Retour

Pride à Montpellier : rejoins le cortège LGBTQI pour la Palestine !

Wed, 17 Jun 2026 20:38:51 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Alors que les gouvernements multiplient les attaques contre le mouvement de solidarité avec Gaza et contre les personnes LGBTI, nous appelons à rejoindre notre cortège commun de Du Pain et Des Roses et de BDS/UP à la Pride de Montpellier pour construire un front commun déterminé contre le génocide, l'impérialisme et les offensives réactionnaires contre nos droits.

Le mois des Marches des fiertés de cette année se déroule dans un contexte marqué par la poursuite du génocide à Gaza. Malgré les annonces répétées de soi-disant cessez-le-feu, les massacres n'ont jamais cessé : plus d'un millier de Palestiniens ont été tués depuis l'entrée en vigueur de la dernière « trêve ». La radicalisation toujours plus forte de l'État d'Israël s'illustre également par le vote début avril, d'une loi généralisant le recours à la peine de mort contre les Palestiniens. Aujourd'hui, alors que les États-Unis et l'Iran sont parvenus à un accord qui inclut notamment le retrait israélien du Liban et constitue un revers important pour Israël, Netanyahou pourrait être tenté de redoubler de violence contre Gaza afin de compenser cette défaite et de réaffirmer sa domination régionale, faisant peser la menace d'une nouvelle escalade du génocide en cours.

Dans le même temps, les gouvernements occidentaux intensifient toujours plus leur répression contre celles et ceux qui dénoncent ce génocide et expriment leur solidarité avec le peuple palestinien. Comme en Allemagne, où le soutien à Israël tient de la raison d'État, aux États-Unis, où Trump purge les universités et mobilise l'ICE pour réprimer le soutien à Gaza, au Royaume-Uni où l'organisation Palestine Action a été classée dans la liste des « organisations terroristes » et que plusieurs de ses militants ont été condamnés à des peines de prison allant de 5 à 7 ans suite à une action menée contre une usine d'un groupe d'armement israélien. En France aussi, la campagne de criminalisation se durcit avec les procès d'Anasse Kazib, Rima Hassan, Omar Alsoumi, la condamnation d'Olivia Zemor à 24 mois de prison avec sursis, la menace d'expulsion contre Ramy Shaath et bien d'autres encore, visant à faire taire toutes les voix de celles et ceux qui dénoncent la complicité des gouvernements occidentaux avec les crimes commis à Gaza.

Cette répression s'exprime aussi localement. À Montpellier, la mairie met beaucoup en avant son pseudo soutien aux personnes LGBTI à travers ses drapeaux arc-en-ciel et son slogan « Montpellier t'aime ». Pourtant, derrière cette image progressiste, elle poursuit une politique d'austérité et de renforcement sécuritaire, tout en s'illustrant par son acharnement contre des militants pro-palestiniens comme José Luis Moragues ou par le maintien de la Journée de Jérusalem. Une politique de pinkwashing qui instrumentalise les droits LGBTI pour masquer des politiques répressives, islamophobes et anti-sociales. Ce qui apparaît alors très clairement, c'est que Montpellier t'aime, à condition de ne pas être trop pauvre, trop musulman ou trop solidaire de la Palestine.

Cette offensive ne touche pas seulement le mouvement de solidarité avec la Palestine. L'aggravation des tensions internationales, la militarisation croissante des États et la progression de l'extrême droite alimentent partout des tendances réactionnaires. Face à la crise, les classes dirigeantes ont besoin de désigner des boucs émissaires, d'intimider toutes celles et ceux qui relèvent la tête face aux offensives réactionnaires, et pour ce qui est des oppressions patriarcales, en renforçant l'assignation aux rôles de genre traditionnels.

