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Canicule : face à la chaleur, les travailleurs ont la force d'arrêter les activités non essentielles

Sat, 27 Jun 2026 20:03:40 CEST

Révolution Permanente

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Face à une canicule historique, le gouvernement et le patronat jouent la montre afin de perturber le moins possible l'économie. Une stratégie criminelle qui montre qu'on ne peut leur accorder aucune confiance. Alors que d'autres vagues de chaleur s'annoncent dans l'été, le mouvement ouvrier ne peut compter que sur ses propres forces pour imposer une réponse à la hauteur de la crise.

Quand le désastre extraordinaire rencontre le désastre ordinaire

Il existe des moments où le désastre extraordinaire rencontre le désastre ordinaire. Et le choc qui en résulte est brutal. Le désastre ordinaire, celui que l'on vit au quotidien, c'est une vie passée à travailler pour une misère, l'austérité généralisée, le matraquage médiatique réactionnaire et une gestion de plus en plus policière et autoritaire de la vie sociale. Le désastre extraordinaire, produit du précédent, s'incarne aujourd'hui dans une canicule historique, dopée par le changement climatique. Une seule image suffit à résumer le choc de ces deux désastres : celle d'un bus fracassé contre un arbre Porte de Saint Cloud, après que son chauffeur ait fait un malaise dû à la chaleur. Inutile de préciser que le véhicule n'était pas climatisé.

La chaleur tue, on le sait. Au-delà de plusieurs dizaines de minutes, une température corporelle de plus de 41°C peut devenir fatale. Lors de la canicule de 2003, à laquelle météo France compare la situation actuelle, une surmortalité de 19 000 personnes a été relevée. À l'échelle mondiale, les fortes chaleurs liées à la crise climatique provoquent chaque année, plus de 540 000 décès, selon la revue médicale The Lancet.

Que ces fortes chaleurs aient un effet néfaste, voir létal, sur l'organisme, n'est donc une surprise pour personne. D'autant plus qu'elles sont annoncées depuis des décennies par les projections climatiques. La saturation des hôpitaux, la hausse de décès relevée dans les chambres d'hôpitaux, chez les SDF, ou par noyade doivent donc s'expliquer par autre chose que l'évident « il fait très chaud ».

Autrement dit, ce qui tue actuellement, c'est le désastre ordinaire, à savoir la fragilisation structurelle des services publics et l'austérité qui se poursuit en parallèle de la canicule. En témoignent le « Système D » déployé par les travailleurs et usagers dans les écoles, crèches ou hôpitaux : couvertures de survie et cartons collés aux fenêtres, ventilateurs ramenés de la maison. Des images qui rappellent par certains aspects celles des soignants habillés de sacs poubelles et de masques artisanaux au plus fort de l'épidémie de Covid. De même, l'exploitation ne connaît pas de pause malgré la chaleur. Chaque jour, alors que les corps accumulent la fatigue de la lutte contre la chaleur et des nuits sans sommeil, il faut prendre des transports bondés, faire ses heures comme si de rien n'était dehors, sous une tôle brûlante, dans une classe transformée en fournaise, des bus ou des hôpitaux sans clim. Il faut faire attention à soi-même et aux collègues car il est établi que la chaleur est dangereuse pour l'organisme mais qu'elle augmente également les risques d'accidents du travail.

La stratégie de l'autruche, la clim' et la lutte des classes climatique

Face à cette canicule historique, le gouvernement joue la montre. Son pari : perturber le moins possible l'activité économique en attendant que la chaleur passe. Autrement dit, faire perdurer tant que c'est possible le désastre ordinaire. C'est le corps et la santé des travailleurs et de la population qui doivent absorber la crise, pour ne pas nuire aux profits du patronat.

