Pour Anasse Kazib et tous les soutiens de la Palestine : un front large devant le Tribunal de Paris
Thu, 25 Jun 2026 20:08:22 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalMalgré la canicule, près d'un millier de personnes ont participé au rassemblement devant le Tribunal de Paris pour soutenir Anasse Kazib et un autre militant de Révolution Permanente, en procès pour leur soutien à la Palestine. Un bloc de résistance qui a donné le ton d'un rassemblement combatif.

« C'est un procès politique contre ceux qui s'opposent au génocide et au gouvernement. On va faire rentrer la cause palestinienne dans le tribunal et porter l'héritage des luttes anti-impérialistes et anti-coloniales. » C'est ainsi qu'Anasse Kazib a résumé les enjeux de l'audience à laquelle il était convoqué, ce jeudi 25 juin, devant une foule nombreuse venue apporter sa solidarité au cheminot réprimé pour avoir dénoncé le génocide.
BEAUCOUP DE MONDE DEVANT LE TRIBUNAL EN SOUTIEN À ANASSE KAZIB
Rassemblement en cours devant le tribunal de Paris en soutien à @AnasseKazib et un autre militant de RP attaqués pour leur soutien à la Palestine. pic.twitter.com/E1Y7zfRZn1
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Un large bloc de résistance contre la criminalisation de la solidarité avec la Palestine
Malgré la canicule et un déploiement policier massif aux abords du tribunal, c'est un arc de forces très large qui a participé à un rassemblement appelé par une quarantaine d'organisations syndicales, politiques et associatives. La veille, des rassemblements et des manifestations ont eu lieu partout en France pour réclamer la relaxe du syndicaliste, comme à Marseille, Toulouse, Chambéry, Lyon, Metz mais aussi Strasbourg, Mulhouse et Rennes. En Espagne, deux rassemblements ont eu lieu à Madrid et Barcelone où un communiqué a été lu, signé par de nombreuses organisations de solidarité avec la Palestine, des syndicats et des figures politiques, comme des eurodéputés de Podemos. Des déclarations de soutiens sont également parvenues d'Argentine, d'Allemagne et d'autres pays comme celles de Myriam Bregman, député du PTS et figure politique la plus populaire d'Argentine et de trois autres députés d'Unión por la patria, dont Juan Grabois.
Ce 25 juin à Paris, les autres militants réprimés pour la Palestine et les organisations historiques de la cause palestinienne en France étaient à l'honneur, à l'instar d'Europalestine, dont la présidente, Olivia Zémor, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, mais aussi l'Union juive pour la paix. À leurs côtés, Tsedek, collectif juif décolonial, et la Global Sumud Flotilla s'étaient également mobilisés.
Ils ont rappelé la nécessité d'articuler la lutte contre le génocide à la lutte contre la répression : « Le génocide à Gaza a probablement tué 10% de la population gazaouie et aurait été impossible sans une complicité médiatique, politique, judiciaire, économique et militaire de l'entierté de l'appareil de l'Union Européenne et de l'État français avec les génocidaires. Nous sommes là pour dire que ce n'est pas possible cette affaire là » a martelé Pierre Stambul, militant de l'Union juive française pour la paix et témoin de la défense des deux militants de Révolution Permanente. « Nous sommes une association juive antisioniste. Nous sommes antisionistes parce que juifs. Pour nous, le sionisme, c'est une injure à notre mémoire, à notre histoire et à notre identité. Soutenir la Palestine n'est pas un supplément d'âme, c'est soutenir nos droits. »
Mais le syndicaliste a également pu compter sur le soutien des organisations du mouvement ouvrier. « Honte à ce pouvoir qui s'attaque à Anasse » s'est écrié Julien Troccaz, pour la Fédération Sud Rail, qui a dénoncé la poursuite du génocide : « À Gaza, la population toujours déplacée, victime de massacres et de la destruction de tous ses moyens d'existence, est confinée dans un espace toujours plus réduit pendant qu'Israël détruit systématiquement ce qu'il reste dans les 60% toujours occupés. En participant massivement à ce rassemblement, nous dénonçons avec force le génocide à Gaza. Il faut que l'ensemble de notre classe agisse en soutien à la Palestine. »
« On est très fiers que le mouvement ouvrier prenne part à ce combat pour la relaxe pour Anasse » a revendiqué de son côté Laura Varlet, cheminote et militante à RP. Alors que de nombreuses délégations ouvrières étaient présentes, notamment de SUD Rail, mais aussi de la CGT Education ou encore de Stellantis, de la RATP et même de la sous-traitance Audi à Bruxelles, le rassemblement avait été appelé par plusieurs dizaines d'organisations syndicales : l'UD CGT du Nord et les camarades de Jean-Paul Delescault, également réprimé pour son soutien à la Palestine, Sud Rail Paris Nord, Sud Stellantis-Poissy, CGT Neuhauser, la CGT Tenon, la CGT de plusieurs dépots RATP, la CGT Geodis, la CGT Total Grandpuits et raffinerie de Normandie, pour n'en citer que quelques unes.
