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Pride de Montpellier : la police réprime le cortège LGBTQI pour la Palestine

Wed, 24 Jun 2026 22:33:41 CEST

Révolution Permanente

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Samedi 20 juin, lors de la Pride de Montpellier, le cortège LGBTQI pour la Palestine, co-animé par Du Pain et Des Roses et BDS-Urgence Palestine et accompagné du « cortège rouge », a été interdit de défiler par la police. Une répression scandaleuse d'une tentative de lier la lutte contre l'oppression patriarcale à la solidarité internationaliste et au combat contre l'impérialisme.

Le samedi 20 juin 2026, lors de la Pride de Montpellier, le « cortège LGBTQI pour la Palestine », co-animé par BDS-Urgence Palestine et Du Pain et Des Roses, accompagné du « cortège rouge » visant à « repolitiser la Pride » (NPA-R, Appel Communiste et MJCF 34), a rassemblé plusieurs centaines de participant·es et s'est positionné en tête de manifestation. Il a pu y défiler pendant une première partie du parcours avant d'être stoppé par un dispositif policier, composé de dizaines de policiers armés de boucliers et de matraques, qui lui a ensuite interdit de continuer à avancer en tête de cortège, leur signifiant explicitement que « la politique n'a pas sa place dans la Pride ». Cette intervention répressive, tentative de censure inédite à la Pride de Montpellier, visait un cortège qui, derrière la banderole « Montpellier t'aime sauf si tu soutiens la Palestine », dénonçait le pinkwashing de la mairie.

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Une Pride institutionnelle de plus en plus contestée

Cette répression s'inscrit dans une édition de la Pride marquée en amont par des tensions profondes et une remise en cause croissante de son organisation. En avril 2026, plusieurs collectifs phares de la scène queer locale (dont Nuit Brune, Dragnini, Folle de Rage) ont publié un communiqué intitulé « Pride du peuple : pourquoi nous ne serons pas à la Pride 2026 ». Ils y dénonçaient l'institutionnalisation et la marchandisation d'un événement devenu une simple vitrine commerciale et politique. L'association organisatrice, Fierté Montpellier Pride, y était accusée de privilégier une logique de rentabilité au détriment de la scène locale, allant jusqu'à exercer des pressions et menaces de « blacklistage » à l'encontre de voix critiques.

En réalité, cette organisation sert de relais à la politique du maire PS, Michaël Delafosse. Avec le slogan marketing « Montpellier t'aime », la municipalité déploie des drapeaux arc-en-ciel géants pour masquer une offensive sécuritaire et austéritaire alignée avec la politique de Macron. Pendant qu'il s'affiche en tête de cortège, Delafosse augmente les effectifs de la police municipale, crée une police des transports et investit 65 millions d'euros dans un « hôtel des sécurités », un véritable arsenal pour traquer et réprimer les habitants les plus précaires de l'espace public. Cette mise en scène d'une ville « inclusive » s'accompagne en réalité d'une orientation sécuritaire qui sert aussi à faire taire les voix dénonçant le soutien de l'État français à Israël. Depuis plusieurs années, la mairie de Michaël Delafosse multiplie les mesures de répression et de censure à l'encontre des militant·es de BDS-Urgence Palestine Montpellier : interventions de la police municipale lors de la tenue de stands, tentatives d'interdiction de manifestations et poursuites judiciaires. Plus récemment, la municipalité a porté plainte contre deux militant·es à la suite d'une action menée à la Maison des relations internationales pour dénoncer la complicité des puissances occidentales avec le génocide en cours à Gaza. Montpellier est par ailleurs la seule ville d'Europe à célébrer officiellement la prise de Jérusalem-Est par Israël en 1967, lors de la « Journée de Jérusalem », symbole de l'alignement politique de la municipalité sur l'État israélien.

Cette contradiction se retrouve aussi dans les choix budgétaires de la municipalité. Pendant que Michaël Delafosse investit des dizaines de millions d'euros dans la police et la vidéosurveillance, les structures qui accueillent et accompagnent les femmes et les personnes LGBTQI sont maintenues dans une situation de sous-financement chronique. La menace qui pèse sur le Planning Familial de l'Hérault en est l'illustration : d'un côté, des millions pour l'appareil répressif ; de l'autre, des associations contraintes de se battre pour assurer des missions pourtant essentielles. Ce contraste entre les millions déversés dans l'arsenal répressif et les miettes laissées au social et à la santé rend d'autant plus nécessaire une opposition frontale à la mairie. Notre libération ne se négociera pas avec ceux qui nous précarisent et nous répriment !