Si le gouvernement communique intensément sur son passage en « gestion de crise » et sur les départements passés en alerte rouge, les mesures annoncées restent largement cosmétiques et toujours avec la même logique : préserver avant tout l'activité économique. Ainsi, si certains chantiers du BTP ont bien été visés par une obligation de finir le travail à midi, c'est au prix d'un simple déplacement des horaires de travail, avec des embauches autorisées dès 5 heures du matin. Le ministre du travail a d'ailleurs été très clair, en affirmant qu'« on ne va pas mettre le pays à l'arrêt ». Le patron du Medef, quant à lui, met déjà la pression en déplorant que le pays « tourne au ralenti ». Sur des plateaux qu'on imagine confortablement climatisés, les éditorialistes parlent d'une « époque de fragiles et de victimes » ou prétendent que riches comme pauvres sont logés à la même enseigne, alors que l'on souffre et que l'on meurt au travail. Fin mai, Daniel, un jeune couvreur de seulement 19 ans, est mort d'hyperthermie après avoir travaillé toute la journée sur un toit.

Dans le même temps, le gouvernement a interdit ou annulé plusieurs événements sportifs et culturels, ainsi que des manifestations comme la Marche des fiertés ou le festival Solidays. Comme le dénonce Pierre Jacquemain de Politis : « À Paris, on annule la Pride pour "protéger". Au travail, on explique qu'il n'y a aucune raison de suspendre l'activité. La chaleur n'aurait donc pas les mêmes effets selon qu'on manifeste… ou qu'on produit ». Ce deux poids, deux mesures illustre à la fois un précédent inquiétant pour le droit à manifester, qui rappelle les logiques d'autoritarisme sanitaire mises en œuvre pendant la pandémie de Covid, et une politique où la protection de la production et des profits passe avant la santé et la vie des travailleurs.

Profitant de la panique du gouvernement, le RN a réussi à dicter le ton sur les plateaux télés et dans les journaux autour d'une opposition aussi artificielle que stérile entre les « pro » climatisation et les supposés opposants à cette dernière. Repris en cœur par les éditorialistes, ce récit permet de réduire le débat à de simples mesures d'« adaptation » à la crise tout en présentant l'écologie comme intrinsèquement antisociale, voire misanthrope.

Le problème n'est bien évidemment pas la climatisation en elle-même. Face à des chaleurs extrêmes, elle est indispensable dans les hôpitaux, les EHPAD, les écoles ou pour les travailleurs dont les lieux de travail deviennent parfois de véritables fournaises, et personne de sensé ne blâmera celles et ceux qui ont les moyens de climatiser leur logement en l'absence d'un plan d'ensemble pour rendre villes et logements plus supportables. Mais faire de la climatisation la réponse centrale revient à déplacer le problème : cela occulte les causes structurelles du réchauffement climatique, c'est-à-dire le mode de production capitaliste, les aménagements urbains et d'organisation du travail qui en sont responsables.

D'abord, parce que les inégalités sociales rendent l'accès à la climatisation inégal, les factures d'électricité constituant un poste de dépense surveillé de près par les classes populaires. Ensuite, parce qu'utilisée massivement, la climatisation rejette la chaleur à l'extérieur, accentue les îlots de chaleur urbains et peut donc aggraver localement le phénomène qu'elle est censée atténuer. C'est ainsi qu'une ville comme Singapour, qui avait misé sur le 100% clim', a été obligée de faire marche arrière, comme le souligne la sociologue Marlyne Sahakian dans un entretien pour Reporterre. Ce cadrage permet surtout d'imposer une solution pro-patronale (vendre plus de clim') et ne pas discuter de l'adaptation des rythmes de travail, des responsables de la crise et de sa gestion désastreuse. Qu'un parti qui traite les scientifiques du GIEC de « propagandistes » ou « d'ayatollahs verts » ait pu dicter à ce point l'agenda médiatique de la canicule en dit long sur la servilité des éditorialistes.

