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Gironde. L'ARS tente de supprimer 160 000€ au Planning Familial puis rétropédale face à la contestation

Wed, 24 Jun 2026 21:52:16 CEST

Révolution Permanente

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L'ARS a tenté de supprimer l'intégralité de la subvention versée au Planning Familial de la Gironde, soit un tiers de son budget, ce qui aurait entraîné directement sa fermeture à très court terme. Cette attaque austéritaire s'inscrit dans une offensive gouvernementale plus large contre l'accès aux droits reproductifs et à la prévention.

C'est plus de 70.000 personnes en quelques jours qui ont signé la pétition : en cause, le Planning Familial de la Gironde est menacé de fermeture à court terme. Le 17 juin 2026, l'Agence Régionale de Santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine a annoncé la suppression totale de sa subvention annuelle de 160 000 euros au Planning Familial de la Gironde, soit 32 % de ses ressources. Conséquence immédiate : 4 postes supprimés sur 7,5 équivalent Temps Plein, et le début de la liquidation pure et simple d'une structure qui existe depuis 60 ans. Le motif invoqué par l'ARS ? Des actions jugées « pas assez probantes ». Un discours réactionnaire qui cherche à justifier l'austérité, derrière lequel se cache une attaque directe contre les droits des femmes, des jeunes et des minorités de genre.

Dès 2024, l'ARS expliquait que c'était à l'Éducation Nationale de prendre en charge les interventions d'éducation à la sexualité et à la vie affective dans les établissements scolaires. Une manœuvre explicite pour noyer le poisson sur les responsables, dont la conséquence est de ne même plus pouvoir assurer cette mission élémentaire de prévention.

À Bordeaux comme partout, le désengagement de l'État asphyxie le secteur social

Le rôle central du Planning Familial ne devrait pourtant plus être à prouver : en 2025, le Planning Familial de la Gironde a accueilli 2 124 personnes, sensibilisé 972 élèves, et était présent dans 24 communes du département. C'est cette structure-là, ancrée dans le quotidien de milliers de personnes, que l'ARS a tenté de liquider.

Ce cas n'est pas isolé, à Montpellier, le Planning Familial 34 fait face à un trou budgétaire de 120 000 euros, alors que la mairie de Michaël Delafosse ne lui verse que 7 000 euros. Pareil pour le Planning Familial du Lot (46) qui dès l'été dernier subissait de plein fouet des coupes budgétaires, précarisant par là même les salariées. D'autres structures du secteur social et de la santé communautaire, comme Luttopia, ou le centre Human Santé, subissent des menaces similaires à Montpellier. C'est une dynamique nationale d'austérité qui frappe méthodiquement les associations qui accompagnent les plus précaires.

Quant à l'argument du « manque de résultats probants », il faut le dénoncer pour ce que c'est, une idéologie managériale appliquée à l'écoute des victimes de violences et à la détresse humaine. Depuis quand l'accompagnement de personnes en souffrance doit-il produire des indicateurs statistiques de rentabilité pour mériter d'être financés ?

Une mobilisation d'ampleur qui a permis de faire reculer cet attaque austéritaire

Face à l'annonce de l'ARS, la riposte a été immédiate et massive. En à peine une semaine, plus de 70 000 personnes ont signé la pétition « ARS Nouvelle-Aquitaine : empêchement immédiat de la fermeture du Planning Familial », des dizaines de signatures par minute. Le Planning Familial de la Gironde a également appelé à un rassemblement devant l'ARS Nouvelle-Aquitaine le jeudi 25 juin.

Cette mobilisation a contraint l'État à reculer. Après que la députée LFI Mathilde Feld a posé la question au gouvernement, Aurore Bergé a été forcée d'affirmer publiquement qu'il n'y aurait « pas un euro de baisse » dans les Plannings Familiaux de France. Un recul arraché par la pression populaire, et non offert spontanément.

