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L'État interdit le concert de LFI à la Fête de la musique : une mesure autoritaire et très politique

Thu, 18 Jun 2026 10:45:50 CEST

Révolution Permanente

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À quelques jours de la Fête de la musique, la préfecture de police de Paris a interdit la tenue d'un concert organisé par La France Insoumise Place de la République, ce 21 juin. Pour justifier cette décision autoritaire, la Préfecture n'hésite pas à mentir ouvertement.

Ce mercredi 17 juin, la préfecture de police de Paris a publié un arrêté annonçant l'interdiction d'un concert organisé par La France Insoumise pour la Fête de la musique, ce dimanche 21 juin. Pour l'État, l'évènement, qui prévoit « des concerts antiracistes et des prises de parole » place de la République, à l'issue d'une manifestation appelée par la FI, serait une menace pour l'ordre public.

Les raisons invoquées pour justifier l'interdiction sont particulièrement scandaleuses. Outre des justifications formelles sur la déclaration juridique de l'événement, l'arrêté assume son caractère politique. Il évoque notamment la potentielle présence d'Assa Traoré et du Comité Adama affirmant que : « plusieurs rassemblements sur la voie publique organisés par Madame Assa TRAORÉ ont généré d'importants troubles à l'ordre public ». Et d'expliquer que « l'événement risque d'attirer un public particulièrement hostile aux forces de l'ordre et de donner lieu à la diffusion de propos appelant à la haine, à la discrimination ou à la violence », invoquant le slogan « Tout le monde déteste la police » chanté en manifestation.

En plus de ces attaques contre le Comité Adama, qui subit depuis de nombreuses années un acharnement judiciaire pour son combat contre les violences policières, le préfet de police de Paris s'attaque également à des artistes… dont la présence d'invités n'est même pas annoncée dans la programmation de l'évènement. A propos du rappeur Médine, qui n'apparait pas sur la liste des artistes présents, l'arrêté évoque « des paroles et prises de position controversées », avant de citer « le rappeur Soso Maness [qui] affiche régulièrement des messages hostiles aux forces de l'ordre, comme lors d'un concert en marge de la Fête de l'Humanité où il a lancé le slogan « Tout le monde déteste la police », repris en chœur par une partie du public ».

Des arguments aussi scandaleux que mensongers, qui soulignent combien cette interdiction est arbitraire et autoritaire. De fait, la décision de la Préfecture survient après plusieurs jours de campagne contre le simple fait que LFI organise un concert lors de la Fête de la Musique, impulsée notamment par le Parti socialiste, l'extrême-droite et les soutiens d'Israël sur les réseaux sociaux. Tandis que le président du Crif Yohann Arfi a dénoncé le concert, expliquant que « pour LFI, la musique n'est pas une fin, c'est un moyen au service d'un agenda politique », le maire PS de Paris Centre, Ariel Weil, a considéré que cet évènement était « la récupération d'un évènement festif ». L'ex ministre écologiste François de Rugy a également attaqué l'événement. Du côté d'Emmanuel Grégoire, un proche a déclaré au Parisien : « Il est outré de la récupération d'un événement populaire national à des fins politiques. Qu'aurait-on dit si le Rassemblement national avait fait cela ? »

Des attaques que la macronie s'est empressé de relayer. Ce jeudi matin, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, est venue appuyer le préfet de police de Paris en déclarant sur BFM-TV qu'il « prend cette décision pour protéger les Parisiens ». Et d'ajouter : « Nous avons été nombreux à dénoncer la tenue de ce concert très politique, dans un moment qu'on estime ne pas l'être ».

Alors que « l'approche de la prochaine élection présidentielle » est également invoquée, il n'y a aucun doute sur le caractère politique d'une telle attaque, qui symbolise une fois de plus l'autoritarisme profond du régime. Comme l'a dénoncé Elsa Marcel sur les réseaux sociaux : « après une campagne ridicule depuis plusieurs jours, cet arrêté révèle l'étendue du pouvoir arbitraire de l'administration qui interdit ce qu'elle veut sur des fondements toujours plus ridicules. La multiplication de ces attaques autoritaires est insupportable, il faut réagir collectivement à ces offensives anti-démocratiques incessantes. Soutien à la France Insoumise face à ce harcèlement scandaleux. »

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