En riposte, la gauche institutionnelle défend un congé climatique de 5 jours du côté des Écologistes, ou encore un droit de retrait climatique au sein d'un plan d'urgence canicule pour la France Insoumise. Ces mesures ont le mérite de remettre la focale sur la question du travail, et de provoquer l'ire du Medef. Mais le congé climatique pêche par son manque de portée. A titre d'exemple, 33 jours de vague de chaleur ont été relevés en 2022, et 27 en 2025. A côté, les 5 jours proposés par Les Écologistes font un peu pâle figure, d'autant que les périodes de fortes chaleurs tendent malheureusement à s'allonger. Pour soutenir leurs propositions, les Écologistes nous renvoient vers une pétition, tandis que les Insoumis appellent à l'inscription de différents projets de lois à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Mais, au-delà de leur caractère limité, on imagine mal une stratégie parlementaire imposer de telles mesures dans un contexte où le gouvernement et le patronat misent sur le maintien coûte que coûte de l'économie. Face à l'urgence, tout miser sur le Parlement apparaît comme une impasse.

Enfin, la logique portée par ces mesures tend à canaliser la colère des travailleurs vers le terrain institutionnel plutôt que vers un affrontement direct sur le terrain de la lutte de classe avec le gouvernement et le patronat. Or, ce dernier anticipe depuis plusieurs années un affrontement plus brutal qui se prépare avec les travailleurs sur le terrain des conséquences sociales du réchauffement climatique. En effet, l'Organisation Internationale du Travail estime qu'en 2030, 2,2% des heures travaillées à l'échelle mondiale sera perdue en raison de la forte chaleur, soit l'équivalent de 80 millions de temps plein et de 2400 milliards de dollars en moins pour le patronat. Présenter le maintien de l'activité comme allant de soi, refuser les aménagements qui touchent le temps et les rythmes de travail et faire en sorte que cette perte soit payée par le monde du travail est ainsi un enjeu stratégique central pour le patronat. Ce dernier, par la voix du président du Medef Patrick Martin, a d'ailleurs rejeté en bloc l'idée même de concession d'un « congé climatique » : « on travaille moins, on produit moins, on a moins d'argent : donc comment va-t-on financer l'électrification, que ce soit des véhicules, des logements, des Ehpad, des écoles, l'installation de pompes à chaleur ? », a-t-il balayé. Pour faire face à cette lutte des classes climatique, il faudra un rapport de force réel.

Face à l'urgence caniculaire, il faut une réponse ouvrière et populaire

L'urgence, pour la crise actuelle et les autres vagues de chaleur qui se profilent à l'horizon, est de protéger les travailleurs et les personnes vulnérables, en première ligne face à la canicule. Et quelle meilleure manière de défendre nos intérêts de classe que la grève ? Un premier préavis de grève face aux conditions de travail a été déposé par la CGT Stellantis Mulhouse. Les réseaux sociaux débordent de réactions indignées aux sorties des ministres ou des éditorialistes. Dans les entreprises, la colère monte contre les supérieurs et les petits chefs. Les employés de services publics constatent une fois de plus l'ampleur de l'austérité. Cette colère qui couve ne s'est pas encore traduite en mobilisation collective, mais ce n'est en rien une fatalité.

Les directions syndicales ont en effet leur part de responsabilité dans ce statu quo. Alors que des millions de travailleurs risquent au quotidien leur santé et leur vie, la direction de la CGT se contente d'alerter sur les risques, et de demander une réunion au ministère du travail. Face à ceux qui n'ont aucun souci à nous mettre en danger pour leurs profits, ces négociations coupées de tout rapport de force réel sont vouées à l'échec. Elles ne servent qu'à entretenir l'illusion d'un nouveau cycle de « dialogue social ». Le ministre du travail et le président du Medef le disent eux-mêmes : ils ont peur de voir le pays à l'arrêt ! Donnons-leur ce qu'ils méritent : le mouvement ouvrier doit s'organiser par ses méthodes, les grèves et les manifestations, afin de construire une mobilisation d'ensemble pour imposer les conditions dans lesquelles nous souhaitons travailler et obtenir que les services publics soient adaptés, correctement isolés et rendus soutenables face aux épisodes de chaleur. Une grève massive pour Daniel et tous les travailleurs tombés sous la chaleur. Une grève pour que plus personne ne meure au travail à cause de la canicule.

