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« On a plus chaud que Bernard Arnault ! » : une Pride sauvage et écolo envahit la Samaritaine

Mon, 29 Jun 2026 10:53:36 CEST

Révolution Permanente

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En réponse à l'interdiction de la Pride par la préfecture sous prétexte de canicule, des centaines de militant·es LGBTI ont envahi la Samaritaine de LVMH pour dénoncer la répression des mobilisations et les vrais responsables de la catastrophe climatique : le grand patronat et l'Etat.

L'interdiction de la Marche des Fiertés parisienne par la préfecture au nom de la canicule constitue un précédent sécuritaire très inquiétant. Car si la chaleur extrême crée indéniablement un danger pour les manifestants, notamment pour les personnes à risque, la décision d'adapter ou éventuellement d'annuler la manifestation doit revenir aux organisateurs. Car l'État, loin de le faire pour la « protection des populations » comme il le prétend, continue, dans le même temps, à faire travailler les ouvriers jusqu'à la mort sur les chantiers, à laisser des élèves passer bac et brevet dans des salles surchauffées et un hôpital public saturé au bord de la rupture après des années de casse organisé de la santé par la macronie.

Bref : quand il s'agit des profits, la canicule ne justifie jamais l'arrêt de l'économie. Elle est juste un prétexte à l'interdiction quand il s'agit de manifester - tout en continuant défendre les intérêts des milliardaires dont les entreprises figurent parmi les principaux responsables de la catastrophe écologique en cours.

C'est donc pour dénoncer cette interdiction politique, mais aussi les vrais responsables de la crise climatique, que plusieurs centaines de militant·es LGBTI ont investi hier la Samaritaine, propriété de Bernard Arnault et du groupe LVMH, à l'heure où aurait dû se tenir la Pride parisienne. À l'appel notamment des Inverti·es, de Du Pain et Des Roses, Extinction Rébellion, Nous Toutes 93 et des Féministes révolutionnaires, le temple du luxe a été transformé en lieu de dénonciation politique du capitalisme meurtrier et de l'État climaticide qui le protège.

Car derrière les belles vitrines, c'est bien un modèle économique fondé sur la surexploitation des ressources et une consommation réservée à une minorité qui s'y dissimule, prêt à tout pour défendre ses marges, pendant que les travailleurs et travailleuses, les quartiers populaires, la jeunesse, les personnes étrangères, subissent tous les jours de plein fouet les conséquences dramatiques de l'austérité et de la catastrophe climatique.

Deux jours plus tôt, LVMH organisait d'ailleurs en pleine canicule un défilé de luxe Louis Vuitton à la Cité universitaire avec une immense cascade artificielle de 8 mètres de haut utilisant 600m3 d'eau de Paris, privatisant une partie du site et restreignant l'accès aux étudiant·es à des installations du campus et à ses points de rafraîchissement : lorsqu'il s'agit des événements de la grande bourgeoisie, la canicule n'est jamais un obstacle.

Presque 60 ans après les révoltes de Stonewall, cette action rappelle qu'après des décennies d'institutionnalisation et de cooptation des luttes LGBTI par les Etats et les grandes entreprises, on a besoin de revenir à la racine du mouvement LGBTI, né d'une révolte contre les violences policières et contre l'ordre social en place. C'est cet héritage qu'il est de notre devoir de reprendre aujourd'hui.

Cette occupation s'inscrit également dans une tradition d'actions coup de poing qui ont marqué l'histoire des mouvements LGBTI, à l'image de celles menées par Act Up : des interventions capables de rendre immédiatement visibles les responsables politiques et économiques de catastrophes qui coûtent des vies. Mais face au niveau actuel de crise et de répression, ces actions, aussi nécessaires soient-elles pour imposer un rapport de force médiatique et politique, ne peuvent pas suffire seules.

Il faut aussi reconstruire en profondeur des formes de mobilisation qui permettent de lutter en indépendance de l'Etat tout en prenant soin des plus exposé·es aux vagues de chaleur et à toutes les conséquences climatiques qui touchent de plein fouet, toujours, les plus précaires. A nous, de reconstruire un mouvement queer et féministe anticapitaliste, anti-impérialiste et révolutionnaire, en liant notre combat à la force du mouvement ouvrier, seule stratégie capable d'empêcher que le gouvernement et le patronat utilisent l'ensemble des catastrophes sociales et climatiques qu'ils provoquent pour remettre en cause nos droits démocratiques, et surtout seule capable d'en finir complètement avec le système capitaliste qui sacrifie nos vies au nom de leurs profits.

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