Le patronat impose le gel des allocations chômage : nouvelle déclaration de guerre contre les travailleurs
Wed, 01 Jul 2026 22:45:51 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mardi 30 juin, l'Unédic a annoncé que les allocations de l'assurance chômage ne seront pas revalorisées ce 1ᵉʳ juillet suite à un véto des organisations patronales. Une première en dix ans, alors que la reprise de l'inflation détériore les conditions de vie des plus précaires.

À l'issue d'une réunion de son conseil d'administration, l'Unédic - l'association privée chargée de la gestion de l'assurance chômage en France – a déclaré qu'à partir du 1er juillet, ces allocations ne seront pas revalorisées suite à une levée de boucliers des organisations patronales. Les syndicats avaient pourtant proposé d'un commun accord une augmentation de 2,41 %, adaptée à celle du smic et à l'inflation constatée sur les douze derniers mois. Alors que la hausse de ces aides est vitale pour les travailleurs privés d'emploi, dans un contexte marqué par un taux d'inflation record, l'allocation minimale restera au niveau de 32,13 euros par jour.
Cela faisait dix ans que la revalorisation de l'assurance chômage n'avait plus été attaquée par le patronat, qui a mis son véto sur la hausse pour faire face à l'inflation. Une décision qui marque un saut supplémentaire dans la précarisation de ses allocataires. Entre mai 2025 et mai 2026, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 %, après la flambée des prix du pétrole et du gaz en raison de la guerre impérialiste en Iran. Pendant ce temps-là, les actionnaires s'engraissent toujours plus, à l'image de Total qui a enregistré près de 5 milliards d'euros de bénéfices au premier semestre de 2026 sans payer aucun impôt alors que les plus précaires survivent avec quelques centaines d'euros.
Selon le Medef qui a transmis un communiqué à l'AFP et relayé par Le Monde suite à l'assemblée avec Unédic, « cet effort de rigueur suppose que l'État respecte ses engagements et abandonne tout nouveau prélèvement dans les caisses de l'Unédic. » Une interpellation profondément hypocrite dans un contexte où l'État pioche abondamment dans les finances publiques pour assumer le budget de l'armée qui a été rallongé de 36 milliards d'euros pour la période 2024-2030. Un communiqué de l'Unédic stipule que l'État ponctionnera ses fonds à hauteur de 4,1 milliards en 2026, creusant la dette de l'association qui atteindra 61,5 milliards d'euros alors que cette instance finance en partie France Travail.
Des offensives qui se multiplient à mesure que le budget pour la guerre augmente
L'interdiction de la revalorisation de l'assurance chômage s'inscrit dans un contexte plus large d'attaques des droits pourtant déjà minimes de ses bénéficiaires. Le 26 mai dernier, l'État a réduit de 18 à 15 mois la durée maximale d'indemnisation des moins de 55 ans après une rupture conventionnelle. Pour les plus de 55 ans, elle est désormais limitée à 20,5 mois, alors qu'elle pouvait auparavant atteindre 22,5 mois, voire 27 mois pour les plus de 57 ans qui font partie des franges de la population les plus touchées par la crise de l'emploi et les vagues de licenciements.
Le gouvernement a mené cette nouvelle offensive seulement seize jours après que le Parlement ait adopté la loi contre les « fraudes sociales » qui durcit le flicage des plus précaires présentés comme des « assistés ». Surveillance, précarité, austérité : voici le projet du patronat.
Ces mesures criminelles sont appliquées alors que le taux de chômage explose : un rapport de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), publié mercredi 13 mai, révèle que le taux de chômage a franchi la barre des 8%. Concrètement, 2,6 millions de personnes sont désormais au chômage, soit 68 000 de plus qu'au trimestre précédent. Ce taux n'avait pas été atteint depuis 2021. Surtout, ce chiffre minimise beaucoup l'ampleur de la crise sociale que constitue le chômage, puisqu'il ne prend en compte que les travailleurs qui n'ont aucune heure de travail et sont disponibles immédiatement (définition au sens du Bureau International du Travail). Des critères ultra-restrictifs loin de rendre compte de la réalité quotidienne de tous les travailleurs qui arrivent à trouver quelques heures par-ci par-là, ou qui subissent des temps partiels forcés. Le nombre de chômeurs comptabilisé par France Travail rend davantage compte de l'ampleur et de la gravité du chômage pour notre classe : plus de 6,4 millions de personnes sont au chômage au 1er janvier 2026. C'est donc une énorme attaque qui vise notre classe, et les plus précaires en premier lieu.
Cette hausse brutales du chômage est due à une vague de licenciements massifs dans l'industrie, la tech, la logistique ou encore dans les transports avec notamment la liquidation judiciaire de Ziegler qui a mis sur le carreau plus d'un millier de travailleurs. Alors que le patronat poursuit son offensive anti-ouvrière, en cumulant plan massif de licenciements et attaques violentes contre les droits des chômeurs, les directions syndicales continuent de proposer uniquement une stratégie de « dialogue social ». Le négociateur à l'Unédic pour la CGT dénonce ainsi uniquement un « système absurde » ou une égalité des votes entre les syndicats des travailleurs et les organisations patronales revient à un statu quo, et donc un gel des allocations, et demande une révision de ce système de négociation de l'assurance-chômage. Une impasse qui désarme le mouvement ouvrier à l'heure où il subit une offensive globale de la part du gouvernement et du patronat.
Alors que les patrons pulvérisent l'avenir de leurs employés tout en récupérant les nombreux cadeaux de la macronie, nous devons défendre le maintien de tous les emplois en imposant l'interdiction des licenciements et l'embauche immédiate en CDI de tous les travailleurs précaires. Des mesures immédiates qui s'appliqueront grâce à la réduction et au partage du temps de travail sans baisse de salaire pour que chacun trouve un emploi, et qui ne pourront être arrachés que par un véritable rapport de force, loin de toute illusion dans un « dialogue social ». Face à la chute du pouvoir d'achat, nous n'avons pas à payer pour leurs guerres et les cadeaux au patronat : nos salaires doivent être indexés sur l'inflation et les entreprises qui orchestrent cette crise doivent être expropriées.