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« À cause de l'inflation, les intérimaires touchent le fond » : billet d'un travailleur de France Travail

Fri, 19 Jun 2026 19:21:09 CEST

Révolution Permanente

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Alors que l'État multiplie les attaques contre les allocataires de France Travail et que l'inflation et le prix de l'essence touchent durement une grande partie de la population , nous publions le témoignage d'un travailleur de France Travail confronté quotidiennement aux conséquences des politiques d'austérité du gouvernement.

Je suis conseiller à France Travail depuis plusieurs années. Au fil des gouvernements, j'ai vu les effets concrets des politiques d'austérité menées contre le monde du travail. Réforme après réforme, les gouvernements de la macronie ont aggravé la précarité des travailleurs, en particulier celle des jeunes et de ceux en fin de carrière.

Le 26 mai dernier, une nouvelle attaque contre les droits des chômeurs a été votée. Pour les moins de 55 ans, la durée maximale d'indemnisation après une rupture conventionnelle passe de 18 à 15 mois. Pour les plus de 55 ans, elle est désormais limitée à 20,5 mois, alors qu'elle pouvait auparavant atteindre 22,5 mois, voire 27 mois pour les plus de 57 ans. Une offensive de plus contre les travailleurs, menée alors même que le chômage atteint son plus haut niveau depuis plusieurs années.

Comme toujours, ce sont les habitants des quartiers populaires et les personnes racisées qui en paient le prix fort. À cela s'ajoutent les lois anti-fraude du gouvernement, qui entretiennent un climat raciste à l'égard des plus précaires et contribuent à le banaliser jusque dans nos bureaux de France Travail.

Mais aujourd'hui, ce qui me frappe particulièrement, c'est la situation des intérimaires, notamment dans la logistique et le BTP. Chaque jour, en recevant des allocataires, je mesure l'ampleur des difficultés auxquelles ils sont confrontés. Les missions sont de plus en plus éloignées des lieux d'habitation. Dans le même temps, le coût de la vie explose.

Le prix de l'essence a fortement augmenté depuis le début de l'agression israélo-américaine en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz. Pourtant, les salaires, eux, stagnent voir régressent. Pour de nombreux travailleurs précaires, parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour se rendre sur un chantier ou dans un entrepôt devient tout simplement impossible.

Ces dernières semaines, plusieurs jeunes intérimaires m'ont confié qu'ils étaient contraints de refuser des missions. L'un d'eux m'a dit : « Je n'aurais jamais cru devoir refuser du travail parce que l'essence me coûte plus cher que ce que la mission me rapporte ».

Un autre me disait : « Avec l'inflation, je n'arrive plus à m'en sortir. Les prix de l'alimentation, du carburant et de l'électricité augmentent sans cesse alors que mes revenus n'ont pas bougé. Je vis dans l'incertitude permanente, tout comme ma famille ».

Pour beaucoup, l'intérim n'est pas un choix mais une nécessité. Ce sont des emplois précaires, soumis aux besoins fluctuants des entreprises et au bon vouloir du patronat. Derrière les statistiques de l'emploi, il y a des réalités brutales : pertes de logement, recours au crédit à la consommation pour finir le mois, angoisse permanente à l'idée de savoir si une mission permettra réellement de gagner de l'argent une fois les frais de transport déduits.

Voilà la réalité vécue aujourd'hui par des millions de travailleurs précaires dans la France de Macron.

Pendant ce temps, les grands groupes de l'énergie et leurs actionnaires profitent des tensions internationales et de la spéculation sur les prix pour faire des profits. D'un côté, l'État réduit les droits sociaux et durcit les conditions d'accès aux aides ; de l'autre, le patronat continue de se gaver et de nous attaquer.

Ce n'est pas à nous de payer l'austérité et les conséquences de leurs guerres, par contre c'est bien à nous d'aller leur arracher ce qui nous ont volé et ce qui nous est dû pour vivre enfin décemment.

© HJBC/Adobe Stock

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