« Tout le monde s'en fout ! » En pleine canicule, Yann Barthès étale son mépris de classe
Fri, 26 Jun 2026 21:10:35 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalMardi soir, sur le plateau de Quotidien, Yann Barthès a ridiculisé « ceux qui vivent sous les toits » et dénoncent la chaleur de leur logement. Une séquence d'un profond mépris de classe, symptôme de la déconnexion croissante des élites.

« Tout le monde a chaud. C'est rare de vivre un événement universel. » Mardi soir, sur le plateau de Quotidien, Yann Barthès a allumé la mèche d'une polémique devenue virale.
Chemise à manches longues, teint hâlé et large sourire aux lèvres, l'animateur de TMC s'émerveille d'une situation qui, selon lui, efface les différences de classes : « On est tous logés à la même enseigne. Si vous croisez Bernard Arnault, il aura chaud. Un ministre, il aura chaud. » Face au changement climatique, tous égaux : la canicule réchauffe les cœurs et réconcilie les riches et les pauvres.
Réjouissons-nous de la nouvelle cohésion sociale offerte par ce monde merveilleux qui ne cesse d'atteindre des températures records.
C'était sans compter « ceux qui vivent sous les toits », qui osent élever la voix et rompre cette douce harmonie. Voilà qui choque Yann Barthès, qui note, à propos de ceux qui dénoncent les températures insupportables dans leur logement, que « tout le monde s'en fout ! »
"Bon les pauvres qui vivent sous les toits, faites pas chier... Il fait chaud pour tout le monde. Même pour Bernard Arnault !"
Le mépris de classe, façon Yann Barthès / Quotidien pic.twitter.com/M3JGc2EOjf
— Cerveaux non disponibles (@CerveauxNon) June 25, 2026
Sur les réseaux, la séquence a largement choqué. De nombreuses réactions se sont indignées du mépris social craché par Yann Barthès. Des vidéos tournées dans la fournaise des logements, des entreprises ou des transports, invitent l'animateur multimillionnaire à « sortir de son plateau climatisé ».
Les bourgeois vivent en apesanteur, faisons-les redescendre.
Alors que la France enchaîne les journées les plus chaudes de son histoire, que les morts se multiplient aux urgences ou par noyade, « ceux qui vivent sous les toits » ont raison de « se sentir autorisés à parler plus fort ». Car « ceux qui vivent sous les toits » sont aussi ceux qui triment dans les usines sous la police des petits chefs, ceux qui sont réquisitionnés par leur direction pour soigner les patients dans des hôpitaux en ruine, ceux qui risquent leur vie pour nous transporter, ceux qui nourrissent les élèves dans la chaleur des cuisines, ceux qui galèrent à payer leurs études dans des 9 m², ceux qui finissent enfermés dans des cellules de 50°C ou encore ceux qui étouffent au milieu du béton des quartiers populaires.
Ce sont les mêmes qui ont été en première ligne du Covid, cet autre « événement universel » qui n'a, contrairement à la doxa bourgeoise, certainement pas frappé les classes dominantes et les classes populaires avec la même violence. Ce sont toutes celles et ceux dont les vies sont plus précaires que d'autres.
Malgré une colère virale, Yann Barthès a récidivé deux jours plus tard. Première leçon : les bourgeois vivent en apesanteur. Car l'animateur de TMC n'est que le symptôme de la déconnexion des élites avec la réalité quotidienne de millions de travailleurs, de jeunes, de retraités et d'habitants des quartiers populaires.
Pendant que Barthès se moquait des pauvres, Bernard Arnault, « logé à la même enseigne que tout le monde », organisait un défilé de mode sous une vague géante artificielle. Et la police envoyait six fourgons contre des jeunes d'un quartier populaire de Clermont-Ferrand pour les empêcher de se rafraîchir dans une piscine.
Mais si Yann Barthès persiste et signe, son mépris de classe nous donne une deuxième leçon : « parler plus fort » ne suffit pas à faire redescendre ces bourgeois de leur tour d'ivoire climatisée. Il va falloir passer au niveau supérieur : s'organiser pour défendre un programme ouvrier à la hauteur de l'urgence et construire une alternative au système capitaliste qui nous conduit à la catastrophe.