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Militarisation : des présidents de région PS débloquent 100 millions d'aides pour l'industrie militaire

Fri, 19 Jun 2026 20:09:38 CEST

Révolution Permanente

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Les présidents socialistes des régions Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Bretagne ont annoncé, lors du salon Eurosatory, la dotation d'un fonds de plus de 100 millions d'euros pour les entreprises de la défense. Une fois encore, le PS joue un rôle central dans la militarisation et la course à la guerre.

À l'occasion du salon Eurosatory, grand-messe de l'industrie de l'armement européenne, les régions Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Bretagne ont annoncé, ce 17 juin, la création d'un fonds interrégional de 100 à 150 millions d'euros destiné à soutenir les PME de la Base industrielle et technologique de défense (BITD). Une nouvelle démonstration de l'engagement des pouvoirs publics dans la marche à la guerre, alors que les tensions impérialistes s'aggravent à l'échelle internationale et que les gouvernements européens multiplient les plans de réarmement.

Pour le patronat de l'armement, l'enjeu est désormais de profiter pleinement de la manne ouverte par la course à la militarisation. Une impatience qui transparaît dans les propos de Richard Forest, dirigeant de Seair, entreprise d'ingénierie navale lorientaise : « Dans la défense, il demeure difficile de financer les projets, surtout innovants. On nous demande l'état de nos carnets de commandes avant de participer à l'industrialisation d'un produit. Pendant ce temps, Américains ou Ukrainiens prennent les marchés ». Alors que les budgets militaires explosent partout en Europe, une partie des industriels français estime ne pas profiter suffisamment vite de cette situation et réclame davantage de financements pour accélérer l'industrialisation de sa production.

Des inquiétudes que le Parti socialiste se gargarise de satisfaire. En effet, le projet porté par les trois présidents socialistes vise explicitement à accélérer « l'industrialisation » des technologies liées aux drones, à l'intelligence artificielle, au spatial, à la cyberdéfense ou encore aux systèmes autonomes. Autrement dit, à renforcer les capacités de production des entreprises impliquées dans la fabrication des outils des guerres de demain.

Une annonce qui va ravir les géants de l'armement comme Safran, Thalès, Dassault, MBDA ou Airbus. Alors que le PDG de ce dernier appelle déjà à accélérer la réorientation de la production vers les activités militaires, les exécutifs régionaux viennent apporter leur contribution à l'effort de guerre en finançant le développement de toute la chaîne de sous-traitance. Cette aide aux PME renforce en effet l'ensemble du patronat du secteur, dont les grands groupes sous-traitent une partie de la recherche et de la production à des entreprises sous-traitantes qui exploitent leurs travailleurs dans des conditions d'autant plus difficiles. En renforçant les capacités de leurs fournisseurs, ils pourront augmenter leurs cadences de production et accroître encore les profits qu'ils tirent de la course au réarmement et des conflits en cours.

Le Parti socialiste au service de la militarisation

Comme mentionné plus tôt, ce projet est porté par trois présidents de région affiliés au Parti socialiste. Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional de Bretagne, déclarait ainsi : « J'appartiens à cette gauche qui n'a pas l'industrie – encore moins celle de défense – honteuse. C'est pourquoi nous participons à cette démarche, qui complète nos dispositifs existants. »

Rien de nouveau sous le soleil : les protagonistes de ce plan s'étaient déjà illustrés par leur passion pour l'armement. En mars 2025, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, avait déjà annoncé un plan de 200 millions d'euros de soutien et de développement des entreprises de la défense sur le territoire, voulant faire de l'Occitanie « un acteur clé du réarmement et de la souveraineté européenne, et la Région y contribuera ! ».

Le Parti socialiste avait également coécrit en début d'année le budget ultra-austéritaire porté par Sébastien Lecornu, qui augmentait de plus de 6,7 milliards d'euros les crédits de l'armée alors qu'en parallèle ce même budget entérinait plus de 17 milliards d'euros de coupes budgétaires dans les coupes. Avec ce nouveau projet, le Parti socialiste montre, s'il le fallait encore, son rôle d'accompagnateur des politiques de réarmement et dans la défense de l'impérialisme français.

Cette nouvelle initiative s'inscrit dans une tendance plus large. Partout en France, les régions entreprennent un tournant au service de la militarisation. En 2025, la région Auvergne-Rhône-Alpes avait annoncé un plan de 100 millions d'euros pour les industries de défense. En mars dernier, la Normandie a annoncé la création de Normandie Défense, un fonds doté de 5 millions d'euros.

Ce tournant militariste se fait sur le dos des travailleurs. Déjà, chez les géants de l'armement, les cadences explosent et les conditions de travail se dégradent. Mais plus largement, alors que les investissements militaires augmentent à grande vitesse, ce sont les coupes austéritaires dans les services publics qui servent à la financer. Alors que les classes dominantes cherchent à nous faire payer la crise et que le patronat a touché près de 3000 milliards d'euros d'aides depuis 1979, en euros constants, il y a urgence à construire une riposte qui défende la nationalisation sous contrôler ouvrier des entreprises du secteur militaire et leur reconversion vers les industries civiles. Une riposte qui doit articuler la lutte contre l'austérité à la lutte contre la militarisation et le consensus militariste qui règne du PS à l'extrême droite.

Crédits photo : Compte X @KNDS_France.

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