Le Mans : Barbara Butch au festival Plein Champ, symbole du pinkwashing de la mairie PS
Fri, 12 Jun 2026 17:05:50 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe 4 juillet prochain, la DJ queer Barbara Butch est programmée au festival Plein Champ, au Mans, à l'initiative de la mairie PS. La présence de cette signataire d'une tribune en soutien à la loi Yadan est à l'image de la politique de pinkwashing menée par le maire Stéphane Le Foll.

Stéphane Le Foll, ancien ministre de François Hollande et maire socialiste du Mans, est à l'initiative de Plein Champ, un festival de street art se tenant pour sa 8ème édition cette année. Chaque année, un·e artiste LGBTI se produit sur la scène de Plein Champ, après la Marche des fiertés ayant lieu plus tôt dans l'après-midi. Cette fois-ci, la DJ Barbara Butch sera la tête d'affiche de la soirée du 4 juillet prochain. Une invitation qui illustre bien la stratégie de pinkwashing de la mairie PS, et sa volonté de faire du Mans une vitrine culturelle, en faisant passer au second plan les besoins de la population.
La DJ et militante queer Barbara Butch n'hésite en effet pas à s'afficher au côté du Parti socialiste et à participer au projet de pinkwashing de la macronie. Lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, elle est notamment apparue aux côtés de plusieurs drag queens, dans un spectacle critiqué comme une célébration hypocrite des identités LGBTI. Pour le gouvernement, l'objectif de la cérémonie était de se donner une image moderne, inclusive et progressiste, dans une période de profonde crise politique.
À Paris, Barbara Butch a également récemment remporté l'appel d'offre pour l'organisation de la « Nuit Blanche », samedi 6 juin dernier, pour laquelle une importante campagne de communication a été menée aux côtés d'Emmanuel Grégoire, nouveau maire PS de Paris. Les mots d'ordre de la soirée, une « fête de l'amour » qui « fédère » et « n'a pas de frontières », ont tenté de masquer la politique austéritaire et répressive du Parti socialiste. Car derrière les slogans consensuels et les campagnes de communication inclusives, la réalité de la politique du Parti socialiste est tout autre. Expulsion des mineurs isolés de la Gaîté Lyrique sous le mandat PS d'Anne Hidalgo dont Emmanuel Grégoire était l'adjoint, orientation sécuritaire assumée, promesse de renforcer encore les effectifs de police municipale... Un ensemble de mesures à l'opposé des intérêts des femmes, des personnes LGBTI, de la jeunesse et des classes populaires.
Dans le même temps, Barbara Butch a affiché son soutien à la loi Yadan en avril 2025, en signant une tribune de soutien à ce texte qui visait à criminaliser les soutiens à la Palestine et à assimiler antisionisme et antisémitisme. Emmanuel Grégoire en était par ailleurs un co-signataire, avant de retirer son nom. Apporter son soutien à cette loi répressive va profondément à l'encontre des soutiens à la Palestine, et illustre une nouvelle fois le rôle politique que jouent certaines figures institutionnalisées des luttes féministes et LGBTI, comme Barbara Butch.
Loin de ce pinkwashing, les luttes queer ne doivent pas être les accessoires festifs d'un pouvoir qui expulse, enferme et réprime les mobilisations, les jeunes et les personnes étrangères. Elles ne peuvent pas servir de caution morale à un gouvernement qui casse les services publics, les hôpitaux, mais finance l'armée par milliards d'euros. Au contraire, les fiertés sont nées de révoltes, de luttes radicales contre la police, contre l'État et contre toutes les formes d'oppression.
Avec Révolution Permanente et le collectif Du Pain et des Roses, nous serons présent·es lors de la Marche des fiertés et porterons haut et fort des mots d'ordre anti-impérialistes et antimilitaristes, contre le pinkwashing et la récupération des luttes queer et LGBTI par l'État. Nous devons renouer avec l'héritage des révoltes de Stonewall et leur refus radical d'un État policier qui n'a de cesse de nous réprimer. Nous manifesterons contre la répression et l'assimilation de toute critique d'Israël à de l'antisémitisme, à l'image du projet de loi Yadan, et allons exiger la relaxe pour tous les soutiens de la Palestine réprimés par l'État. Rejoins notre cortège pour dénoncer l'instrumentalisation de nos luttes au service des guerres impérialistes et des politiques racistes des classes dominantes et défendre une lutte queer résolument anti-impérialiste et révolutionnaire !
Crédits photo : capture d'écran France Télévisions.