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Affaire Lyhanna : l'État n'est pas notre allié face aux violences faites aux enfants

Thu, 11 Jun 2026 14:59:10 CEST

Révolution Permanente

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Face à la mort de Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte dans le Gers, les réactions politiques se multiplient. Alors que la droite et l'extrême droite réclament un saut sécuritaire et répressif, la gauche et le féminisme institutionnel appellent à donner davantage de moyens à la justice et à l'adoption d'une loi-cadre. Mais l'État et sa justice sont-ils nos alliés dans le combat contre les violences faites aux enfants ?

Un drame qui met en lumière les violences patriarcales sur les enfants

Ce lundi, des milliers de personnes étaient rassemblées devant les tribunaux dans plus de 200 villes du pays, en mémoire de Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte dans un silo à grain près de Lectoure dans le Gers. Initialement appelés par la comédienne Andréa Bescond sur les réseaux sociaux puis relayés par la Fondation des Femmes, en lien avec sa campagne pour une loi-cadre contre les violences sexistes et sexuelles, ces rassemblements avaient une forte dimension spontanée. Loin de se limiter à la revendication d'une loi en particulier, ils sont l'expression d'une colère très large et profonde face à un meurtre vécu comme « l'injustice de trop », la foule réclamant des comptes à un État et une justice jugés « dysfonctionnels », sous les slogans « Darmanin démission ! ». À Paris, suite à l'interdiction du rassemblement place Vendôme, les manifestant·es, en grande majorité des femmes, ont forcé le dispositif de sécurité pour tenter de s'engouffrer dans le Ministère de la justice. La police a répondu par la matraque sur des mères de familles qui scandaient « protégez nos enfants », donnant lieu à des vidéos virales sur les réseaux sociaux. À Toulouse, l'entrée du Palais de justice a été verrouillée par l'abaissement d'une grille pour empêcher tout débordement.

Au cœur de la colère dans les rassemblements, le fait que le meurtre de Lyhanna aurait pu être évité. Si les circonstances exactes de sa mort restent à déterminer, le principal suspect était connu des services de justice pour des faits de viols sur mineure sans avoir jamais été condamné. Âgé de 41 ans, c'était un père de famille dont l'une des deux filles était une camarade de classe de Lyhanna. Son nom revient dans neuf dossiers de justice, et au moins quatre procédures avaient été entreprises à son encontre, dont deux classées sans suite par la justice : en 2017, un premier signalement classé sans suite pour avoir entretenu une relation avec une jeune fille âgée de 17 ans ; en 2021, un licenciement du lycée dans lequel il travaillait à Lectoure en tant qu'agent d'entretien pour « comportement inapproprié envers une lycéenne », n'ayant pas été signalé à la justice ; en 2022 une première plainte pour viol sur mineure classée sans suite ; en 2025, une seconde plainte pour viols sur mineurs toujours en cours, dont la dernière attache téléphonique remonte au 23 janvier de cette année. Dans un entretien accordé à BFM TV, la mère d'une fille ayant porté plainte pour viol contre le principal suspect du meurtre de Lyhanna affirme avoir été menacée par les policiers chargés de l'affaire d'une main courante si elle continuait à contacter le commissariat. Une chronologie accablante, qui illustre le traitement par l'Etat des violences faites aux enfants.

Ce drame et la forte émotion qu'il a suscité au sein de la population, a ouvert une crise pour le gouvernement, venant le fragiliser. L'exécutif a ainsi été contraint de s'exprimer, à commencer par Emmanuel Macron, le premier ministre Lecornu ainsi que son ministre de la Justice Gérald Darmanin. Invité au JT de TF1 vendredi 5 juin au soir, ce dernier a reconnu « des défaillances dans l'organisation du service public de la justice », expliquant que « l'institution judiciaire n'a pas su protéger cette petite fille » et présentant « [ses] excuses à cette famille et aux Français qui sont légitimement choqués, terrifiés de voir de telles défaillances ». Mis au pied du mur, le gouvernement cherche depuis à canaliser la colère en s'engageant à amender le projet de loi sur la protection de l'enfance et à reprendre à son compte la proposition de loi intégrale transpartisane issue de l'alliance entre la gauche et le bloc central, visant à renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Darmanin a de son côté lancé une enquête interne sur les responsabilités ayant mené à cette situation et exige la revue de 70 000 plaintes concernant des enfants d'ici au 14 juillet. En chargeant les magistrats, le ministre de la Justice cherche à sauver sa peau, tandis que le gouvernement a annoncé son intention de porter la peine encourue pour les auteurs de viols commis sur plusieurs victimes mineures de 20 ans de réclusion criminelle à la perpétuité.

