Retour

« Un plan social déguisé » : Renault supprime 800 postes d'ingénieurs après une année de rentabilité record

Thu, 25 Jun 2026 19:58:32 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Renault a annoncé le 24 juin un « plan de départs volontaires » de 800 ingénieurs en France d'ici fin 2027, après avoir versé 2,1 milliards d'euros en dividendes et rachats d'actions sur 3 ans. Une véritable saignée sociale face à laquelle il faut opposer la mobilisation la plus large possible pour les faire reculer.

Le mercredi 24 juin, Renault a annoncé un plan de « départs volontaires » concernant 800 ingénieurs en France, essentiellement en Île-de-France, d'ici fin 2027. Sur les 5 500 ingénieurs du groupe en France et 11 000 dans le monde, ce sont donc 800 emplois qui disparaissent — soit près de 15% des effectifs ingénierie du pays.

Derrière l'euphémisme du « départ volontaire », Renault défend ce plan pour « faire face à la concurrence chinoise ». Le responsable mondial des technologies, Philippe Brunet, affirme que « Les constructeurs chinois sont en train d'augmenter significativement leurs parts de marché en Europe : c'était moins de 3 % en 2024, c'est 8,8 % à la fin du mois de mai », avant d'ajouter que « ces parts de marché s'expliquent par des produits avec des contenus technologiques significatifs et des coûts aussi très compétitifs ». Ainsi, la direction de l'entreprise prétexte l'argument de la compétitivité pour s'attaquer aux emplois et aux conditions de travail.

Face à cette décision, la CGT dénonce une « logique de rentabilité », après un recul déjà de 20% des effectifs de l'ingénierie Renault France entre 2018 et 2025, et appelle « les salariés à s'opposer à cette politique de casse sociale ». Dans ce sens, un premier rassemblement réunissant plus d'une centaine de salariés s'est tenu ce matin devant le technicentre de Guyancourt pour s'opposer à ces annonces et à la fermeture du site d'ingénierie de Villiers-Saint-Frédéric.

De plus, ce plan de suppressions de postes intervient dans un contexte qui rend la justification économique de Renault particulièrement cynique. Il y a deux mois à peine, en avril 2026, le groupe annonçait un chiffre d'affaires de 12,53 milliards d'euros pour le premier trimestre, en hausse de 7,3%. En ce sens, la CGT du centre technique de Lardy dénonce « une nouvelle coupe sombre » et accuse la direction d' « organiser un plan social déguisé ». Renault a en effet versé 2,1 milliards d'euros en dividendes et rachats d'actions sur 3 ans, et accordé 30 millions d'euros en actions gratuites à une « poignée de dirigeants ». Pendant que les résultats explosent et que les actionnaires du géant de l'automobile en profitent, ce sont les salariés qui paient la facture.

Face à cette nouvelle offensive patronale, il faut se solidariser avec l'ensemble des salariés de Renault et refuser que ce soit encore une fois aux salariés de trinquer pour leurs profits. Le rassemblement qui s'est tenu ce jeudi devant le technicentre de Guyancourt est un premier point d'appui en ce sens. Mais pour stopper un plan de cette ampleur, il faudra opposer un front par la grève pour faire reculer la direction. Face à la multiplication des licenciements, il est nécessaire d'opposer une réponse d'ensemble en coordonnant les secteurs touchés afin d'unifier les luttes. L'objectif est d'obtenir l'interdiction des licenciements et des suppressions de postes, et de défendre le maintien de l'emploi. Il s'agit aussi de porter des revendications plus larges comme l'expropriation sous contrôle des travailleurs des entreprises qui ferment ou licencient, ainsi que l'instauration d'un contrôle ouvrier sur la production.

/ / / / / / /