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Coupe du monde : la FIFA efface la mémoire de la révolution du maillot haïtien

Fri, 12 Jun 2026 08:48:07 CEST

Révolution Permanente

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À quelques jours de la Coupe du monde 2026, Haïti a été contrainte par la FIFA de retirer son maillot qui rendait hommage à la bataille de Vertières, épisode fondamental de son indépendance. Une nouvelle étape dans un Mondial marqué par un durcissement autoritaire et xénophobe, porté conjointement par l'administration Trump et la FIFA.

Alors qu'Haïti s'apprête à disputer sa première Coupe du monde depuis 1974, l'équipe haïtienne a été contrainte de modifier en urgence son maillot. La raison ? Le maillot rendait hommage à la bataille de Vertières, victoire des anciens esclaves insurgés contre l'armée française en 1803. Un épisode fondateur de la révolution haïtienne, qui a mené à l'indépendance du pays. La FIFA invoque son règlement interdisant tout « message politique » pour justifier la censure.

Pourtant, tout en parlant de neutralité, la FIFA n'a aucun souci à accompagner la politique anti-migratoire de Trump. En juin 2025, l'administration Trump annonçait que les supporters haïtiens, aux côtés des supporters de 19 autres pays, ne seraient pas autorisés à entrer sur le territoire américain pendant la Coupe du monde. Ces dernières semaines, dès les premières arrivées des délégations, plusieurs actes racistes ont confirmé le durcissement xénophobe des contrôles aux frontières.

L'attaquant irakien Aymen Hussein a ainsi été retenu plusieurs heures par la police aux frontières avant d'être relâché sans explication claire, tandis que le photographe officiel de la sélection irakienne s'est vu interdire l'entrée, malgré son accréditation FIFA. Dans le même temps, l'arbitre somalien Omar Artan, pourtant désigné pour officier durant la compétition, a été arrêté puis expulsé vers la Turquie. Plusieurs délégations, dont celles du Sénégal et de l'Ouzbékistan, ont également été soumises à des fouilles et contrôles humiliants dès leur arrivée sur le sol américain.

Ces événements confirment que l'administration Trump, main dans la main avec la FIFA, utilise la Coupe du monde comme levier de la promotion d'un projet sécuritaire et raciste. Une politique qui s'inscrit dans la continuité d'un football entièrement soumis aux intérêts des grandes puissances, où les peuples dominés sont tolérés sur le terrain, à condition de taire leur histoire et de se passer de leurs propres supporters.

Dans contexte où l'hégémonie étasunienne traverse une crise historique qui s'accompagne d'un regain des idées anti-impérialistes, s'en prendre au maillot de l'équipe haïtienne n'a rien d'anodin. Haïti demeure en effet le symbole historique d'une révolution victorieuse menée par des esclaves et anciens esclaves, qui ont mis en échec la domination impérialiste et coloniale de la France et de la Grande-Bretagne. Difficile de ne pas voir dans l'effacement forcé de cette mémoire un projet : faire oublier qu'il est possible pour les opprimés de se soulever et de vaincre.

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