Mais une promesse gouvernementale ne vaut que si le rapport de force qui l'a obtenue est capable de faire respecter. C'est le même gouvernement qui multiplie les coupes budgétaires d'une main et les coups de communication de l'autre, le même qui a laissé l'ARS annoncer cette suppression sans broncher pendant des semaines. La vigilance s'impose et la mobilisation doit continuer.

Une offensive austéritaire qui s'inscrit dans un contexte réactionnaire et militariste

L'État a prétendu ne pas avoir 160 000 euros pour la santé sexuelle à Bordeaux, pendant que le budget des armées doit encore doubler. Ce contraste résume à lui seul les priorités réelles de ce gouvernement : l'argent existe, mais il va à l'industrie de guerre, pas aux services publics de santé, de social ou de prévention.

Macron, Darmanin et toute la macronie multiplient les déclarations sur le « plus jamais ça » face aux violences sexistes et sexuelles. Mais les mesures prises comme les numéros verts ou la constitutionnalisation de l'IVG ne suffisent pas à masquer les attaques austéritaires, dont les femmes et minorités de genre sont les premières victimes. Dans les faits, ce sont les structures qui accueillent concrètement les personnes victimes de violences, qui accompagnent les parcours de transition, de contraception, qui garantissent nos droits élémentaires, que l'État abandonne et condamne à la fermeture.

Cette attaque budgétaire ne tombe pas du ciel. Elle s'inscrit dans un projet idéologique plus large que l'État construit méthodiquement depuis plusieurs années : le Service National Universel, les discours sur le « réarmement démographique » et la natalité, la volonté de remettre les corps des femmes et des minorités de genre sous contrôle. Le Planning Familial, qui accompagne l'accès à l'IVG, les questions de transition de genre et l'éducation à la sexualité, est un acteur historique du mouvement féministe.

Le RN en rêvait, le gouvernement l'a fait : des attaques gravissimes face auxquelles il va falloir se battre

Pour France 3, Annie Carraretto, co-présidente du Planning Familial explique : « Pour remplir une telle mission de service public dans le plus grand département de France, il nous faut forcément des moyens. Doit-on rappeler qu'en moyenne, un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents, une femme dans les deux jours sous les coups de son compagnon, sans compter les suicides associés, et qu'un viol ou tentative de viol se produit toutes les 2 min 30 ? »

En Gironde, d'autres associations seraient en ligne de mire de la fin de subventions de l'ARS, comme le CIDFF (Centres d'information sur les droits des femmes et des familles), ou encore la Maison d'Ella.

« Le RN en rêvait, le gouvernement l'a fait », dénonce Petra Bernus, étudiante infirmière et militante au collectif Du Pain et Des Roses. En témoigne la suppression de subvention accordée au Planning Familial début juin, par la nouvelle mairie du Rassemblement National, à Carpentras (Vaucluse). Le maire RN avait comparé en 2020 l'avortement à un génocide ou « aux crimes de Daech ».

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Au-delà de l'extrême droite et de ses discours nauséabonds, l'austérité appliquée par le gouvernement Macron menace déjà de plein fouet les services publics et associations qui accompagnent les usagers dans leurs droits.

Face à ces offensives, un rapport de force plus important reste à construire. C'est tout le mouvement féministe et LGBTI+, les organisations politiques, syndicales, les travailleurs sociaux, de la santé et les usagers qui doivent s'unir. On ne peut faire confiance à un gouvernement qui joue d'une main les coups de com' et de l'autre multiplie les coupes budgétaires. Il faut construire un plan de lutte par en bas, massif et coordonné entre tous les secteurs touchés par l'austérité, pour imposer le rétablissement immédiat de la subvention et arracher des moyens dignes pour les services publics.

Tous et toutes au rassemblement le jeudi 25 juin devant l'ARS pour soutenir le Planning Familial de la Gironde !

Signez et partagez massivement la pétition !

Rassemblement devant le Planning familial de Gironde, 2024.

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