900 € la licence et 1500€ le master : le gouvernement prépare une hausse brutale des frais d'inscription !
Wed, 24 Jun 2026 12:00:00 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDans un rapport présenté au CNESR le mardi 16 juin puis au gouvernement ce mercredi 24 juin, le ministère de l'Enseignement supérieur réfléchit à instaurer une augmentation considérable des frais d'inscription à l'université. Face à ce projet et à la généralisation de Bienvenue en France pour les étudiants étrangers, il faut préparer une mobilisation massive à la rentrée pour faire reculer le gouvernement !

Article initialement paru le 18/6. Mise à jour 24/6 : Après avoir été présenté au CNESER le mardi 16 juin, le rapport a été remis au gouvernement ce mercredi.
Bientôt 1000 euros à débourser pour s'inscrire à la fac ? C'est le projet scandaleux mis sur la table par le gouvernement. Le mardi 16 juin, à l'occasion d'une réunion du CNESR, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche a en effet présenté les préconisations d'un rapport des « Assises sur le financement des universités » qui propose notamment d'augmenter les frais d'inscription, pour les faire passer à 900€ pour une licence et 1500€ pour un master. Un projet extrêmement préoccupant, face auquel il est urgent de préparer une réponse d'ampleur.
Les syndicats étudiants qui siègent au CNESR, organe consultatif du ministère de l'Enseignement supérieur, ont ainsi rapporté ce projet qui leur a été proposé. Il s'agit des conclusions d'un rapport dirigé par Jérôme Fournel, ancien directeur de cabinet de Michel Barnier, et Gilles Roussel, président de l'université Gustave-Eiffel. Dans un communiqué, le syndicat Union étudiante fait état d'autres propositions dans ce même rapport, comme le fait de généraliser le recours au prêt étudiant, faire en sorte que les universités possèdent des logements étudiants pour générer des recettes, et évidemment encourager le financement de formations par des entreprises. Face aux prétendus problèmes de financement des universités, elles devraient appliquer tout un tas de mesures néolibérales pour revenir à l'équilibre.
En réalité, le manque de moyens est organisé par le gouvernement, qui a retiré des centaines de millions d'euros au budget des universités ces dernières années, afin de justifier des attaques souhaitées de longue date par la bourgeoisie, dans le but d'empêcher les enfants des classes populaires d'accéder à l'université et soumettre les facs aux besoins du patronat. Signe de cette dynamique, en février dernier l'association des présidents d'université France Universités a signé une convention avec le MEDEF pour renforcer sa coopération avec l'organisation patronale.
De plus, ce n'est pas la première fois qu'une hausse des frais d'inscription est évoquée dans les bureaux du ministère. En septembre dernier déjà, un rapport de l'Inspection générale des finances et de l'Éducation, du Sport et de la Recherche préconisait une augmentation drastique des frais d'inscription à la fac, allant jusqu'à 2850 euros en licence, et 3879 euros en master. Si le ministre Philippe Baptiste joue la montre en affirmant qu'aucune réforme n'est annoncée à court terme, le fait que des rapports ministériels se multiplient sur la hausse des frais d'inscription à la fac est un signal préoccupant, qui montre que l'Etat prépare le terrain à une attaque d'ampleur. Dans le même sens, le MEDEF fait pression pour accélérer sur ce dossier.
A cet égard, la généralisation de Bienvenue en France est un premier test avant d'augmenter les frais d'inscriptions pour tous les étudiants. Ce décret raciste qui oblige les universités à faire payer les étudiants étrangers (hors UE) un montant exorbitant pour entrer à la fac a été mis en place en seulement quelques semaines et va empêcher des milliers d'étudiants étrangers d'accéder à l'université. Avec cette mesure, le gouvernement veut mesurer la capacité de réponse du mouvement étudiant avant de décider une hausse significative des frais d'inscription, une attaque symbolique qui pourrait générer une colère importante dans la société.
Dès lors, pour empêcher l'Etat d'avancer vers la hausse des frais d'inscriptions pour tous les étudiants et faire reculer son projet, il est central de préparer une grande mobilisation dès la rentrée, qui mette au premier plan la lutte contre l'application de Bienvenue en France et les attaques envers les étudiants étrangers. Pour refuser la division raciste que le gouvernement cherche à installer, il faut faire front et revendiquer un accès à l'université gratuit pour toutes et tous, la fin de ParcoursSup, MonMaster et l'ensemble de la sélection à la fac, et plus largement défendre une université au service des travailleurs et de la majorité de population, à l'inverse du projet du gouvernement qui veut la réserver à une élite et mettre les facs au service des grands patrons.