Sans accords ni réponses aux revendications populaires, le gouvernement et la COB poursuivent les négociations
Thu, 18 Jun 2026 15:48:36 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDans le cadre de la révolte qui secoue la Bolivie depuis bientôt 2 mois, le gouvernement et la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB) ont ajourné les négociations qui doivent reprendre ce jeudi. Jusqu'à présent, aucune réponse concrète n'a été apportée aux revendications qui ont alimenté près de 50 jours de mobilisation. Mario Argollo, dirigeant de la COB, a indiqué que la seule avancée obtenue a été la mise en place d'une commission juridique chargée d'examiner la situation des personnes détenues dans le cadre des mobilisations.

Cet article est initialement paru dans La Izquierda Diario.
Ce mercredi, le gouvernement de Rodrigo Paz et la direction de la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB) – principale organisation syndicale du pays – se sont rencontrés pour négocier. Si la réunion s'est conclue sans accord, les négociations ont été temporairement suspendues pour reprendre ce jeudi. Bien que les deux parties aient présenté cette réunion comme une avancée dans le dialogue social, aucune résolution concrète n'a jusqu'ici été annoncée sur aucune des revendications que les secteurs mobilisés, depuis près de 50 jours, ont portées dans chaque assemblée populaire et sur chaque point de blocage.
L'un des points soulevés par la COB lors de la rencontre serait la libération des dirigeants syndicaux détenus. Cependant, Paz a uniquement accepté de mettre en place une commission juridique pour confier au procureur général l'évaluation de la situation des prisonnier·es. Entre les mains d'une justice qui est précisément celle qui a procédé à des arrestations arbitraires par la séquestration et l'enlèvement de dirigeant·es et de militant·es mobilisé·es contre le plan austéritaire.
Depuis le début des négociations, le gouvernement a insisté sur la nécessité d'avancer vers la « pacification » et du retour à la normal dans le pays, une ligne qu'il renforce depuis plusieurs semaines à travers une intense campagne politique et médiatique visant à délégitimer la mobilisation en qualifiant les secteurs en lutte de vandales et de terroristes. Paz tente de faire croire que le conflit entrerait dans une phase d'épuisement et que les secteurs mobilisés seraient prêts à abandonner leurs moyens de pression. La réalité contredit pourtant ce récit. Les points de blocage se maintiennent malgré la répression et malgré les directions syndicales corrompues.
Bien que le gouvernement soit parvenu à ramener la direction de la COB à la table des négociations, la crise politique que traverse le pays se poursuit. Pour l'heure, la suspension temporaire des négociations laisse plus de questions que de réponses. Le gouvernement cherche à regagner de la stabilité et à renforcer l'idée que la situation commence à se normaliser. La direction de la COB, elle, mise sur l'obtention de réponses par la voie de ces négociations.
Les prochaines heures seront décisives pour savoir si les négociations aboutiront à des accords concrets ou si elle finira par devenir une nouvelle tentative ratée de canaliser un conflit qui, après plus d'un mois et demi de mobilisation, reste sans issue. Il ne faut accorder aucune confiance dans les négociations menées entre quatre murs et dans le dos des bases du mouvement. Il est nécessaire de renforcer les points de blocage et d'avancer dans la coordination de tous les secteurs en lutte. Il est temps de porter la mobilisation sur les lieux de travail et d'avancer pour rendre effective la grève générale illimitée avec arrêt total du travail.