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À Bordeaux Montaigne, le CA rejette le plan d'austérité : une première victoire de la mobilisation

Tue, 23 Jun 2026 21:53:05 CEST

Révolution Permanente

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Vendredi dernier, le Conseil d'Administration de l'UBM a rejeté le plan de « retour à l'équilibre » et le budget rectificatif austéritaire défendus par la présidence et validés par le rectorat. Une première victoire, fruit de la mobilisation, qui doit servir de point d'appui pour préparer la rentrée.

Vendredi 19 juin, la présidence de l'Université Bordeaux Montaigne a présenté au conseil d'administration un plan de « conditions de retour à l'équilibre » (CRE). Derrière cette formule technocratique se cache un plan, exigé et validé par le rectorat, qui vise à dégrader les conditions de travail et d'études en quatre ans.

En effet, ce CRE propose, parmi une série de « leviers à mettre en œuvre pour améliorer la situation budgétaire de l'université », de geler une partie des postes d'enseignants, de remplacer des postes de professeurs des universités partant à la retraite par des postes de maîtres de conférences, ou encore par des professeurs agrégés, moins coûteux que les premiers. Le document propose également de remplacer des personnels BIATSS titulaires par des contractuels, ou encore d'augmenter les frais d'inscription pour les diplômes universitaires. Surtout, le CRE devait acter l'orientation financière de l'université sur quatre ans en supprimant 15 000 heures de cours supplémentaires d'ici 2029 et en fixant un objectif de masse salariale à 93 481 000 euros en 2030, contre 94 110 000 euros si l'on suivait simplement les prévisions actuelles.

En somme, un véritable plan de saignée austéritaire, dans la lignée du budget présenté par la présidence, auquel les élus du Poing Levé se sont opposés. Au terme de la séance, le CA a rejeté ce plan, avec un total de 18 voix contre et 16 voix pour. En conséquence, le budget rectificatif, qui poursuivait les coupes entamées en début d'année, a été automatiquement refusé : un revers important pour le président de l'université, Alexandre Péraud, qui espérait faire passer ces attaques en s'abritant derrière les injonctions du rectorat.

Si ce vote révèle la crise dans laquelle se trouve la présidence de Bordeaux Montaigne, il traduit surtout le rapport de force que la mobilisation sur la fac a permis d'imposer cette année, montrant qu'une large majorité de la communauté universitaire refuse l'austérité, quelle qu'en soit l'échelle.

Pour autant, les étudiants et les personnels mobilisés ne sauraient se satisfaire de cette seule victoire : le fonctionnement profondément antidémocratique de l'université laissant une large marge de manœuvre à la direction et à l'État pour imposer leurs politiques. En effet, la présidence veut, dès la semaine prochaine, revenir à la charge en soumettant à nouveau au vote le plan d'équilibre et le budget, en même temps que le COMP – Contrat d'objectifs, de moyens et de performance – qui doit être signé avec le rectorat et participe de la même logique d'accélération de la sélection sociale et de casse de l'université publique.

Dans le même temps, la présidence affirme que si le CRE et le budget rectificatif n'étaient pas votés, le rectorat se préparerait à mettre l'université sous tutelle pour imposer ces coupes de force en l'administrant directement. Une menace qui illustre la détermination du gouvernement à attaquer l'enseignement supérieur public, comme on le voit avec le décret raciste « Bienvenue en France 2.0 » qui cible les étudiants étrangers, et qui annonce une offensive plus large contre l'ensemble des étudiants.

De ce vote, une leçon centrale doit être tirée : ce n'est pas dans les instances des conseils que l'austérité sera mise en échec, mais par le rapport de force. Les assemblées générales, les rassemblements et la campagne autour du mot d'ordre « pas un euro, pas un poste, pas une place en moins à l'UBM » ont fait la démonstration qu'il était possible de faire reculer les projets de la présidence. Elle doit maintenant se développer, se structurer par l'auto‑organisation, s'étendre aux autres universités et se lier aux secteurs qui subissent les mêmes politiques d'austérité dans les écoles, les hôpitaux et l'ensemble des services publics. C'est de cette façon que le mouvement étudiant pourra mettre en échec les plans du gouvernement pour l'enseignement supérieur.

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