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Angoulême : un match de foot organisé pour exiger vérité et justice pour Alhoussein Camara

Tue, 16 Jun 2026 19:22:52 CEST

Révolution Permanente

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Le 14 juin 2023, Alhoussein Camara, jeune guinéen de 19 ans a été tué par la police d'un tir dans le dos, alors qu'il se rendait au travail. Trois ans après les faits, le collectif continue de réclamer vérité et justice autour d'un match de foot organisé le week-end dernier.

Ce samedi 13 juin, le collectif « vérité et justice pour Alhoussein Camara » appelait à un match revendicatif et commémoratif, demandant que justice soit faite. Cet appel, rejoint par de nombreuses organisations politiques de la ville, y compris Révolution Permanente, est le troisième depuis le meurtre du jeune angoumoisin. Une récurrence qui illustre une nouvelle fois l'impunité policière.

Le match s'est ouvert par des prises de parole de membres du collectif et proches d'Alhoussein. A., un ami d'Alhoussein, lisait ainsi : « Une société juste ne doit jamais considérer qu'avec le temps, la douleur disparait et que l'on peut tourner la page sans la vérité. Nous sommes ici pour dire qu'Alhoussein compte. Que sa vie comptait. Que son histoire compte. Nous sommes également ici pour soutenir celles et ceux qui continuent à demander que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort. C'est un droit fondamental. » Puis les équipes se sont formées – t-shirts « Alhoussein n°10 » dans le dos – pour un match de foot convivial, sport dans lequel le jeune guinéen plaçait ses espoirs et ses rêves, lui qui était surnommé le « Mbappé d'Angoulême. » Si cette journée permettait de commémorer sa mémoire, elle indiquait aussi que le combat n'est pas fini.

En 2023, des révélations de Médiapart remettaient clairement en question la version policière, en prouvant qu'Alhoussein a été tué d'une balle dans le dos. Des éléments qui contredisent la version du policier disant se situer à l'avant et justifiant l'interpellation d'un « refus d'obtempérer. » En ce sens, ce meurtre est le produit direct des lois sécuritaires et racistes de 10 ans de macronisme, mais aussi du hollandisme avant lui, qui votait en 2017 une loi favorisant l'utilisation d'armes à feu pour les « refus d'obtempérer », un véritable permis de tuer qui, dès 2020, a vu le nombre de meurtres policiers doublés lors des contrôles. Un arsenal judiciaire que Macron, en 2026, promet encore d'augmenter avec des mesures venues de l'extrême droite, tel que la « présomption de légitime défense. »

Comme un signe de cette violence d'état qui se répète, le même jour que se déroulait le match pour Alhoussein à Angoulême, il y en avait un autre à Toulouse, pour Bilal, père de famille de 34 ans, mort lui aussi après une interpellation policière, en 2025. Ce match toulousain est une victoire et démonstration d'unité des différentes organisations, alors que la mairie de Toulouse mène une réelle persécution contre le collectif, interdisant le match, les rassemblements pour Bilal et portant plainte contre le collectif pour diffamation. Ces différents crimes policiers, leur augmentation et l'impunité qui s'en suit démontrent le caractère profondément violent, répressif et raciste de l'état, bien décidé à harceler les quartiers populaires.

Dans le Grand Angoulême, la politique se fait aussi par la surenchère sécuritaire, en déployant toujours plus de caméras et d'effectifs policiers, jusque dans les bus, et de drones dans les airs, face aux rodéos urbains. A contrario, les moyens dans les quartiers populaires sont toujours plus attaqués comme les licenciements d'éducateurs de rue.

Finalement, si le collectif Vérité et Justice pour Alhoussein dénonce l'injustice d'une enquête qui patine, c'est que l'état et la justice s'illustrent ici dans leur rôle les plus réactionnaires et ne peuvent en aucun cas être des alliés. Les enquêtes ouvertes servent systématiquement à blanchir les policiers, aboutissant dans la majorité des cas à des « non-lieu » ou « sans-suite », alors que dans le même temps elle charge les victimes et réprime avec force les quartiers populaires, à l'image de la répression qui a suivi la victoire du PSG..

Dans le même tempo (encore une fois), le très récent retournement dans l'affaire de Nahel réouvre la possibilité d'un procès pour meurtre et constitue une première victoire, mais il doit donc être lu sous l'angle du rapport de force nécessaire pour faire reculer les institutions. Pour y parvenir, il est nécessaire de construire une riposte unitaire qui dénonce l'offensive sécuritaire en cours, le racisme d'état, les violences policières et exige vérité et justice pour toutes les victimes de la police.

Nous ponctuerons cet article avec une autre partie du discours prononcé ce samedi :
« A vous, sa famille, nous voulons dire que vous n'êtes pas seuls. Votre douleur est entendue. Votre détermination est respectée et votre quête de vérité mérite d'être soutenue. Nous savons que rien ne ramènera Alhoussein, mais nous savons aussi qu'oublier serait une seconde injustice. Alors nous continuerons de faire vivre sa mémoire. Nous continuerons de prononcer son nom. Nous continuerons à exiger que la vérité et la justice suivent leur cours ».

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