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« Tout ira bien » : Frontex publie un guide destiné aux enfants migrants pour faciliter leur expulsion

Tue, 30 Jun 2026 21:41:21 CEST

Révolution Permanente

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L'agence Frontex, chargée de mettre en œuvre la politique de traque des migrants aux frontières de l'Union européenne, vient de republier un « guide sur le retour » pour les enfants de 6 à 11 ans menacés d'expulsion. Une méthode de propagande glaçante qui sert à légitimer le nouveau durcissement raciste de la politique migratoire de l'UE.

« La nouveauté est toujours excitante ! N'aie pas peur de découvrir de nouvelles choses » C'est avec ce type de phrases paternalistes que Frontex, la police des frontières de l'UE, dont l'ex-directeur est un eurodéputé du RN accusé de complicité de crime contre l'humanité et de torture, tente de faire passer la déportation pour un simple déménagement.

L'agence vient de republier un « guide sur le retour », aux allures de bande dessinée - la « version enfant » … - traduit dans une quinzaine de langues, destiné aux enfants de 6 à 11 ans en voie d'expulsion. « Ton·a nouveau·elle instituteur·trice sera peut-être gentil·le, tu pourras te faire de nouveaux amis sympathiques et découvrir de nouveaux bonbons ! », détaille cyniquement le guide.

Ce document a été publié pour la première fois en 2024, après l'adoption du Pacte asile et migration. Il a refait surface après le vote du règlement « Retour », adopté par le Parlement européen le 17 juin dernier, qui instaure un saut répressif et xénophobe inédit de la politique migratoire de l'UE. En effet, le règlement « Retour » instaure une restriction des possibilités de recours contre l'expulsion, un rallongement de la rétention de 18 à 24 mois, un élargissement des motifs des rafles effectuées et de nombreux dispositifs liberticides pour les reconduites hors des frontières européennes. Mais la mesure centrale de cette loi est la généralisation de l'externalisation des « hubs de retour », véritables prisons gérées par des pays tiers, hors Union Européenne, qui retiendront les étrangers expulsés du continent. Une mesure calquée sur le modèle italien mis en place par Giorgia Meloni.

Sous la plume de la police Frontex, ces camps pour migrants se transforment en simples « bâtiments » : « Avant que toi et ta famille ne rentriez dans votre pays d'origine, vous devrez peut-être rester dans un bâtiment avec d'autres familles qui attendent de voyage. Tu auras tout ce dont tu as besoin ». « Tu pourras ou non être autorisé·e à quitter le bâtiment », prévient, magnanime, le guide. Ce « guide sur le retour » de Frontex n'est rien d'autre qu'un document de propagande destiné à légitimer le durcissement de la politique répressive et xénophobe de l'UE, qui accentue toujours plus sa chasse aux migrants.

Comble de l'horreur, la police des frontières s'adresse ici spécifiquement aux enfants, alors qu'ils subissent de plus en plus les politiques migratoires des pays membres de l'UE. D'après l'UNICEF, en moins de 15 ans, la France a placé près de 34 000 enfants en rétention, dont l'immense majorité à Mayotte qui subit une politique d'exception coloniale ultrarépressive qui limite drastiquement l'accès à la nationalité pour les enfants nés à Mayotte de parents étrangers, et où l'enfermement d'enfants en CRA est non seulement autorisé dans des conditions beaucoup plus souples qu'en Hexagone, mais y est aussi près de 40 fois supérieur et représente 11 % des personnes enfermées sur l'île.
La France a aussi été de nombreuses fois condamnée par différents organismes internationaux pour son traitement des enfants, particulièrement celui des mineurs isolés, par exemple avec la pratique des « tests osseux » constituent un outil de l'arsenal utilisé par l'État français pour mener la guerre aux migrants.

Ces politique anti-migrants menées par les pays impérialistes, qui font des enfants des cibles à part entière de la répression migratoire, en les privant de leurs droits les plus élémentaires et en les utilisant comme des instruments de la traque des sans-papiers, n'ont donc rien à envier à l'ICE, la police de l'immigration aux Etats-Unis.

Elles appellent un sursaut de résistance, à l'image de la mobilisation exemplaire de la population de Minneapolis. Dans cette ville du Minnesota, le mouvement ouvrier s'est organisé pour protester contre la présence de l'ICE suite à l'arrestation d'un enfant de 5 ans utilisé comme appât pour arrêter ses parents sans papiers, contraignant finalement les agents fédéraux à battre en retraite.

En France et partout en Europe, la lutte contre le racisme et contre la traque des migrants doit s'inspirer des méthodes des travailleurs et travailleuses de Minneapolis, qui ont infligé à Trump l'une des plus grosses défaites de son mandat en chassant l'ICE de la ville par une auto-organisation collective de masse, en toute indépendance de l'État et des institutions.
Cette perspective doit nous permettre de construire un front large capable d'imposer la régularisation de tous les sans-papiers, l'abolition des centres de rétention administrative et l'ouverture des frontières, seules mesures à même de mettre une fois pour toute fin à toutes les politiques sécuritaires et répressives contre les personnes étrangères.

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