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Offensive raciste : le Parlement européen généralise l'externalisation des centres de rétention

Fri, 19 Jun 2026 20:42:17 CEST

Révolution Permanente

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Ce mercredi, le Parlement Européen a voté le règlement retour, dispositif législatif dans la lignée du pacte asile et migration. Un saut répressif et xénophobe inédit, qui est aussi une étape dans la convergence entre la droite, l'extrême droite et le bloc central.

Le 17 juin dernier à Bruxelles, sur les bancs du Parlement européen, les députés des groupes du bloc central à l'extrême-droite se sont félicités du vote du règlement retour en scandant le slogan nauséabond « Send them back »Send them back » en référence aux expulsions des étrangers qui seront facilités avec ce projet de loi. Le texte, voté quelques jours après l'entrée en vigueur du pacte asile et immigration en France, est un immense saut répressif dans la politique migratoire européenne. Il prévoit de nombreux dispositifs liberticides pour les reconduites hors des frontières européennes, et pour entraver les demandes d'asiles : restriction des possibilités de recours, rallongement de la rétention de 18 à 24 mois, y compris des enfants, avec un élargissement des motifs des rafles déjà effectuées dans les pays européens. Mais la mesure centrale de cette loi est la généralisation de l'externalisation des « hubs de retour », véritables prisons gérées par des pays tiers, hors Union Européenne, qui retiendront les étrangers expulsés du continent.

Une application du modèle italien de Giorgia Meloni, qui, en 2024, a passé un accord avec le gouvernement albanais pour la création de deux centres de rétention à Gjader et dans le port de Shengjin afin d'enfermer et d'expulser les étrangers arrêtés dans les eaux italiennes. Deux ans plus tard, des rapports pointent un fonctionnement « irrationnelle et illogique », avec des coûts disproportionnés comparés au nombre de personnes enfermées, mais qui engendre des conséquences psychiques et physiques dramatiques : un rapport rédigé par plusieurs ONG italiennes fait état de multiples tentatives de suicides et de cas d'automutilation des migrants enfermés. Un bilan témoignant qu'à l'heure du réarmement et de l'austérité, il y a un enjeu central pour les classes dominantes à proposer des mesures toujours plus radicales et violentes en matière d'immigration.

La loi, largement approuvée par le Parlement européen, avec 418 voix pour, 30 abstentions et 218 votes contre, est une nouvelle étape dans la convergence des forces d'extrême-droite, de droite et des blocs centraux libéraux. François-Xavier Bellamy a ainsi salué « une étape historique pour l'Europe » prouvant que « le changement est possible ». Pour faire voter son texte, l'eurodéputé LR a tout fait pour rallier l'extrême-droite qui se targue désormais de cette « alliance inédite des droites » et d'avoir obtenu un nouvel instrument sécuritaire au service de leur programme xénophobe. La droite et l'extrême-droite ont également pu compter sur le soutien du groupe Renew, réunissant les partis libéraux européens dont les députés de Renaissances d'Horizons : le vote a été marqué par des désaccords dans les votes, certains députés s'étant abstenus ou ayant voté contre. Des divergences qui traduisent des calculs politiciens en vue des élections présidentielles françaises.

De son côté, le gouvernement Macron s'est de son côté félicité de l'adoption de cette loi que la France a activement soutenue, tout en déplorant la façon dont celle-ci est passée, autrement dit par le vote de l'extrême-droite. Une position hypocrite illustrant la façon dont depuis presque dix ans, le macronisme mène des politiques migratoires alignées sur le discours et le programme raciste et xénophobe de l'extrême-droite : cette semaine, l'Assemblée Nationale a adopté une loi proposée par le député Charles Rodwell qui rallonge la durée de rétention maximale d'un étranger à 210 jours.

A échelle internationale, les gouvernants font la guerre aux migrants : militarisation des frontières, durcissement de l'accès à la régularisation et intensification des expulsions et de la rétention. L'impérialisme états-unien est à l'avant-poste de cette offensive : le second mandat de Trump est marqué par le rôle central joué par la ICE, et le pays multiplie les expulsions vers des pays tiers comme la Centrafrique ou le Ghana. Une politique migratoire dont la violence a nourri une grande colère sociale, qui s'est exprimée par le grand mouvement des habitants de Minneapolis au mois de janvier dernier, et par les récentes mobilisations des travailleurs de la Coupe du monde, qui lient lutte pour de meilleures conditions de travail et de salaires, à l'opposition à la ICE et aux expulsions. Une articulation dont le mouvement ouvrier européen devrait s'inspirer, dans un contexte de réarmement et des offensives austéritaires justifiée par des discours et un programme toujours plus réactionnaire qu'il est urgent de combattre.

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