé une augmentation de 55€ bruts mensuels, risible pour faire face à l'inflation, ils ont choisi de poursuivre la mobilisation. Ils vont notamment lancer une pétition auprès des usagers de la plateforme et mettre en place une caisse de grève.

Depuis le vendredi 9 juin, les salariés du Comité social et économique (CSE) des Aéroports de Paris (ADP), chargés notamment de gérer une partie des activités sociales destinées aux salariés des aéroports, comme les restaurants du personnel, sont mobilisés. Ils réclament de nouvelles embauches et une revalorisation salariale afin de faire face à l'inflation. La proposition formulée le 5 juin par la direction, 40 euros bruts mensuels d'augmentation, a été jugée insuffisante par les salariés, qui ont décidé d'engager un mouvement de grève. À l'appel de FO et de la CGT, la mobilisation a été reconduite le 16 juin : aucun des sept restaurants du CSE ADP n'a ouvert ses portes, soit quatre restaurants à Roissy, deux à Orly et un à l'aéroport du Bourget.

La mobilisation se poursuit donc. La journée de grève du 2 juillet a marqué un tournant notable : elle est la première à avoir été organisée à la demande directe des salariés. Contrairement aux mobilisations précédentes, dont les dates avaient été soumises au vote par les syndicats, celle-ci a été obtenue après qu'une gréviste ait demandé la tenue d'un vote. Les grévistes se sont prononcés à l'unanimité en faveur de cette nouvelle journée d'action. Ces derniers vont également lancer une pétition auprès des usagers de la plateforme et mettre en place une caisse de grève. Ce jeudi 2 juillet, trois restaurants étaient en grève, un à Orly et deux à Roissy. Dans l'un des restaurants, la direction a regroupé les personnels non-grévistes dans une tentative manifeste de briser la mobilisation.

Baisse des effectifs et augmentation du nombre de couverts : une dégradation des conditions de travail depuis le Covid

« Le CSE ADP emploie 168 personnes, dont une centaine affectée aux activités de restauration » explique le délégué syndical représentant les salariés. Si le nombre de couverts a augmenté ces dernières années, le nombre de salariés n'a pas augmenté. Pire, « les effectifs en restauration ont été réduits d'une vingtaine de personnes après le Covid » témoigne Florence*, employée de restauration.

Cette situation dégrade fortement les conditions de travail, comme elle le décrit : « On se retrouve souvent en sous-effectif. Lorsqu'une collègue est appelée d'astreinte à 3 heures, elle quitte son poste à 10 heures mais n'est pas remplacée : on se retrouve alors avec une personne en moins. Pour les arrêts maladie de longue durée, c'est encore pire. La personne absente n'est généralement remplacée qu'après son deuxième arrêt maladie, c'est-à-dire au bout de quinze jours. »

Les conséquences sur la santé des agents sont directes. « Je ne prends jamais ma pause, mais je pars à l'heure prévue. Il y a des périodes où le travail est très intense, sur la durée c'est fatiguant », poursuit Florence. Les accidents du travail sont fréquents : une employée qui chute parce qu'elle doit courir, un cuisinier qui se coupe, autant de situations devenues récurrentes dans les restaurants. « Le sous-effectif génère du stress et de la fatigue, ce qui contraint certains collègues à s'arrêter de travailler. Cela pèse aussi beaucoup sur leur moral », indique le délégué syndical.

Une mobilisation suivie malgré les tentatives de la direction pour discréditer la grève

La mobilisation a été massivement suivie : selon le délégué syndical, environ 90 % des salariés se sont mis en grève. Un rapport de force qui a contraint la direction à revoir son offre. « La direction nous a proposé 55€ brut par mois et une prime unique de 150€ net, ce que nous avons refusé. Nous sommes beaucoup à être payés au SMIC, et lorsque l'on prend en compte sa revalorisation, l'offre de la direction se réduit à une augmentation de seulement 10€ par mois », témoigne Florence. En effet, le SMIC va augmenter de 43,99€ brut par mois le 1er juin 2026. Les grévistes revendiquent la concrétisation d'une promesse de dix embauches, et l'application des grilles salariales des Aéroports de Paris aux travailleurs du CSE.

Ils ont ensuite repris la grève pour une troisième journée, le mardi 16 juin, au cours de laquelle aucun restaurant n'a ouvert ses portes. Dans une affiche publiée le jour du mouvement, les élus du bureau du secrétariat du CSE ADP, composé à un tiers par des élus CGT ADP, ont contesté les revendications des grévistes, estimant que « leur application mécanique aurait un impact financier très important sur l'équilibre du CSE ADP ». Une position d'autant plus contradictoire que leur syndicat revendiquait, le 4 juin, un accord avec la direction sur une augmentation de salaires de 6,5% en moyenne.

Évidemment, l'argument financier ne tient pas. Aéroports de Paris réalise des profits monumentaux, largement suffisants pour financer d'importantes hausses de salaire : le groupe a réalisé un bénéfice net de 382 millions d'euros en 2025. De plus, « ADP, en tant que seul subventionnaire, est codécisionnaire dans les mesures prises par le CSE ADP », insiste le délégué syndical.

Pour la suite du mouvement, la CGT a convaincu les travailleurs mobilisés de faire des débrayages surprises, et envisage de durcir le mouvement si la direction ne rouvre pas les négociations. « On ne s'interdira pas d'aller directement négocier avec ADP », continue-t-il. Les travailleurs sont en tout cas motivés à se battre. « On est en colère car le bureau du CSE nous dénigre, mais on reste motivés à aller au bout » conclut Florence. Si les grévistes restent déterminés à mener la bataille pour leurs salaires et leurs conditions de travail, pour gagner, il faudra durcir le mouvement. Une perspective qui doit s'accompagner du développement d'assemblées générales qui permettent à l'ensemble des salariés du CSE ADP de discuter de la stratégie à adopter, mais aussi d'une politique en direction des usagers. Des leviers clés pour construire un rapport de forces durable et arracher les revendications légitimes des grévistes. Solidarité avec les travailleurs du CSE ADP !

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