🇵🇸 « Le mouvement ouvrier est ciblé par la répression sur la Palestine : Jean-Paul Delescaut a récemment été réprimé, et relaxé en appel. On est très fiers que les organisations syndicales prennent part à ce combat pour la relaxe pour @AnasseKazib, avec la présence aujourd'hui de… pic.twitter.com/8IGqSg95re
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Dans la foule rassemblée, de nombreuses figures des luttes antiracistes étaient également présentes, à l'instar d'Assa Traoré, du comité Justice pour Adama, du philosophe Norman Ajari ou de Mariama de la Coordination 75 des Sans Papiers qui s'est exprimé à la tribune : « Quand l'État attaque l'un d'entre nous, il attaque tous les travailleurs. Il n'y a pas de frontières entre nous. Nous allons leur montrer que nous sommes plus forts qu'eux. »
« Faire entrer la cause palestinienne dans la salle d'audience »
De nombreuses organisations politiques se sont également mobilisées en solidarité avec les deux militants de Révolution Permanente. De la France insoumise à Lutte ouvrière, en passant par le NPA-A, le NPA-R, ou encore de certaines sections Die Linke, tous ont dénoncé une procédure politique visant à faire taire les voix qui dénoncent le génocide à Gaza en France et à l'international.
« En Allemagne, la répression est devenue notre quotidien. Rien qu'à Berlin, il y a eu plus de 12 000 poursuites contre des militants pro-palestiniens. L'État allemand défend Israël au nom de la raison d'État et les intérêts impérialistes au Moyen-Orient. La solidarité doit… pic.twitter.com/slmMGM40pd
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Comme l'a rappelé Jean-Luc Mélenchon,
C'était un devoir pour nous d'être ici aux côtés d'Anasse Kazib et de ses camarades poursuivis dans le procès qui va avoir lieu. Il y a plusieurs centaines de personnes qui ont été mises en examen sur ce thème, nous-mêmes les Insoumis, avons l'honneur d'avoir parmi nous une petite dizaine de personnes poursuivies. Et par conséquent, sans rien réduire des discussions qui nous occupent avec Anasse et ses camarades, il y a un devoir de solidarité absolu sur ce sujet. Ce n'est pas un à-côté de la lutte des Palestiniens : c'est une répression méthodique, internationale, qui vise à construire autour des crimes qui sont commis contre les Palestiniens et leurs voisins, une politique internationalement conduite pour persécuter tous ceux qui s'y opposent. […] À cet instant, Kazib et moi, tous les deux étant candidats aux présidentielles, si l'un ou l'autre est élu, nous nous souviendrons parfaitement de ce que nous avons à faire : amnistier ceux qui ont été condamnés. Kazib a raison de dire qu'il s'agit d'un procès politique. Nous sommes conduits à devoir nous expliquer sur les raisons pour lesquelles nous soutenons les droits des Palestiniens tandis que pas un seul de ceux qui ont envahi systématiquement tous leurs voisins n'ont à répondre de leur crime devant la justice française.
« C'était un devoir pour nous d'être ici aux côtés d'Anasse Kazib et de ses camarades poursuivis dans le procès qui va avoir lieu. Il y a plusieurs centaines de personnes qui ont été mises en examen sur ce thème, nous-mêmes les Insoumis, avons l'honneur d'avoir parmi nous une… pic.twitter.com/97hXmIghRH
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Devant ce bloc de résistance face au génocide à Gaza et à la criminalisation de celles et ceux qui le dénoncent, Anasse Kazib a rappelé sa fierté de défendre « l'héritage des luttes anti-impérialistes et anti-coloniales et des luttes du mouvement ouvrier » et revenu sur le procès qui lui est intenté :
C'est un procès politique qui vise à faire taire ceux qui s'opposent au génocide et au gouvernement. Il va falloir faire des démonstrations de force à chaque qu'ils visent l'un des nôtres. Il faut répondre avec la plus grande force et la plus grande fermeté. Aujourd'hui, on va faire rentrer dans ce tribunal la question des libertés démocratiques et l'atteinte à ceux qui ont une opinion opposée aux classes dominantes. Pendant que ceux qui dénoncent un génocide sont dans les tribunaux, les portes-paroles de l'armée israélienne font le tour des plateaux pour diffuser leur propagande de guerre. Si on est là, c'est pour le peuple palestinien, un peuple révolutionnaire parmi les révolutionnaires. On rentrera dans ce tribunal avec le seul slogan qui vaille : Tahia Palestine !
Évoquant les témoignages qui seront faits à l'audience et par écrit, mobilisant des personnalités comme l'historien Ilan Pappé ou encore Richard Falk, l'ancien rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés, le cheminot a réaffirmé son intention de faire de son procès, le procès du génocide, de ses complices et de la criminalisation du soutien à Gaza. Une délégation d'avocats belges du barreau de Liège avait également fait le déplacement pour rédiger un rapport sur la manière dont la justice est rendue en France.
🇵🇸 « On va faire rentrer la cause palestinienne dans le tribunal. On est fiers d'être les héritiers des luttes anticoloniales et anti-impérialistes, des luttes du mouvement ouvrier. C'est un procès politique qui vise à faire taire ceux qui s'opposent au génocide et au… pic.twitter.com/bN2qQh5YsB
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Un appel à la combativité face à la répression qui aura pendant près d'une heure trente servi de fil conducteur aux différentes interventions des soutiens du syndicaliste et du journaliste réprimé de Révolution Permanente. Une mobilisation exemplaire qui a permis de construire le rapport de force et qui s'est soldée par une première victoire face à la répression. En effet, avant l'examen du fond du dossier, le tribunal a transmis à la Cour de cassation une question prioritaire de constitutionnalité qui remet en cause le droit de la Jeunesse française juive, une organisation proche de l'extrême droite israélienne et des idées d'Eric Zemmour, de se porter partie civile aux côtés de l'État pour réprimer les soutiens de la Palestine. Une victoire qui remet en cause la légitimité du procès, reporté en l'attente de la décision de la Cour, et qui constitue un point d'appui pour l'ensemble du mouvement de solidarité avec la Palestine.
Crédit photo : Thenowface.