Les personnes LGBTI figurent parmi les premières cibles de cette offensive réactionnaire. Aux États-Unis, l'administration Trump a franchi un cap particulièrement inquiétant. Dans une feuille de route publiée en mai sur la lutte antiterroriste, les autorités fédérales désignent explicitement les organisations soutenant les personnes trans ainsi que les groupes de gauche radicale parmi les principales menaces intérieures du pays. Le document appelle à leur « identification » et à leur « neutralisation rapide », assimilant de fait les militants trans, leurs soutiens et une partie de la gauche à des menaces terroristes. Ce texte se conclut par une menace glaçante : « Si vous voulez faire du mal aux Américains, nous vous trouverons et nous vous tuerons ».

En France, la transphobie institutionnelle progresse également. Le gouvernement a rendu payante la procédure de changement d'état civil pour les personnes trans, les associations trans ont été écartées du groupe de travail de la Haute Autorité de Santé sur les mineurs trans, et les débats autour de la loi Rodwell participent eux aussi de cette offensive réactionnaire. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, ce texte s'en prend directement aux personnes trans en conditionnant le changement de prénom à l'état civil à la présentation d'un casier judiciaire et en empêchant les personnes trans étrangères d'effectuer ces démarches en France. Ces politiques ne restent pas sans conséquences mais contribuent à alimenter un climat de haine qui se traduit concrètement par une augmentation des violences LGBTphobes. Le meurtre homophobe de Noahm à Metz il y a quelques semaines l'a rappelé de manière tragique.

Face au génocide à Gaza, à la criminalisation de celles et ceux qui le dénoncent et aux attaques croissantes contre les personnes LGBTI, il est nécessaire de renouer avec la tradition politique des Marches des fiertés. Loin d'être de simples événements festifs, elles sont nées d'une révolte contre les violences policières et les discriminations. Des émeutes de Stonewall aux luttes contre le sida, le mouvement LGBTI s'est construit dans la confrontation avec l'État, les institutions réactionnaires et toutes les formes d'oppression. Retrouver les racines politiques de la Pride, c'est aussi renouer avec l'héritage du mouvement de libération homosexuelle né après Stonewall. Ce mouvement s'inscrivait dans la vague de radicalisation des années 1960 et 1970. De nombreux militants gays, lesbiennes et trans participaient aux mobilisations contre la guerre du Vietnam et voyaient leur combat comme partie intégrante d'une lutte plus large contre l'impérialisme. Ils avaient compris que les États qui bombardaient des peuples à l'autre bout du monde étaient les mêmes qui les réprimaient, qui contrôlaient les corps et qui les précarisaient.

Mais nous ne sommes pas condamnés à l'isolement ni à une posture défensive. Face à la montée de l'extrême droite, aux attaques contre les droits LGBTI, au génocide à Gaza et à la criminalisation de celles et ceux qui le dénoncent, il est au contraire nécessaire de faire converger nos luttes et de construire un mouvement LGBTI combatif, capable de s'inscrire dans un front large contre la guerre, l'impérialisme et toutes les formes d'oppression. L'histoire de nos luttes montre que les conquêtes n'ont jamais été obtenues dans l'isolement, mais grâce à la mobilisation collective. Nos Prides doivent être des fronts de lutte réunissant organisations politiques, syndicales, associatives, collectifs LGBTI, mouvement étudiant et mouvement ouvrier. Car seule une mobilisation capable de s'enraciner dans les lieux d'études, les quartiers et les lieux de travail peut espérer non seulement résister aux offensives réactionnaires, mais aussi arracher de véritables victoires.

C'est précisément cette perspective que nous voulons faire vivre dans les rues de Montpellier. Avec Du Pain et Des Roses et BDS/Urgence Palestine, nous allons faire un cortège Palestine offensif à la Pride de Montpellier. Nous appelons donc à rejoindre massivement notre cortège ce samedi 20 mai à 16 heures. Et parce que la solidarité avec la Palestine ne s'arrête pas au jour de la Pride, nous appelons également à participer massivement à la manifestation contre la Journée de Jérusalem le 27 juin à Montpellier.

/ / / / / / / / /