Le gouvernement et la droite appellent à une surenchère répressive

Pour la droite, le drame de l'affaire Lyhanna est avant tout l'expression du « laxisme » du gouvernement Macron. Dans une logique de surenchère, Bruno Retailleau, président de LR et candidat aux élections présidentielles, appelle à créer « une cour disciplinaire » pour sanctionner les magistrats qui refuseraient d'appliquer la loi en ne priorisant pas les affaires de violences sur mineurs. Une proposition autoritaire, qui vise avant tout à renforcer le contrôle de l'exécutif sur la justice. Affirmant vouloir lutter contre les violences sexuelles, le chef de la droite plaide également pour rendre obligatoire la « castration chimique » des personnes condamnées pour pédocriminalité. Une mesure qui, en plus de n'avoir aucun sens d'un point de vue médico-social [1], s'inscrit dans une logique de réponse coercitive et médicalisée aux violences sexistes et sexuelles.

Dans une rhétorique plus classique de la droite et de l'extrême-droite, lutter contre les violences sexistes et sexuelles passe avant tout par un durcissement de la répression. Ainsi, plusieurs élus de droite instrumentalisent le meurtre de Lyhanna pour appeler à renforcer les peines, dans une perspective carcérale : supprimer les aménagements de peine, mettre en place des peines planchers, allonger les condamnations pour viol pour les pédocriminels, condamner les coupables à la réclusion criminelle à perpétuité... Cette dernière mesure a ainsi été reprise ce mardi par le gouvernement. La droite cherche également à s'appuyer sur ce type d'affaires pour exiger plus de moyens de répression pour la justice pénale : embaucher des procureurs, des policiers, des juges, etc. Autant de poncifs que la droite et l'extrême-droite mobilisent pour se distinguer des propositions macronistes, dans une logique de surenchère autoritaire et pénale à l'approche des présidentielles. Le RN a ainsi annoncé vouloir faire de la protection des enfants une « grande cause de la présidentielle ».

De son côté, le collectif fémo-nationaliste Némésis entend profiter de ce drame pour propager ses idées nauséabondes. Ayant annoncé participer aux rassemblements en mémoire de Lyhanna, sans oser apparaître à drapeaux déployés, des militantes du collectif se sont faites remarquer à Toulouse. Une partie de la foule a dénoncé leur tentative de récupération de ce drame à des fins réactionnaires, repoussant des militant·e·s de Némésis sous escorte de la police, en chantant « solidarité avec les enfants du monde entier ». À Paris, au lieu de leur mode opératoire provocateur habituel, elles ont choisi de se fondre dans la foule, ne publiant qu'a posteriori plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux.

Dans les jours à venir, il sera décisif de ne pas laisser la droite et l'extrême-droite instrumentaliser cette affaire terrible au service de son projet sécuritaire et xénophobe, et le fait que des militantes de Némésis ou des figures du Rassemblement national aient pu apparaître aux rassemblements pour Lyhanna à Marseille, Paris et Montpellier doit servir de signe d'alarme. La logique carcérale, qui promet d'enfermer un nombre toujours plus important d'hommes avec des peines toujours plus longues et violentes, n'apporte aucune solution au problème des violences patriarcales et tend au contraire à les renforcer en favorisant la récidive (désocialisation des détenus, violences sexuelles en prison, précarisation et stigmatisation des conjointes et enfants de détenus, etc...) [2]. En réalité, la droite et l'extrême-droite ne s'intéressent aux violences sexistes et sexuelles que quand elles leur permettent de s'en prendre aux étrangers, aux musulmans ou aux classes populaires en général. Avec un programme qui consiste à faire payer la crise aux travailleurs tout en prônant un retour aux valeurs patriarcales centré sur la famille nucléaire et les rôles sociaux de genre, ces forces politiques réactionnaires sont les premières responsables de la perpétuation des violences faites aux femmes et aux enfants.

Des moyens pour la justice, mais pour quoi faire ?

À rebours des positions de la droite et de l'extrême-droite, la gauche place la question du « manque de moyens » alloués à la justice au cœur de sa critique. Le député PS du Gers David Taupiac affirme que le tribunal d'Auch en charge de l'affaire serait « confronté à une pénurie de magistrats et de greffiers, ainsi qu'à des dysfonctionnements informatiques répétés » ayant « perturbé le travail de la justice ». Pour LFI, qui appelle Gérald Darmanin à démissionner, l'affaire Lyhanna appelle donc « des réponses politiques à la hauteur pour donner les moyens nécessaires aux enquêteurs sur ces sujets alors que le gouvernement n'a fait que les couper », la députée Mathilde Panot allant jusqu'à dénoncer une « clochardisation de la justice » - alors que son budget a augmenté de près de 60% depuis 2017.