Face à un gouvernement et un patronat qui jouent avec la vie des travailleurs, et de la population, aucune confiance ne peut leur être accordée pour gérer la crise. Notre survie face à la canicule est ainsi indissociablement liée à notre capacité à prendre nos affaires en main et à imposer nos exigences par la lutte. C'est pour ça que le monde du travail doit opposer à la gestion antisociale et criminelle de la canicule sa propre stratégie, et son propre programme, un programme ouvrier et populaire à la hauteur de la crise.

Comme lors de la pandémie de Covid, nous refuserons toute instrumentalisation de la crise climatique à des fins autoritaires. Nous refusons que le gouvernement interdise nos manifestations, comme il l'a fait avec la Marche des fiertés sous prétexte de la canicule, et nous dénonçons la répression de la jeunesse des quartiers populaires, à qui l'on interdit jusqu'à l'installation de piscines pour se rafraîchir.

Face à la vie et la santé des travailleurs, les chantiers, et toutes les activités non essentielles peuvent attendre. Il faut imposer la suspension immédiate des activités non essentielles, à commencer par celles qui s'exercent en extérieur, avec maintien des salaires. Pour les activités essentielles impossibles à interrompre telles que la santé, l'énergie ou le ramassage des déchets, il faut imposer des embauches et des plans de formation massifs afin de réduire drastiquement le temps de travail journalier lors des fortes chaleurs. Les travailleurs eux-mêmes doivent décider de protocoles, de l'organisation et des rythmes de travail à mettre en place pour faire face à la canicule. Suspendre les activités non essentielles est également une condition pour libérer du temps et de l'énergie. Nous en avons besoin pour reconstituer nos forces face à la chaleur. Mais également pour veiller sur nos anciens, et sur les personnes les plus fragiles, qu'elles soient de notre famille ou notre voisinage.

Suspendre le travail pour au final cuire chez soi n'est pas une issue au problème. C'est pourquoi il faut imposer la gratuité de l'accès aux cinémas, musées, monuments historiques, salles de concerts et théâtres, autant d'installations qui ont la vertu de mutualiser la climatisation ou des températures plus fraîches. Il faut également ouvrir les jardins (et les piscines) des hôtels particuliers qui font la fierté des bourgeois, ainsi que les hippodromes et golfs qui feront de très sympathiques espaces de sociabilité une fois couvert de barnums et de points d'eau. Il faut embaucher massivement dans les bibliothèques et autres lieux recevant du public dont l'affluence explose lors des canicules.

La climatisation représente un investissement important, tant à l'installation qu'en frais de fonctionnement, et peu de ménages ont les moyens d'en bénéficier. Pourtant, la France dispose d'immenses surfaces bâties climatisées : les bureaux. L'Ademe estime que 64% des 243 millions de m² de bureaux que compte la France sont climatisés, et 100% des nouveaux immeubles de bureaux sont livrés avec climatisation. Le plus grand système de climatisation d'Europe sert … à rafraichir les immeubles d'affaires du quartier de La défense, tandis que le luxe peut encore se permettre d'installer une vague artificielle pour un défilé Louis Vuitton en pleine canicule. De l'argent, comme du mépris, les classes dominantes, le patronat en tête n'en manquent pas. Puisqu'ils refusent de mettre leurs richesses au service de la population, il faut les leur prendre.

Gestion de crise oblige, il faut ouvrir au public les bureaux climatisés qui ne répondent pas à des activités essentielles, à commencer par ceux de la Défense. On pourra y organiser des activités culturelles, ludiques et artistiques, des cours, des repas partagés, et aussi des Assemblées de la grève. Cette solution a l'avantage de mettre à disposition du public des espaces climatisés répartis à travers tout le territoire. Il faut également réquisitionner les hôtels, et les résidences secondaires des grandes fortunes, pour y accueillir celles et ceux qui vivent dans des étuves, ou qui n'ont pas de logement. Plus généralement, un plan massif de rénovation écologique du bâti, et d'aménagement urbain sous le contrôle des habitants, doit être mis en place, en misant sur les îlots de fraîcheur naturels et la végétalisation.

