Canicule. La CGT Stellantis Mulhouse appelle à la grève contre des conditions de travail infernales
Wed, 24 Jun 2026 21:43:12 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLa CGT de l'usine Stellantis Mulhouse a déposé un préavis de grève pour dénoncer les conditions de travail des salariés en pleine période de canicule. A l'heure où le patronat n'a que faire du danger réel auxquels sont confrontés les travailleurs dans ces conditions climatiques intenables, cet appel à la grève donne des clefs pour y résister.

Dans un communiqué publié en début de semaine, la CGT de l'usine Stellantis Mulhouse annonce avoir déposé un préavis de grève de mardi 23 à dimanche 28 juin pour dénoncer les conditions de travail des salariés. Ils y appellent à cesser le travail à 11H20 au lieu de 13H06 pour les équipes du matin et à 18H20 au lieu de 20H32 pour ceux de l'après-midi.
Alors que la France traverse son mois de juin le plus chaud depuis le début des relevés de températures en 1947, et qu'elle vient de connaître la journée la plus chaude de son histoire, ceux qui subissent cette situation avec le plus de violence sont sans aucun doute les travailleurs manuels. Si le précédent épisode caniculaire en début de mois s'était déjà soldé par la mort de plusieurs ouvriers, les conditions sont réunies depuis quelques jours pour de nouveaux drames.
Ainsi, dans l'usine Stellantis de fabrication automobile située à Sausheim dans le Haut-Rhin, qui emploie près de 4.500 personnes, « les températures dans certains ateliers frôlent les 38, 40°C », explique le délégué CGT Salah Keltoumi. Alors que les travailleurs sont exposés à un travail manuel éreintant sous des températures suffocantes, ils doivent en plus le faire dans des conditions intenables, alors que bon nombre d'entre eux arrivent épuisés au travail, n'ayant pas réussi à dormir normalement la veille. Pour le syndicaliste CGT, la direction met sciemment les salariés « en danger de mort ».
Face à cette situation, la CGT réclame un ralentissement des cadences, une baisse de la production, des pauses plus fréquentes et des investissements dans des équipements protégeant de la chaleur.
Une initiative bienvenue qui part d'une réalité indiscutable : les patrons font bien peu de cas de la situation intenable de leurs ouvriers. Tant qu'ils ne risqueront pas de perdre plus de profits à cause d'une grève que ce que leur coûteraient les aménagements et en travaux pour atténuer les conséquences de la canicule, ils continueront à surexploiter éhontément. Du haut de leurs bureaux climatisés, ils ne seront prêts à faire des concessions que lorsqu'un rapport de force réel leur fera entrevoir des pertes bien plus importantes. C'est d'ailleurs ce qu'a illustré un épisode survenu en début de semaine à l'usine Stellantis de Poissy. Alors que la direction tentait de supprimer une des pauses habituellement octroyées aux salariés, elle a dû faire machine arrière au bout d'une heure parce qu'une trentaine de travailleurs avaient usé de leur droit de retrait et ainsi bloqué une partie de la production.
Aussi, face à la situation intenable pour tous les travailleurs de France, l'appel à la grève de la CGT Stellantis Mulhouse montre la voie à suivre. Instaurons partout un rapport de force pour exiger autant d'aménagements que nécessaires pour faire face à l'épisode caniculaire. La situation actuelle témoigne que tant que nous ne nous organiserons pas pour lui faire face, le patronat continuera à nous surexploiter, y compris au prix de notre santé, voir de nos vies.
Crédit photo : Wikimedia Commons