« Les dirigeants traîtres de la COB ne nous représentent pas ! » : déclaration des comités en lutte d'El Alto
Fri, 26 Jun 2026 21:19:19 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès la trahison de la COB et la proclamation de l'État d'exception en Bolivie, les organisations autonomes des districts 5, 7, 8 et 14 d'El Alto ont publié une déclaration dans laquelle elles expriment leur « rejet le plus profond » à l'égard de la direction de la COB qui a trahi la mobilisation et qui se place aujourd'hui à la tête de la collaboration avec le gouvernement.

Alors que la COB a signé un accord avec le gouvernement de Paz, qui a déclaré l'état d'exception dans la foulée, les districts, les organisations, les comités de lutte, les jeunes et les travailleurs des campagnes et des villes des districts 5, 7, 8 et 14 de la ville d'El Alto dénoncent le fait que la bureaucratie tourne à nouveau le dos aux travailleurs et se dresse contre eux. Ils dénoncent les soi-disant « tables rondes » car « elles ne visent pas à résoudre les problèmes de la majorité de la population, mais à légitimer des accords entre le gouvernement et une direction qui a depuis longtemps cessé de représenter les travailleurs ». Ils refusent d'y participer et écrivent : « Nous ne cautionnerons pas des instances destinées à enterrer notre lutte et à négocier au prix du sang de nos morts ».
Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité de la déclaration :
LA DIRECTION VENDUE DE LA COB NE NOUS REPRÉSENTE PAS ! ON NE NÉGOCIE PAS SUR LE DOS DE NOS MORTS !
Les districts, les organisations, les comités de lutte, les jeunes et les travailleurs des campagnes et des villes des districts 5, 7, 8 et 14 de la ville d'El Alto rejettent toute tentative d'utiliser notre lutte pour légitimer les accords conclus entre la direction de la COB et le gouvernement.
Nous dénonçons le fait que les bureaucraties ont à nouveau négocié dans le dos du peuple et contre ses intérêts. Les soi-disant « tables de dialogue » ne visent pas à résoudre les problèmes de la majorité de la population mais à légitimer des accords entre le gouvernement et une direction qui a depuis longtemps cessé de représenter les travailleurs. Nous ne participerons ni n'approuverons des instances destinées à enterrer notre lutte et à négocier avec le sang de nos morts.
Nous dénonçons le fait que les directions de la COB ne se sont jamais engagées dans la construction de la grève générale votée lors du cabildo du 1er mai ni mis en place de véritables mécanismes démocratiques pour décider de l'orientation de la lutte. Ce sont nous, les personnes mobilisées qui nous sommes organisées à la base, qui avons résisté dans les rues et qui nous sommes exposés au danger, en faisant face à la répression, aux arrestations et à la persécution politique.
Nous réaffirmons que notre lutte ne vise ni à obtenir des postes ni des privilèges ; elle vise à défendre nos biens communs naturels, contre l'austérité, la crise économique, le chômage, la hausse du coût de la vie et la détérioration des conditions d'existence du peuple travailleur. Nous n'accepterons pas que ce soient les familles des travailleurs qui paient la crise par davantage de sacrifices et de spoliation.
Nous condamnons énergiquement l'état d'exception raciste, la militarisation de nos quartiers et de nos communautés ainsi que la persécution de nos sœurs et de nos frères. Ces mesures visent à semer la peur, à criminaliser la contestation et à empêcher l'organisation populaire par la base.
Nous ne luttons pas pour des miettes. Nous luttons pour une Bolivie digne, souveraine, dont les richesses sont au service de ceux qui les produisent. Nous appelons à l'unité des travailleurs des campagnes et des villes. Nous appelons les districts combatifs, les organisations populaires, les syndicats de base, les étudiants, les jeunes et les travailleurs à s'organiser par la base et à défendre une issue ouvrière, paysanne et indigène.
C'est pourquoi, les secteurs signataires déclarent publiquement que :
Nous ne participerons pas aux tables rondes convoquées par la COB ni par le gouvernement.
Nous ne reconnaissons pas politiquement les accords conclus dans le dos du peuple.
Nous refusons que nos organisations soient utilisées pour légitimer cette trahison.
Nous défendons l'organisation démocratique par la base, à travers des conseils de quartier, des assemblées, des comités de lutte dont les délégués sont élus à la base.
Nous exigeons la libération immédiate de toutes les personnes détenues pour avoir lutté, la fin des persécutions politiques et le respect sans restriction des droits de l'homme.
Car la lutte n'est pas terminée ! La dignité ne se négocie pas ! La force réside dans les bases organisées !
À bas l'état d'exception !
Militaires et policiers hors de nos territoires !
Les dirigeants vendus de la COB ne nous représentent pas ! On ne négocie pas sur le dos de nos morts !
Pour l'unité de la classe ouvrière des campagnes et des villes !
Pour une organisation construite par en bas, démocratique et combative !
Pour une véritable grève générale jusqu'à ce que les revendications du peuple soient satisfaites !
Ni bureaucratie syndicale, ni pacte avec le gouvernement ! Confiance dans nos propres forces ! Seul le peuple sauve le peuple ! L'Alto debout, jamais à genoux !