Mort d'un jeune de 19 ans au travail pendant la canicule : la responsabilité du patron démontrée
Thu, 18 Jun 2026 17:40:07 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe 26 mai dernier, un homme de 19 ans est mort d'une hyperthermie alors qu'il travaillait sur le toit d'une maison. L'inspection du travail révèle qu'aucune mesure contre la canicule n'avait été mise en place par l'employeur. Un drame qui révèle à nouveau la responsabilité du gouvernement et du patronat dans la mort des jeunes au travail.

Fin mai, un homme de 19 ans est mort à la suite d'une hyperthermie, après avoir effectué des travaux sur le toit d'une maison à Ponet-et-Saint-Auban, dans la Drôme. Médiapart a eu accès à l'enquête de l'inspection du travail suite à sa mort, qui révèle la responsabilité de l'employeur. Le jour de sa mort, le site Weather Replay rapporte une température maximale de 29,1°C l'après-midi. Daniel S. n'avait rien à disposition pour faire face à la chaleur, et a travaillé sur des horaires classiques, de 8h à 18h avec une pause déjeuner. A la fin de la journée, l'inspecteur et le patron déclarent que le jeune travailleur a rejoint l'intérieur du camion, et disait se sentir mal et vouloir se rafraîchir. Son état ne s'est pas amélioré et il a été conduit en urgence à l'hôpital de Die, où il est décédé.
L'inspection du travail n'a relevé aucun accès à des installations sanitaires sur le chantier, c'est-à-dire aucune eau potable en grande quantité à disposition. Cela implique que les charpentiers devaient se procurer de l'eau par d'autres moyens : via une fontaine, chez un voisin, ou au dépôt, situé à dix minutes du lieu des travaux. L'inspection révèle encore qu'« aucune mesure de protection contre le risque de chute de hauteur n'était mise en place » sans aucun accès sécurisé pour « trois mètres de hauteur sans échafaudage, sans garde-corps, et sans harnais ».
La mort de Daniel S. n'a rien d'un accident de parcours. L'entreprise l'a fait travailler dans les conditions caniculaires du 26 mai, sans avoir assuré la moindre sécurité, et dans des conditions de travail très dégradées. Ce drame est aussi l'illustration de la responsabilité d'un gouvernement qui autorise l'embauche des jeunes toujours plus tôt, alors que 59 % des morts de moins de 25 ans surviennent lors de la première année de poste, selon un rapport de l'Assurance Maladie. La mort de Daniel S. n'a rien non plus d'un cas isolé : en avril un jeune ouvrier de 22 ans a trouvé la mort dans l'usine de Lustucru, le même mois, un lycéen âgé de 15 ans est décédé dans une entreprise de BTP dans le Gard.
Alors que la canicule est de retour en France, et qu'aucun plan contre la chaleur n'a été annoncé par le gouvernement, les travailleurs et les personnes les plus précaires sont en première ligne des dangers liés à la canicule. Il est primordial d'exiger d'en finir avec ces conditions de travail qui mènent à la mort, et d'exiger de véritables mesures de protection, et notamment la baisse des cadences de travail, la diminution du temps de travail ou encore un aménagement de sites de production adapté aux fortes chaleurs, mais aussi en cas de nécessité l'arrêt de la production non essentielle.