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Montpellier : ce mercredi 17 juin, soyons nombreux à défendre le Planning Familial menacé par l'austérité !

Tue, 16 Jun 2026 21:55:50 CEST

Révolution Permanente

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Pour la 3e année consécutive, le Planning de l'Hérault se retrouve en danger face à la cure d'austérité imposée par l'État. Faute de subventions à la hauteur des besoins, celle-ci appelle à une mobilisation ce mercredi 17 juin à 18h30, place de la Comédie, après avoir mené une campagne de dons pour sauver ses postes et ses activités.

Alors que les besoins ne cessent d'augmenter, avec plus de 23 000 bénéficiaires et plus de 6 000 interventions sur les questions d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) dans le département, le Planning Familial 34 est aujourd'hui étranglé par le manque de financements publics. Faute de budget, l'association a dû lancer un appel aux dons et pourrait être contrainte de fermer ses portes ainsi que de licencier ses 12 salarié·es d'ici la fin de l'année.

Si le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, clame son soutien au Planning Familial, les faits disent le contraire : à ce jour, il manque 120 000 € à l'association pour assurer l'ensemble de ses activités, contre seulement 7 000 € versés par la mairie de Montpellier.

Les insuffisances et baisses de financement touchent de nombreuses structures du secteur associatif à Montpellier. Le Centre de santé communautaire Human Santé reste toujours sous la menace d'une fermeture malgré leur victoire en février. Les alertes et les appels aux dons se multiplient face à l'austérité, à l'image de l'association Luttopia, qui gère un accueil de jour pour personnes sans-abri et lance actuellement un appel à la générosité publique : il lui manque plus de 50 000 euros pour pouvoir boucler l'année.

Ces situations désastreuses sont la conséquence directe du désengagement croissant de l'Etat dans les politiques sociales et de santé, avec des associations dépendantes des financements publics et confrontées à des baisses de subventions, au durcissement des conditions de travail de leurs salarié·es et à la dégradation de l'accueil des bénéficiaires.

En France, plusieurs Planning Familiaux sont menacés de fermeture, dans un contexte de généralisation des restrictions budgétaires et de fermeture de centres de santé sexuelle dans plusieurs départements.

Une offensive qui s'inscrit dans un contexte réactionnaire

L'austérité imposée par l'État s'inscrit dans des orientations budgétaires précises : diminution des financements des services publics, de l'éducation, de la santé et du secteur associatif, tandis que le budget de l'armée connaît une forte hausse, passant de 30 à 62 milliards d'euros entre 2017 et 2027.

À cet accroissement des moyens militaires s'ajoute un discours de plus en plus réactionnaire et guerrier, visant la mise au pas de la jeunesse et des femmes. Ainsi, l'État entend encadrer et orienter la jeunesse à travers un discours et des dispositifs militaristes, notamment via le Service national universel (SNU) et, désormais, le « service volontaire ».

Dans ce cadre, les uns sont préparés à accepter l'envoi au front, tandis que les autres sont assignées à assurer un « réarmement démographique », qui renforce le contrôle sur les corps à travers une politique nataliste.

À ce titre, les associations qui soutiennent les femmes et les minorités de genre, et qui remettent en question l'ordre patriarcal, constituent une menace pour cet ordre social. L'État a ainsi porté un coup important à des associations comme le Planning Familial en remaniant l'EVARS, le programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, qui représentait une part importante du financement de l'association.

Réduire l'intervention de structures comme le Planning Familial revient à attaquer directement les conditions d'émancipation des jeunes, des femmes et des minorités de genre. Ces structures assurent des missions d'écoute, d'accompagnement et de suivi sur les sexualités et la transidentité, ainsi que de prévention et de prise en charge des violences patriarcales.

Construire une réponse collective pour faire face à ces attaques

La mobilisation en soutien au Planning Familial, qui a réuni 800 personnes en dix jours pour récolter les 20 000 euros manquants, témoigne du soutien massif dont bénéficie l'association féministe. Celle-ci peut compter sur son implantation historique et sur le rôle central qu'elle joue dans la prévention et la prise en charge des questions liées à la santé sexuelle et reproductive ainsi qu'aux violences patriarcales.

Si cette solidarité est importante, elle montre aussi qu'il est possible de construire une mobilisation politique d'ampleur dépassant le seul soutien par le don individuel. À partir d'un soutien national via les réseaux existants, ou d'une coordination locale entre toutes les structures en danger face à l'austérité, il serait possible d'établir un véritable rapport de force entre l'ensemble des structures touchées par les politiques d'austérité et les institutions qui les étouffent.
À un plan d'austérité massif qui se fait à bas bruit et qui jette plus de 12 300 salarié·es d'associations au chômage, il faut opposer un plan de lutte par en bas, massif, bruyant et coordonné !

L'appel à un rassemblement du Planning Familial 34 ce mercredi 17 juin s'inscrit dans cette dynamique. Il porte la volonté de réunir les secteurs touchés, comme l'avaient fait les travailleurs sociaux l'an dernier avec la coordination du social contre les licenciements et les coupes budgétaires. Mais il s'agit d'aller plus loin, en construisant une coordination au-delà de ces seuls secteurs.

Face au démantèlement des services publics et à la montée des attaques réactionnaires, le mouvement féministe et LGBTI+ doit s'unir avec les travailleurs, travailleuses et usager·es de l'ensemble des secteurs concernés. Il est central de transformer ces mobilisations pour construire un rapport de force contre la guerre et les oppressions.

C'est pourquoi nous appelons, avec Du Pain et des Roses, à rejoindre la Pride radicale du 19 juin ainsi que la tête de cortège radicale lors de la Pride officielle le lendemain. Nous défendrons une Pride massive et politique, indépendante de l'État et des grandes entreprises, capable de rassembler largement autour de mots d'ordre anti-impérialistes et antimilitaristes, en soutien à la Palestine.

Soyons nombreuses et nombreux ce mercredi 17 juin à 18h30, place de la Comédie, pour exiger des moyens pour le Planning Familial et dénoncer le plan d'austérité guerrier et réactionnaire de Macron !

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