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Coupe du monde : à Toulouse, Moudenc instaure un couvre-feu pour préparer la répression de la jeunesse

Mon, 15 Jun 2026 17:27:03 CEST

Révolution Permanente

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La mairie de Toulouse a annoncé jeudi 11 juin l'instauration d'un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans dans le centre de la ville les nuits où se tiendront des matchs « à risque ». Une criminalisation répressive de la joie populaire, qui vise tout particulièrement la jeunesse racisée.

Lors d'un point presse organisé ce jeudi 11 juin, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a annoncé l'instauration d'un couvre-feu « de 22H00 à 05H00, pour des mineurs de moins de 16 ans qui ne sont pas accompagnés d'un majeur (...) dans un périmètre délimité du centre de Toulouse ». Cet interdit sera appliqué pour l'ensemble « des matches à risque » désignés par la mairie, à savoir tous ceux qui incluront l'équipe de France, mais aussi Brésil-Maroc, Ecosse-Maroc, Maroc-Haïti et Tunisie-Pays-Bas.

Une mesure qui ne dissimule même pas le racisme crasse qui l'accompagne. En effet, le choix tout sauf anodin de cibler les matchs dans lesquels jouent les équipes de Tunisie et du Maroc est équivoque : il s'agit de réprimer tout particulièrement la joie de la jeunesse d'origine maghrébine et à sous-entendre par avance que c'est spécifiquement elle qui serait fauteuse de troubles. Dans cette même logique raciste qui stigmatise la jeunesse des quartiers populaires, le maire de Toulouse interdisait le lendemain un tournoi de foot organisé par le Comité vérité et justice pour Bilal, en l'hommage de ce père de famille tué au cours d'une intervention policière.

Pour justifier le couvre-feu qui sera appliqué « en coopération avec la police nationale » et qui s'inspire d'un arrêté similaire promulgué par le maire de Clermont-Ferrand, Jean-Luc Moudenc a prétexté une « augmentation de la délinquance des mineurs ». En sous-texte, il s'appuie sur les événements survenus après la victoire du PSG il y a quelques semaines et surtout sur le discours politico-médiatique raciste qui les a entourés.

A cette occasion, la célébration de la victoire dans les rues franciliennes avait en effet été très durement réprimée par la police, qui n'avait pas hésité à provoquer une série d'affrontements violents avec les habitants. Des affrontements sur la base desquels les médias bourgeois, main dans la main avec les politiciens de droite, d'extrême droite et d'une partie de la gauche, avaient ensuite agité pendant des jours un discours ultra-sécuritaire basé sur une déformation complète de la réalité.

C'est donc en s'appuyant sur ce discours fallacieux que Moudenc entend lui aussi réprimer la joie populaire lorsque celle-ci aura l'audace de s'exprimer dans les beaux quartiers du centre-ville de Toulouse.

Face à ce couvre-feu raciste, le droit de la jeunesse à exprimer publiquement sa joie doit être à tout prix défendu le plus largement possible. En effet, il appartient à l'ensemble du mouvement social toulousain de ne pas rester passif devant cet arrêté que même les maires RN n'ont pas osé proposer dans leurs villes respectives. Et il ne faut pas être dupes : cette répression prépare le terrain et légitime par avance celle des prochaines mobilisations sociales qui animeront la ville en créant un climat de peur permanente qui réprime jusqu'aux expressions collectives de joie pour mieux banaliser les oppressions et l'exploitation.

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