Canicule : le gouvernement fait l'autruche, il faut une réponse ouvrière pour protéger les travailleurs
Thu, 18 Jun 2026 17:44:18 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que la canicule fait son retour en France et que les températures pourraient dépasser les 40°C, le gouvernement joue la politique de l'autruche. Aucune confiance ne peut lui être accordée, il faut construire une réponse ouvrière et populaire à la hauteur des enjeux.

Alors que la France a connu une vague de chaleur historiquement précoce fin mai, la canicule est de retour en ce mois de juin. Les fortes chaleurs sont issues de la péninsule ibérique et d'Afrique du Nord, et entraînent une hausse importante des températures, qui pourrait dépasser les 40°C sur le territoire. « Le risque de canicule s'étend à une plus large partie du pays » d'ici la fin de la semaine, d'après Météo France. La majorité des régions françaises est concernée par des températures allant de 30°C à 35°C, avec des pics possibles à 37°C dans le Sud-Ouest notamment.
La Chaîne Météo explique qu'un scénario probable est celui de la persistance de la chaleur « plus durablement sur la France. (…) L'air océanique plus frais ne pourrait pas s'infiltrer sur la France et se trouverait repoussé plus au nord sur les îles britanniques. La chaleur resterait intense et durable avec une fiabilité encore limitée sur la sortie de l'épisode de forte chaleur ». Plusieurs départements ont ainsi été placés en vigilance orange depuis mercredi.
Aggravée par le réchauffement climatique, la chaleur a des conséquences toujours plus graves sur la santé de la population. En France, elle tue chaque année plus de 5000 personnes, selon une étude d'Oxfam, publiée ce mercredi 17 juin concernant l'impact du changement climatique sur la santé. D'après l'ONG, à l'été 2025, « la mortalité liée à la chaleur a été 31 % plus élevée dans les 10 départements les plus pauvres que dans les 10 départements les plus riches ».
Aussi, « le risque de surexposition aux fortes chaleurs est dix fois moins important pour les habitant·es des 20 % des quartiers urbains les plus favorisés ». Des chiffres qui soulignent les inégalités renforcées que vivent les travailleurs et les classes populaires en période de canicule.
Tandis que les travailleurs risquent leur vie, le gouvernement se contente de mesures de façade
Car tandis que ce sont les plus pauvres qui paient le prix fort, à l'image de ce jeune de 19 ans mort par hyperthermie en pleine canicule, à cause du non-aménagement de ses horaires de travail par son employeur, le gouvernement n'oppose que des annonces cosmétiques. Le « plan ministériel de gestion des vagues de chaleur » à destination des élèves et enseignants, présenté fin mai, ne propose aucune mesure de fond ni plan global de rénovation des établissements scolaires. Simplement une « cartographie » des établissements les plus exposés, et des modalités de « veille, d'alerte, de signalement et d'échanges d'informations ». La CGT Éduc'action explique : « Ce plan, par sa temporalité, son contenu et ses demandes (aux collectivités, à l'administration et aux personnels), est déjà caduc face aux urgences », et dénonce un « plan vide et inadapté », dans un communiqué du 16 juin.
Tandis que les élèves de terminale sont en plein examen du BAC, le gouvernement envisage que les épreuves se déroulent uniquement le matin. Au-delà d'une simple hypothèse, cette proposition est loin d'être à la hauteur, alors que la chaleur atteint plus de 30°C dès le matin dans de nombreuses villes.
Un plan « endurance » concernant les logements a également été présenté, mercredi 17 juin, par le ministre de la ville et du logement. Mais encore une fois, les mesures présentées ne sont que de façade. La Fondation pour le logement des défavorisés dénonce dans un communiqué, consulté par l'AFP, les propositions : « tout en vantant le fait que la France serait à la pointe de l'adaptation, il n'a fait aucune annonce réelle (…). Le gouvernement se contente des mesures existantes, et de quelques petites annonces floues, comme le recensement des logements sans protections solaires dans le parc social ».
Invitée sur France Info ce jeudi 18 juin, la ministre déléguée de l'Intérieur n'a pas évoqué la mise en place d'un plan d'urgence, mais seulement la potentielle interdiction d'événements festifs et sportifs : « L'objectif est d'être connecté à tous les organisateurs et d'avoir une vigilance particulière vis-à-vis des manifestations sportives et culturelles. Il n'y a pas, par principe, de volonté d'annuler, mais il y a une volonté véritablement d'être prêt et d'anticiper ». Une réponse administrative qui sacrifie les loisirs sans résoudre le problème sanitaire, tout en servant à masquer ses responsabilités.
À rebours de ces plans de façade et de ces discours hypocrites, et face à l'urgence climatique qui frappe en premier lieu les classes populaires, aucune confiance ne peut être accordée en ce gouvernement. À l'inverse, à mesure que les épisodes de canicule deviennent structurels, il devient urgent d'opposer une réponse ouvrière et populaire à la crise. C'est aux travailleurs de décider quand ils peuvent travailler et dans quelles conditions. Face aux chaleurs records, il faut imposer la baisse des cadences de travail, la diminution du temps de travail ou encore un aménagement de sites de production adapté aux fortes chaleurs, mais aussi, en cas de nécessité, l'arrêt de la production non essentielle.
Cela doit s'accompagner d'un plan de rénovation massif des logements, des espaces publics et des transports, qui soient financés en prenant dans les profits du patronat. La grande majorité sont en effet totalement inadaptés face à ces chaleurs, à l'image des annulations de trains et des coupures de climatisation. Cela pose directement la question de la mise sous contrôle ouvrier des sites de production : les travailleurs sont les plus à même d'aménager leurs lieux de travail et de repenser une production qui ne soit pas guidée par les logiques de rentabilité, mais par les besoins sociaux, seule issue face aux causes profondes du réchauffement climatique.
Crédits photo : Capture d'écran du site Tropical Tidbits