Nos fiertés sont anti-impérialistes

C'est cette perspective qui a guidé la constitution du cortège LGBTQI pour la Palestine. Défendre les droits des personnes LGBTQI, c'est combattre l'ensemble des rapports de domination qui produisent les oppressions : le patriarcat, le racisme, le colonialisme et l'impérialisme, indissociables d'un système capitaliste fondé sur l'exploitation.

Cette perspective s'inscrit dans l'histoire même du mouvement LGBTQI. Les émeutes de Stonewall ne furent pas seulement une révolte contre les violences policières ; elles s'inscrivaient dans une période de contestation plus large de l'ordre établi, de la guerre du Vietnam au mouvement pour les droits civiques. Renouer avec cet héritage, c'est refuser que les droits LGBTQI soient instrumentalisés pour légitimer des politiques de guerre, d'austérité d'oppression.
Car si le génocide en cours à Gaza est le produit de la politique du gouvernement israélien, il est aussi rendu possible par le soutien diplomatique, économique et militaire des grandes puissances occidentales, au premier rang desquelles les États-Unis, mais aussi la France. En apportant son soutien à Israël, Emmanuel Macron défend les intérêts stratégiques de l'impérialisme français dans la région et contribue à la poursuite des crimes commis contre le peuple palestinien. Dans ces conditions, la solidarité avec la Palestine implique aussi de combattre la politique de notre propre gouvernement, qui soutient l'État israélien et criminalise celles et ceux qui s'y opposent. Refuser le pinkwashing, c'est précisément refuser que nos droits servent à donner un visage « progressiste » à une puissance impérialiste qui a livré des armes à un État qui commet un génocide et a utilisé la justice et la police pour réprimer tous ceux qui le dénoncent.

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C'est aussi ce qui permet de comprendre la violence de la répression observée à Montpellier. En s'attaquant à un cortège qui faisait le lien entre les luttes LGBTQI et la solidarité avec la Palestine, les autorités cherchent à empêcher l'expression d'une critique politique qui relie les attaques contre les droits démocratiques, la militarisation de la société française et le soutien de l'État à sa propre politique impérialiste.

C'est le dernier épisode des attaques de l'État contre le mouvement féministe et LGBTI pour son soutien à la Palestine : la tentative de l'interdiction de la manifestation du 7 mars par la préfecture de Paris à cause de la présence d'Urgence Palestine, la promesse d'Aurore Bergé de passer au crible les subventions des associations féministes opposées au génocide, ou encore l'offensive politique et répressive qui s'est déclenchée contre les organisateurs de la Marche des fiertés à Paris pour une affiche d'appel à la Pride en 2025 qui mettait en scène la lutte contre l'extrême droite, une personnage voilée et un drapeau palestinien. Dans une période où le pouvoir cherche à construire un consensus autour du réarmement et de ses interventions impérialistes, la convergence des luttes LGBTI et anticoloniales apparaît comme une menace politique qu'il s'agit de contenir.

Faire front contre la répression

Face à cette offensive, il est essentiel de construire une riposte unitaire contre toutes les formes de criminalisation des mouvements sociaux et de solidarité avec la Palestine. La défense des militant·es réprimé·es relève d'un principe élémentaire de solidarité entre celles et ceux qui refusent de céder aux intimidations de l'État. Les poursuites visant des militant·es du mouvement de solidarité avec la Palestine, le procès de notre camarade Anasse Kazib le 25 juin tout comme la répression du cortège LGBTQI pour la Palestine à Montpellier participent d'une même logique : faire taire toutes les voix qui contestent ce système.

C'est pourquoi nous appelons à participer massivement au rassemblement de soutien à notre camarade Anasse Kazib et à l'ensemble des militant·es poursuivi·es pour leur soutien à la Palestine, ce mercredi 24 juin à 18 h 30, place du Marché aux Fleurs, à Montpellier mais aussi de continuer à défendre des mots d'ordres anti-impérialistes et internationalistes dans les Marches des fiertés partout en France.

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