Les installations centrales pour la vie sociale qui ont le plus souffert de la chaleur sont également celles où se sont concentrées les offensives austéritaires ces dernières années. C'est ainsi qu'on a vu défiler des images d'infirmières bricolant des solutions pour rafraîchir les hôpitaux, ou de profs désemparés de faire passer le bac à des élèves suffocant de chaleur (seulement 7% des bâtiments d'enseignement étaient climatisés en 2020 selon l'Ademe). Alors que l'hôpital public est au bord de la rupture, il faut exiger un plan d'investissement massif et durable pour les hôpitaux, les maternités et l'ensemble des services publics, ainsi que la réquisition sans indemnité des cliniques privées afin de les mettre au service de la population. Mettre un terme aux politiques d'austérité et financer massivement les services publics en prenant sur les profits du patronat est une condition indispensable pour faire face aux épisodes de chaleur extrême. Ces installations doivent également être pourvues de systèmes de climatisation. Si l'on rencontre des ruptures de stock, on pourra prélever les climatiseurs des plateaux télés, des salons ministériels ou des sièges des grandes entreprises pour répondre à l'urgence.

Lors des canicules, on meurt du travail, de la précarité et du mal logement, mais également de l'isolement social. Les premières victimes sont souvent celles et ceux qui disposent du moins de protections : les sans-abri, les personnes sans papiers, les personnes âgées isolées ou encore les travailleurs les plus précaires. Face à cette urgence, il faut exiger la régularisation de tous les sans-papiers, un logement digne pour toutes et tous, ainsi que la réquisition des logements vacants afin que personne ne soit contraint de traverser les épisodes de chaleur à la rue. Mais ces revendications ne suffisent pas. C'est pourquoi, partout, des comités auto-organisés d'habitants, par quartier ou par immeuble, doivent voir le jour pour prendre des nouvelles de chacun, faire remonter les besoins, aider dans leur quotidien les personnes vulnérables ou assurant un métier essentiel. En lien avec les syndicats des entreprises du secteur, ils devront organiser le quotidien des divers lieux reconvertis dans l'accueil du public, mais également structurer le rapport de force face au patronat et au gouvernement.

Si ces quelques mesures montrent que le monde du travail est en mesure d'organiser la vie sociale pour faire face à la chaleur à condition de mener une lutte résolue contre le désastre ordinaire, il n'en sera peut-être pas de même d'ici quelques années. Il existe un certain niveau de dégradations environnementales à partir duquel l'adaptation devient tout simplement impossible, et la canicule actuelle prouve qu'on s'en rapproche dangereusement. C'est pourquoi tout plan à la hauteur doit non seulement prévoir des mesures d'urgence de l'ordre de la survie collective, mais également des mesures frappant la crise écologique à la racine. En France, il est ainsi urgent de nationaliser Total et les géants de l'énergie sous le contrôle des travailleurs pour permettre une sortie planifiée et rapide des énergies fossiles. Dans le second exportateur d'armes mondial, les investissements massifs dans l'industrie de l'armement, une industrie aussi nuisible socialement que d'un point de vue environnemental, doivent être stoppés et cette industrie reconvertie sous contrôle des travailleurs vers des secteurs socialement utiles. La suspension des activités non essentielles doit ouvrir la voie à un contrôle des travailleurs sur le temps de travail et une réduction importante de celui-ci, qui permettrait de revoir tous les rythmes de la vie, de réorganiser l'espace urbain et de sortir (dans le cas urbain) du modèle de la voiture individuelle au profit du développement massif des transports collectifs. Mais pour en finir avec le réchauffement climatique, un tel combat doit s'articuler à une lutte anticapitaliste d'ensemble contre leur mode de production qui organise la destruction du vivant et mène la planète à la catastrophe.

L'été s'annonce chaud, très chaud. Il va falloir prendre nos affaires en main et préparer une riposte d'ensemble.

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