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« Paz démission ! » : la solidarité avec la lutte du peuple bolivien se fait entendre à Paris

Thu, 18 Jun 2026 14:20:48 CEST

Révolution Permanente

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Ce mercredi 17 juin, un rassemblement de solidarité avec le peuple bolivien en lutte contre le gouvernement de Rodrigo Paz se tenait près de l'ambassade de Bolivie. Un évènement internationaliste au cours duquel Myriam Bregman, député du PTS en Argentine, Olivier Besancenot ou Anasse Kazib sont intervenus.

La rébellion du peuple bolivien contre le gouvernement de droite de Rodrigo Paz dure désormais depuis plus de 45 jours. Alors que le gouvernement pro-Trump tente de mettre fin aux puissantes mobilisations qui se poursuivent, un rassemblement de solidarité avec les classes populaires boliviennes en lutte était organisé ce mercredi 17 juin près de l'ambassade du pays à Paris. Cette initiative internationaliste, qui a rassemblé une centaine de personnes, a été impulsée par Révolution Permanente aux côtés de l'association France Amérique Latine et du NPA-L'Anticapitaliste. Étaient également présents des représentants de l'organisation bolivienne Wiphala, du NPA-Révolutionnaires, de la France insoumise et de la LTF.

La voix de solidarité qui s'est fait entendre ce mercredi est d'autant plus salutaire que la lutte en cours en Bolivie est totalement invisibilisée par les médias bourgeois français. Un silence qui témoigne d'une volonté politique d'occulter un cas exemplaire de mobilisation contre un gouvernement bourgeois radicalisé au service de l'impérialisme étasunien. Dans ce cadre, le rassemblement s'est ouvert sur l'intervention de Yanet, militante de Wiphala France, une organisation bolivienne, qui est revenu sur la situation et la lutte exemplaire des paysans, des travailleurs et des peuples indigènes : « Actuellement, les organisations sociales ont besoin de ce soutien international parce que le gouvernement a une carte dans les mains : la déclaration d'un état d'urgence pour persécuter les leaders syndicaux et pour réprimer, à l'aide de l'armée, les manifestants. Il y a sept régions, sur les neuf que compte la Bolivie, qui sont bloquées. »

Une lutte exemplaire, comme l'a expliqué Anasse Kazib au rassemblement : « Le peuple bolivien est en train de nous montrer comment on répond à un gouvernement qui veut vendre toutes les ressources naturelles aux grandes entreprises, qui fait exploser les coûts de l'essence, des services publics et qui tend la main au FMI. »

Cette mobilisation massive implique des secteurs très divers de la population. Si une militante du NPA-Révolutionnaires a pointé l'importance des « revendications des mineurs et des travailleurs des transports », le mouvement est également porté par une paysannerie combative et les peuples autochtones, directement visés par la loi 1720 qui vise à faciliter l'accaparement des terres au service de l'agrobusiness. En outre, cette rébellion populaire est un cas d'école d'une lutte où ce sont les travailleurs et les paysans eux-mêmes qui décident des actions et revendications, comme l'a rappelé Anasse Kazib : « Le peuple bolivien nous montre également à quoi peut ressembler une lutte qui s'auto-organise, qui débat sur les points de blocage ou dans les grandes assemblées populaires, et qui tient la bride aux bureaucraties syndicales. » Ce dernier a également envoyé sa solidarité face à la répression, évoquant les nombreux dirigeants arrêtés mais aussi le cas de Violeta Tamayo, correspondante de La Izquierda Bolivia et membre de la LOR-CI, organisation soeur de Révolution Permanente en Bolivie, qui mène un combat acharné pour renforcer la mobilisation face aux tentatives de négociations.

Là réside précisément le danger qui guette le mouvement : ce premier rassemblement de solidarité depuis la France intervient en effet en un moment crucial, où les directions syndicales de la COB tentent d'ouvrir des négociations avec le président Paz pour calmer la colère, en renonçant à la revendication de sa démission. Comme l'a noté Yanet de Wiphala France : « Certains disent que la confédération syndicale COB voudrait négocier. Mais les organisations paysannes et indigènes ne sont pas prêtes à céder et à négocier avec ce président : c'est un président qui ne tient pas sa parole. »

La solidarité qui s'est exprimée hier voulait faire entendre une voix internationaliste forte et défendre la conviction qu'une victoire du peuple bolivien contre Paz porterait un coup très dur à Trump et son plan de recolonisation de l'Amérique latine, qui réactualise les postulats réactionnaires de la doctrine Monroe. Comme l'a rappelé Myriam Bregman, député du PTS et personnalité politique la plus populaire en Argentine, « ce qui se joue en Bolivie n'est pas seulement le destin du peuple bolivien. Mais le destin de toute notre région, de l'Amérique latine. Depuis l'attaque du Venezuela en janvier Trump croit qu'il peut avancer sans obstacles dans la région. Il a redoublé son offensive contre le peuple cubain, il intervient directement dans les élections pour soutenir les candidats d'extrême droite. » Elle a également dénoncé la complicité des gouvernements dit progressistes avec Paz : « Les gouvernements qui se disent progressistes dans la région ont joué un rôle très grave. Claudia Sheinbaum au Mexique n'a rien dit et laisse que la répression se fasse, alors que Lula a donné son appui explicite à Paz. »

La lutte du peuple bolivien pourrait également avoir des répercussions en Europe. C'est ce qu'a rappelé Olivier Besancenot, porte-parole du NPA-L'Anticapitaliste : « Avec nos moyens militants on a une responsabilité pour que le mouvement ouvrier prenne position en faveur du soulèvement en Bolivie [...]. Les échecs et les victoires par-delà les frontières ont des incidences sur notre propre situation ici. Face à ce front d'extrême droite qui passe lui aussi les frontières, on a nous aussi nos responsabilités. »

Enfin, Pierre-Yves Cadalen, député LFI présent au rassemblement, a salué « la capacité de résistance » du peuple bolivien face à la « droite la plus dure » tout en souhaitant que la mobilisation serve de « point d'appui » pour que la « Bolivie soit gouvernée autrement et que change la politique. » Il est également revenu sur les élections en Colombie en s'inquiétant de la possible arrivée au pouvoir de l'extrême droite en adressant son soutien aux « camarades colombiens qui ont une autre bataille à mener sur un autre front : les élections. »

Alors que l'impérialisme nord-américain est affaibli par son recul important au Moyen-Orient, une victoire du peuple bolivien contre un président directement soutenu par le trumpisme serait une victoire pour l'ensemble des classes populaires latino-américaines. La lutte en Bolivie doit devenir un exemple contre tous les relais d'extrême droite des intérêts impérialistes dans la région, à commencer par Javier Milei en Argentine et Antonio Kast au Chili. C'est pourquoi il est d'autant plus vital d'étendre la solidarité, depuis la France et dans le monde entier, comme en Argentine où un rassemblement de soutien était également organisée par nos camarades du PTS, pour briser l'invisibilisation d'une mobilisation qui constitue la pointe avancée de la lutte des classes contre l'extrême droite et l'impérialisme étasunien dans la situation.

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