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Fermetures d'usines, embauches dans l'armement : le capitalisme français accélère sa militarisation

Wed, 17 Jun 2026 21:02:07 CEST

Révolution Permanente

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Alors que le marché de l'emploi reflue et que les fermetures d'usines se multiplient, l'armement recrute. Une situation qui illustre la place croissante de l'économie de guerre, portée par les politiques militaristes du gouvernement et par une crise industrielle dont profitent les capitalistes de l'armement.

Une dynamique en fort contraste avec le marché global

Une étude du site Indeed publiée ce mardi 16 mars révèle que le volume de l'emploi des grandes entreprises de l'armement connaît une forte hausse en France et en Europe ces dernières années.

L'étude résulte d'une analyse menée sur les offres des cent premiers groupes mondiaux du secteur, et dans plus de 20 pays européens. La France concentre 33 % des offres, devant l'Allemagne et le Royaume-Uni. Lisa Heist, économiste au laboratoire de recrutement d'Indeed confirme « un changement de trajectoire à long terme ».
Parmi les métiers les plus recherchés, les profils techniques pour la production technique et mécanique arrivent en tête avec le développement de logiciels (respectivement 14,6 % et 14,7 % des offres).


Alors que le marché global de l'emploi a reculé de 13 % entre 2021 et 2026, l'industrie de l'armement a connu une augmentation de 55 % de ses offres d'emploi sur la même période. Une illustration éloquente des politiques austéritaires et des tendances à la récession économique sur fond de politiques militaristes et d'augmentation des conflits armés.

Le résultat direct du reflux économique et du retour des guerres

Cette hausse s'explique par l'augmentation des carnets de commande dans un contexte guerrier. En effet, un graphique publié dans le journal La Tribune montre que les pics de recrutement ont eu lieu autour du début de la guerre en Ukraine, et de l'agression impérialiste des États Unis en Iran début 2026.

De plus, dans une période de récession économique et alors que les usines ferment, jetant des centaines d'ouvriers sur le pavé, les industriels de l'armement jouissent d'une conjoncture favorable pour racheter des sites de production à bas coût et les reconvertir afin d'alimenter la machine de guerre.

Le secteur automobile par exemple, connaît une forte baisse d'activité ces dernières années. Face à la multiplication des plans sociaux et à la destruction de l'emploi, l'industrie de l'armement peut se positionner en secteur dynamique, fort de conditions favorables dues aux politiques militaristes, et reprendre à prix cassé un appareil productif prêt à répondre promptement aux exigences de l'économie de guerre prônée par le gouvernement. En 2025, Jérôme Garnache-Creuillot, PDG du groupe Europlasma, se félicitait du rachat de la fonderie de Bretagne, alors en redressement judiciaire, estimant que passer de la production de pièces automobiles à celles d'obus pouvait se faire facilement et permettre d'assurer rapidement une production immense de munitions. « Si on consacrait 50% de l'activité de Fonderie de Bretagne à la défense, on serait sur des bases de production de trois millions [d'obus par an]."

Alors que l'Assemblée nationale a récemment réinjecté 36 milliards d'euros dans le budget de l'armée, en retirant toujours plus de moyens aux services publics comme la santé et l'éducation, la hausse des dépenses militaires au niveau mondial sur fond d'explosion des conflits armés promet une croissance exacerbée des profits des industriels de la mort, qui ont engrangé des bénéfices records en 2025, permis par des années de cadeaux au patronat, et destinés à répondre aux ambitions militaristes de l'État français.

La guerre et l'armement ne sont pas les alliés des travailleurs

Tandis que certains membres du gouvernement comme le ministre du travail, Jean Pierre Farandou, se réjouissent cyniquement d'une reprise de l'activité industrielle et de la création d'emplois, la croissance économique du secteur de l'armement n'est en aucun cas une bonne nouvelle pour les travailleurs. Elle n'augure qu'une accélération des politiques austéritaires et de sacrifice des services publics, en ne produisant en retour que des emplois dégradés et précaires, pour servir les intérêts d'une bourgeoisie à la recherche d'une main-d'œuvre toujours plus flexible et corvéable.

Alors que le gouvernement ne cache plus ses intentions de préparer les travailleurs et la jeunesse à aller servir ses intérêts sur le front, en multipliant la propagande de guerre aux heures de grande écoute et jusque dans les écoles, il est nécessaire de construire une mobilisation antimilitariste forte, à la fois depuis les secteurs stratégiques comme l'industrie, les raffineries et les transports et depuis les universités.

La mobilisation des lycéens et des travailleurs de l'éducation à Marseille qui se sont opposés au mois de mars aux politiques austéritaires imposées dans l'éducation pour financer la guerre est une démonstration forte de la conscience et de la détermination de la jeunesse à s'opposer à la marche à la guerre. Le mouvement ouvrier doit se donner pour tâche de construire un mouvement internationaliste et antimilitariste d'ensemble qui s'attaque aux intérêts de sa propre bourgeoisie dans les centres impérialistes, contre le budget militaire et les cadeaux au patronat, pour des investissements massifs dans les services publics, la nationalisation et la mise sous contrôle ouvrier des sites industriels.

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