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En Seine-et-Marne, les agents territoriaux de Lieusaint en grève face à la dégradation de leurs conditions de travail

Wed, 01 Jul 2026 22:10:48 CEST

Révolution Permanente

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Management toxique, fins de contrats arbitraires, salaires misérables : les agents territoriaux de Lieusaint n'en peuvent plus. Ils et elles étaient 80 sur le piquet de grève devant la Mairie ce jeudi 18 juin.

La plupart sont des femmes, la grève étant particulièrement suivie dans le périscolaire. Elles gagnent autour de 1600€ par mois pour s'occuper des enfants de la commune. Mais jeudi 18 juin dernier, leur mobilisation était telle que les cinq écoles de Lieusaint sont restées fermées.

« J'ai commencé en 1998, c'est la première fois que je vois une grève ici » commente Claire*. « Il y a autour de 250 salariés, une centaine est en grève aujourd'hui ».
Quelques mois plus tôt, une pétition contre « les conditions de travail dégradées, le copinage et les sanctions disproportionnées, pour des avancements de grade et des évolutions de carrière » avait réunie 135 signatures d'agents.
Au lieu de prêter attention aux demandes des salariés, la direction avait préféré mettre fin aux contrats de vacataires qui avaient eu le malheur de la signer. Certaines, mises à la porte du jour au lendemain sans explication, enchaînaient les CDD depuis 6 ans.

C'était donc avant tout pour relever la tête que les agents étaient en grève cette journée, après des mois de pression et de mépris. Et si les revendications vont de la hausse des salaires à l'embauche des vacataires, ce qui revient le plus dans les discussions est bien le manque de considération reçue de la part de leur direction.

Johanna, une parent d'élève venue sur le piquet soutenir le mouvement, se dit dégoûtée : « Alors qu'on voit tous les scandales qu'il y a en ce moment dans le périscolaire, il n'y a aucune reconnaissance pour le travail fait par les ATSEM. On les balade d'école en école alors que nous, ce qu'on veut, c'est des assistantes qui ont le temps de créer un lien de confiance avec nos enfants, qui les connaissent vraiment ».

Claire confirme : « On se sent vraiment comme des pions. Des mouchoirs bons à être jetés sans la moindre considération. Nos chefs ne nous adressent la parole que s'il y a un problème. Sinon on a même pas droit à un regard ».
Il faut dire que le turn over est massif : « De toute façon il y a de plus en plus de contrats courts, quand les collègues partent ils ne sont jamais remplacés. Aux départs en retraite s'ajoutent de nombreuses démissions ces derniers mois ».
Elle nous montre deux collègues portant des pancartes : « vous voyez ces deux là bas ? Elles participent au mouvement par solidarité mais elles ont déjà déposé leur lettre de démission ».

Sur le piquet au milieu des drapeaux de la CFDT, on remarque quelques gilets verts SUD Rail. Pierre, cheminot, nous explique : « on pourrait croire qu'on a rien à voir : pas le même syndicat, pas le même métier, pas le même employeur. Pourtant, quand on voit leurs revendications, on se rend compte qu'on a exactement les mêmes problématiques de souffrance au travail ».

Younes, lui aussi gilet SUD Rail sur les épaules, continue : « Ce management toxique, qui nous vaut une véritable vague de suicide à la SNCF, il découle directement de la casse des services publics. Si on veut y mettre fin définitivement, il va falloir un mouvement d'ensemble, c'est donc logique de dès maintenant soutenir ceux qui luttent et construire de la solidarité ».

Après plusieurs heures à chanter des slogans sous le soleil, les grévistes ont fini par être reçus par Michel Bisson, maire PS de la ville (et qui compte dans son conseil municipal Olivier Faure en personne, alors qu'il n'habite pas Lieusaint).
Lui qui expliquait déjà, par le passé, aux syndicalistes CFDT qu'il était « déçu du syndicat » a continué dans une ligne de mépris total envers les grévistes, qui racontent avoir été pris de haut tout le long des échanges : « Il nous a d'abord expliqué qu'il était en négociation avec des entreprises, ça montre son niveau de priorités. Il nous prend de haut, nous dit qu'on ne comprend rien et que les ATSEM changeront bien d'écoles à la prochaine rentrée ».

Cette réception confirme ce que les travailleurs en grève dénoncent depuis plusieurs mois : au lieu de répondre à leurs difficultés, la mairie choisit de maintenir sa politique managériale et de fermer la porte à leurs revendications.
Ainsi, si leur employeur s'est illustré par son dédain, les grévistes peuvent être fiers de leur journée de grève.
Une détermination qu'il faudra garder et utiliser pour faire plier véritablement une mairie radicalisée qui semble vouloir aller au bout du rapport de force !

*Les prénoms ont été changés.

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