Censure des « Egypt papers » : l'État francais s'acharne contre les journalistes de Disclose
Wed, 17 Jun 2026 20:41:28 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalEn demandant la mise en examen d'une journaliste et la censure des révélations des « Egypt papers », le parquet général relance la répression contre le média Disclose. Une offensive qui vise à faire taire toute dénonciation du militarisme de l'État.

En ce mois de juin, l'acharnement de l'État contre Disclose a repris de plus belle. La semaine dernière, le media révélait que le parquet général demandait la réouverture de l'enquête à son encontre pour violation du « secret défense » dans les révélations contenues dans les « Egypt papers ». Le parquet exige également la mise en examen de la journaliste Ariane Lavrilleux, mais aussi la censure de tous les articles et vidéos en lien avec l'affaire ainsi que la convocation des co-signataires.
En novembre 2021, la journaliste lançait en effet une enquête indépendante qui mettait au jour des informations classifiées concernant l'« opération Sirli », une mission militaire française en Égypte présentée comme un dispositif d'appui à la lutte contre le terrorisme menée par le régime d'Al-Sissi. L'enquête démontrait que cette opération avait en réalité contribué à des frappes ayant visés des civils égyptiens et conduit à des exécutions arbitraires.
Ces révélations sur les exactions impérialistes made in France n'étaient toutefois pas du goût de l'État français. Peu après la publication des « Egypt papers », le parquet ouvrait une enquête à charge contre la journaliste par les services de renseignement intérieur, visant des chefs de « compromission du secret de la défense nationale » et de « divulgation d'informations susceptibles d'identifier un agent protégé ».
Dans le cadre de cette enquête, Ariane Lavrilleux a été placée sous surveillance, mise sur écoute et suivie dans ses déplacements. Elle est perquisitionnée le 19 septembre 2023, la police fouille alors ses ordinateurs, téléphones portables et carnets de notes. Le régime va jusqu'à la placer 39 heures en garde à vue. La justice avait finalement prononcé un non-lieu en octobre 2025. Mais la volonté du parquet de relancer l'enquête témoigne de l'acharnement répressif de l'État à l'égard du média indépendant.
Ce n'est pas la première fois que Disclose est dans le viseur du système répressif. En 2020 déjà, après la publication d'une première enquête sur une stratégie mise en place par le gouvernement pour réduire le contrôle démocratique (déjà faible) sur les ventes d'armes, le parquet de Paris avait confié à la DGSI le soin de mener une enquête sur le media.
Derrière la répression visant le média et Ariane Lavrilleux, c'est la possibilité même de contester le militarisme et l'impérialisme français qui se trouve remise en cause. Le mouvement ouvrier doit dénoncer cette répression, qui ne fait que défendre les intérêts du complexe militaro-industriel et consolider la domination de l'impérialisme sur les peuples opprimés. Construire une véritable solidarité entre les travailleurs en France et ces peuples implique de s'opposer aux interventions extérieures, d'exiger l'arrêt des ventes d'armes, le retrait des forces françaises déployées à l'étranger et la levée du secret sur l'ensemble des accords et traités qui permettent à l'impérialisme français de mener ses opérations à l'échelle mondiale.
Cette censure s'inscrit dans un tournant autoritaire général de l'État français, qui s'attaque à toutes les voix qui s'opposent d'une manière ou d'une autre à sa politique impérialiste, à commencer par celles qui dénoncent le génocide en Palestine. Il est urgent de faire front face à la répression dont sont victimes les journalistes de Disclose et qui devient de plus en plus dure. Solidarité !
Crédits Photo : Disclose.