Palestine : un rapport de l'ONU accuse Israël de poursuivre le génocide et de cibler les enfants
Tue, 23 Jun 2026 23:22:55 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalEn se basant sur des faits produits entre le 7 octobre 2023 et le 31 mars 2026, le rapport commandé par l'ONU a examiné les violations et crimes commis en Palestine par l'État d'Israël. La commission d'enquête « décrit les ciblages et les meurtres volontairement commis contre les enfants palestiniens », qui ont pour conséquence un niveau inédit de morts, de blessures et de traumatismes pour les enfants palestiniens.

L'enquête, présidée par le juge indien Srinivasan Muralidhar, estime qu'en « conséquence directe du conflit à Gaza, entre le 7 octobre 2023 et le 7 octobre 2025, au moins 20 179 enfants ont été tués et 44 143 blessés, ce qui constitue 30% des morts et 26% des personnes blessées au cours de cette période. »
Violences sexuelles et assassinats visant les enfants
Un des symptômes du génocide identifié par la commission concerne les enfants abattus volontairement par les forces israéliennes.
En ce qui concerne les attaques contre des zones résidentielles, les forces de sécurité israéliennes ont, en toute connaissance de cause et de manière prévisible, causé la mort d'enfants en lançant des frappes aériennes intensives et continues sur des zones densément peuplées, en déployant des bombes de forte puissance conçues pour faire un maximum de victimes, ce qui a contribué au fait que 27 % des personnes tuées ou blessées à Gaza entre le 7 octobre 2023 et le 7 octobre 2025 étaient des enfants. Ces attaques délibérées ont anéanti des familles entières sur deux, trois, voire quatre générations, alors que les forces de sécurité israéliennes savaient parfaitement que des enfants seraient présents et que ces derniers, avec leurs petits corps fragiles, courent un risque plus élevé de mourir ou d'être gravement blessés lors de telles attaques.
Quelques pages plus loin, le rapport révèle des violences sexuelles infligées par les soldats israéliens aux filles et aux garçons palestiniens. Le paragraphe 281 explique que « La Commission a recensé d'autres formes de violences sexuelles commises à l'encontre d'enfants en détention, notamment des agressions sexuelles, des violences génitales et des menaces à caractère sexuel. » On peut lire également que « le caractère sexuel des agressions commises à l'encontre des Palestiniens a causé de graves préjudices physiques et psychologiques aux victimes, qui auront des répercussions sur plusieurs générations de Palestiniens. Les violences sexuelles et sexistes à l'encontre des enfants, ainsi que des adultes, ont été utilisées non seulement comme une forme de punition à l'encontre des individus, mais aussi dans le cadre d'une stratégie de punition collective visant à diviser, humilier et asservir la population palestinienne dans son ensemble. »
Frappes contre les écoles, les orphelinats et les hôpitaux
Selon les enquêteurs, au moins trois centres hospitaliers à Gaza disposaient de services pédiatriques, l'hôpital Al-Nasr, l'hôpital Al-Durra et l'hôpital Al-Rantisi. Les trois établissements ont dû fermer au cours des deux premiers mois de conflit, à cause des attaques israéliennes.
Le 27 novembre 2023, lors de la première accalmie des combats, la chaîne de télévision émiratie Al-Mashhad a diffusé un reportage vidéo montrant les corps en décomposition de quatre bébés abandonnés dans l'unité de soins intensifs néonatals de l'hôpital pédiatrique Al-Nasr, toujours reliés aux appareils de réanimation rendus hors service par une coupure d'électricité et les attaques contre l'hôpital. Ces nourrissons dépendaient d'équipements de réanimation tels que des respirateurs, des perfusions intraveineuses et des oxymètres. [...] Ils ont été retrouvés abandonnés à un stade avancé de décomposition, à côté de bouteilles de lait et de couches. L'état des corps indiquait qu'ils étaient restés sans surveillance pendant environ deux semaines, ce qui met en évidence les conditions désastreuses dans lesquelles le personnel médical a été contraint d'évacuer les lieux le 10 novembre, sans pouvoir emmener avec lui les patients les plus vulnérables.
