Retour

Bolivie : Mario Agollo de la COB refuse d'appeler à la démission de Paz et temporise

Fri, 12 Jun 2026 15:48:18 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Dans la nuit de mercredi à jeudi, après l'importante manifestation organisée par les syndicats boliviens, le secrétaire général de la COB Mario Argollo est réapparu pour répondre à une interview accordée à RTP Bolivia, au cours de laquelle il s'est dissocié de la principale revendication de la manifestation populaire, à savoir la démission de Paz, et s'est défaussé de ses responsabilités sur la base.

Article initialement paru dans la Izquierda Diario Bolivia, le journal de la Ligue Ouvrière Révolutionnaire, la section bolivienne du Courant Révolution Permanente.

La mobilisation de ce mercredi a rassemblé dans les rues de la capitale La Paz près de 50 000 femmes, mineurs et paysans d'El Alto qui ont répondu à l'appel du syndicat majoritaire des petits paysans Tupac Katari et de la Centrale ouvrière bolivienne.

La répression de la mobilisation a été brutale. Des manifestants ont été arrêtés par des policiers en civil, frappés et aspergés de gaz lacrymogène, y compris notre camarade Violeta Tamayo qui a été gravement blessée. Cela n'a toutefois pas découragé les manifestants, qui continuent de faire monter la pression sur le terrain.

Pourtant, cette réussite importante ne semble pas inspirer le principal dirigeant de la Centrale ouvrière bolivienne, Mario Argollo. Interviewé mercredi soir sur RTP Bolivia, ce dernier a préféré profiter du micro tendu pour rejeter la revendication pourtant majoritaire dans le mouvement de la démission de Paz et pour justifier à nouveau la négociation de son syndicat avec le gouvernement en janvier, qui lui avait valu de nombreuses accusations de trahison.

Il a ensuite affirmé que la mobilisation et ses suites dépendent de ce que décideront les militants de base. En revanche, il n'a pas abordé un seul instant le sujet de la grève générale avec arrêt effectif du travail, une mesure qui permettrait pourtant de sortir de l'impasse actuelle et de faire échouer les politiques pro-impérialistes du FMI que Rodrigo Paz veut imposer.

Si Argollo veut, comme il l'affirme, que ce soit la base qui décide, alors il doit convoquer des assemblées ou des séances plénières de tous les syndicats affiliés et des organisations minières ; c'est la seule façon pour que ce soit effectivement la base qui décide.

Aujourd'hui, pour que la mobilisation avance, il ne sert à rien d'hésiter ou de se défausser de ses responsabilités sur les bases, une rhétorique qui sert en réalité à ouvrir une brèche pour de nouvelles négociations. Au contraire, il faut que les contingents ouvriers du pays, en particulier les mineurs, rejoignent la mobilisation par un arrêt de travail effectif.

Ce n'est pas le moment d'hésiter ni de quitter son poste. Alors que le gouvernement prépare son appareil répressif, il est au contraire temps de réagir et de mobiliser toutes les forces ouvrières du pays. Les dirigeants de la COB ne peuvent continuer à cacher à des milliers de camarades à travers le pays, sur les barrages, au sein des communautés, et surtout aux mineurs, que les mesures qui frappent aujourd'hui les communautés paysannes et les quartiers populaires frapperont demain encore plus durement ceux qui bénéficient de certaines conquêtes sociales par rapport au reste de la population, comme c'est le cas dans le secteur minier.

D'ailleurs, bon nombre de travailleurs ont envie de rentrer dans la bataille et attendent de leur syndicat qu'il joue son rôle pour coordonner leur lutte à l'échelle nationale. Le Syndicat mixte des travailleurs miniers de Huanuni a par exemple déclaré ce jeudi soir que si Argollo appelait à manifester à La Paz, il répondrait à l'appel, et qu'il fallait que cet appel se concrétise sans plus attendre ! Il faut que la direction de la COB mette enfin en œuvre la grève générale décrétée le 1er mai dernier et joue son rôle de direction et de coordinatrice de la lutte qu'elle fuit sans cesse jusqu'à présent.

/ / /