Les salariés de Brico Dépôt Champniers en grève pour les salaires et les conditions de travail
Mon, 29 Jun 2026 23:17:10 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalSuite à l'appel national de la CGT, les salariés de Brico Dépôt Champniers, près d'Angoulême, se sont mis en grève pour leurs salaires et les conditions de travail, vendredi 26 juin. Les salariés de près de la moitié des magasins du groupe dans le pays se sont mobilisés. Ils dénoncent tous des salaires au niveau du SMIC et des conditions de travail toujours plus dégradées, dans un contexte d'austérité galopante.

Vendredi 26 juin, un appel national à la grève a été déposé par la CGT de Brico Dépôt. Un appel auquel les salariés de Champniers, zone commerciale du Grand Angoulême, ont répondu présents. Comme leurs collègues partout en France, ils dénoncent une asphyxie des salaires et des conditions de travail dégradées, alors que le patronat continue de s'enrichir.
Uniquement autorisés à se rassembler sur le parking du magasin – en pleine canicule où la température dépassait les 40° – les grévistes déplorent avant tout des salaires trop bas, nœud du problème alors que l'inflation bas des records. Avec aujourd'hui 2,4% d'inflation, conséquence notamment de la guerre impérialiste en Iran, les salaires ne suivent plus pour compenser la perte de pouvoir d'achat. Rattrapés par le SMIC, les grévistes nous expliquent aussi qu'ici l'ancienneté ne compte pas : « J'ai un collègue qui a 15 ans de boîte, et qui n'a presque jamais été revalorisé » déplore ainsi une travailleuse. Un tract nous explique que dans le même temps, les actionnaires se voient versés plus de 250 millions d'euros, et que plus de 300 millions sont consacrés au rachat d'actions. Des chiffres qui démontrent clairement que la fortune du patronat est bien acquise sur le dos des travailleurs.
Les grévistes pointent aussi les conditions de travail, sans cesse dégradées à des fins de maximisation des profits. Une salariée nous explique ainsi que « l'équipe a été réduite tout le temps, les départs ne sont pas remplacés, donc on est moins de salariés. Des fois on est un pour la moitié du magasin ». Pour faire face à ce manque d'effectif, le groupe pousse toujours à plus de polyvalence. À cela s'ajoute un nouveau mode de gestion des plannings par IA, qui bouscule complètement les horaires, de manière aléatoire. « On peut être du matin un jour, d'après midi le lendemain, avec parfois de longues coupures, alors qu'avant tout était calé. Pour la vie de famille c'est contraignant » décrit-elle.
Face à cela, les salariés réclament des embauches immédiates, un recalcul de la grille de salaire, une augmentation de 5% pour tous, une prime de « partage de la valeur » de 1000€ ainsi qu'une prime carburant. Nous exprimons ici toute notre solidarité avec les salariés en grève alors que le patronat, en alliance avec le gouvernement et sa politique austéritaire, s'évertuent à laisser les travailleurs avec de bas salaires et des conditions de travail toujours plus dures. Face à cette situation intenable, nous défendons plus largement la nécessité de s'organiser pour la baisse et le plafonnement des prix, ainsi que l'indexation des salaires sur l'inflation.