Lire aussi : « Des rats viennent mordre des enfants » : à Gaza, l'horreur sanitaire provoquée par le blocus israélien
Lire aussi : « Des rats viennent mordre des enfants » : à Gaza, l'horreur sanitaire provoquée par le blocus israélien
Les infrastructures de santé ne sont pas les seules visées par l'armée israélienne. Le rapport explique que, entre le 7 octobre 2023 et le 11 octobre 2025, 459 bâtiments scolaires ont été directement touchés par des tirs, sur un total de 564, soit 81,4%. Les enfants sont également victimes des destructions des établissements garantissant une aide sociale, comme les orphelinats.
La Commission a enquêté et recensé les attaques qui ont endommagé et affecté des structures d'accueil pour enfants. Dans un cas précis, le 2 octobre 2024, les forces de sécurité israéliennes ont attaqué l'orphelinat Al-Amal, situé rue Al-Wehda, dans la ville de Gaza. Selon un témoin, au moment des faits, l'orphelinat hébergeait 143 orphelins, dont 62 garçons et 81 filles, ainsi qu'environ 3 000 personnes déplacées, parmi lesquelles des centaines d'enfants déplacés. Vers 12 h 45, l'orphelinat a été bombardé, faisant neuf morts, dont quatre enfants, et onze blessés.
Conclusion du rapport : Israël poursuit le génocide du peuple palestinien
La commission mène des recherches depuis le 7 octobre 2023. En octobre 2024, cette même commission a enquêté sur les crimes de guerre commis par le Hamas. Les enquêteurs remarquent que le ministère de la Santé de la bande de Gaza, ainsi que l'État palestinien ont accepté de partager des informations à la commission internationale, tandis que l'État israélien ne leur a jamais répondu. Les autorités israéliennes jugent ce rapport « diffamatoire ». Une nouvelle occasion pour Israël de nier les crimes commis contre les Palestiniens, malgré les preuves accablantes.
Les enquêteurs concluent ce rapport de 94 pages en affirmant que l'État israélien poursuit son entreprise de génocide du peuple palestinien, en se fondant sur les critères définis en 1948 par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. « Sur la base des preuves examinées, et conformément à ses rapports précédents, la Commission conclut, sur la base de motifs raisonnables, que les autorités israéliennes et les forces de sécurité israéliennes ont continué à commettre le crime de génocide, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre dans la bande de Gaza, ainsi que des crimes de guerre en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. »
Au bout de près de deux ans de génocide en Palestine, Israël est devenu un État paria sur la scène internationale. Le rapport des Nations unies, institution qui a historiquement joué un rôle clé à l'échelle internationale pour légitimer la création et la perpétuation de l'État colonial, est une nouvelle illustration de cet isolement et révèle encore davantage l'ampleur des atrocités commises contre les Palestiniens.
Lire aussi : « Agression impérialiste du Venezuela : les illusions perdues du droit international »
Lire aussi : « Agression impérialiste du Venezuela : les illusions perdues du droit international »
Alors qu'Israël est de plus en plus isolé à l'échelle internationale et qu'il a subi une défaite stratégique et militaire face à l'Iran, malgré le soutien des États-Unis, il y a urgence à relancer la mobilisation pour en finir avec le génocide. Dans un moment de creux de la mobilisation, il s'agit d'utiliser comme levier la défense des réprimés en soutien à la Palestine.
Il y a ainsi urgence à s'organiser pour exiger la relaxe immédiate de toutes les personnes qui sont réprimées en raison de leur solidarité avec le peuple palestinien, comme les quatre militants britanniques emprisonnés pour avoir protesté contre l'entreprise d'armement israélienne Elbit System, ou Olivia Zemor, porte-parole d'Europalestine condamnée à deux ans de prison avec sursis.
Le 25 juin, Anasse Kazib, porte-parole de Révolution Permanente, sera en procès au Tribunal de Paris en raison de son soutien au peuple palestinien. Nous invitons tous nos lecteurs et toutes nos lectrices à se rendre en nombre aux rassemblements de soutien prévus dans toute la France le mercredi 24 et le jeudi 25 juin. Faisons de cette attaque le procès du génocide en Palestine et de la répression d'Etat.