Placer le débat sur la question des « moyens » revient à considérer que rendre la justice plus « fonctionnelle » permettrait de mettre fin aux violences faites aux enfants. Or, une telle approche tend à occulter le caractère profondément politique de l'institution judiciaire. Elle réduit la discussion à une simple question d'efficacité administrative, sans interroger le rôle de la justice dans la préservation de l'ordre social existant, notamment à travers la protection de la propriété privée, ainsi que la reproduction des rapports de domination racistes et patriarcaux propres à la société capitaliste. Loin d'être un instrument au service des plus faibles, la justice pénale constitue l'une des armes privilégiées par l'État pour réprimer la population et contenir la colère sociale. Si les tribunaux sont engorgés, ce n'est pas à cause du manque de magistrats, mais parce que les salles d'audience sont pleines de jeunes et de travailleurs pauvres qui comparaissent pour des faits de plus en plus criminalisés et réprimés, comme des « infractions » liées aux stupéfiants ou des atteintes aux biens, qui représentent à elles deux environ 30% des infractions pénales. Il s'agit d'un contentieux du quotidien, naturalisé par des lois toujours plus répressives et un renforcement des effectifs et du pouvoir de la police dans les quartiers populaires, destinés à mâter une population qui aurait bien des raisons de se soulever.

Au-delà de la question des « moyens », la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants met en lumière le rôle de la justice dans la société capitaliste, qui est loin d'être neutre. Si la justice met des années à répondre à des signalements pour violences sexuelles, elle sait en revanche mobiliser des moyens exceptionnels lorsqu'il s'agit de « maintenir l'ordre » : l'État agit très vite et très fermement pour réprimer la jeunesse des quartiers populaires. C'est le cas, par exemple, lorsqu'il s'agit de déferrer des centaines de jeunes, bien souvent mineurs, sortis fêter la victoire du PSG dans les rues de Paris ou le concert de Jul au Vélodrome. Dans les révoltes qui ont suivi le meurtre policier de Nahel en 2023, c'est une véritable machine judiciaire qui s'est abattue sur la jeunesse, avec 1787 peines d'emprisonnement prononcées sur 4000 personnes arrêtées en 8 jours. La justice ne « dysfonctionne » pas quand il s'agit de perquisitionner des militants ayant manifesté publiquement leur soutien à la Palestine, comme le montre la série de procès en cours pour « apologie du terrorisme », à l'image du cas d'Anasse Kazib en procès le 25 juin. En ce sens, revendiquer « plus de moyens pour la justice » n'est pas anodin : cette revendication entretient l'idée d'une justice neutre, alors qu'elle constitue un pilier de l'ordre bourgeois, raciste et patriarcal. Un débat qui mérite d'ailleurs également d'être posé à l'extrême-gauche, avec des organisations comme Lutte Ouvrière [3].

Voir aussi : À quoi sert vraiment la prison ? Avec Gwenola Ricordeau et Elsa Marcel

L'impasse de la justice pénale et la nécessité d'une réponse féministe indépendante de l'État

Si les propositions de réforme du système pénal portées par la gauche, telles que l'introduction d'une infraction d'inceste et l'imprescriptibilité des violences faites aux enfants, ont le mérite de visibiliser des sujets encore largement tabous dans la société, elles s'inscrivent dans une logique de surenchère pénale et judiciaire qui constituent une impasse. En effet, loin de s'attaquer aux racines des violences de genre, ces mesures en déplacent la résolution vers une issue individuelle et institutionnelle. Elles entretiennent ainsi l'illusion que le renforcement des sanctions pénales suffirait à endiguer ces violences, alors même qu'il contribue à les amplifier, tout en occultant leurs fondements structurels, profondément ancrés dans des rapports sociaux façonnés par le capitalisme et la domination patriarcale [4]. Ainsi, parallèlement à l'inflation des réponses pénales depuis ces dernières années, les violences patriarcales persistent, comme l'illustre la mort de Lyhanna. Elles sont même aggravées par l'approfondissement de la crise économique, sociale et politique : la casse des services publics, la précarité et la montée des idées réactionnaires sont autant de facteurs qui favorisent les violences et empêchent la possibilité de le prévenir. Or, la justice pénale ne s'attaque jamais à ces causes structurelles : elle peut faire le procès d'un homme érigé en monstre, mais jamais celui du système capitaliste et patriarcal qui produit et reproduit ces violences.

En réduisant un phénomène social aussi profond que les violences faites aux femmes et aux enfants à des comportements individuels qu'il suffirait de réprimer, l'État masque son propre rôle dans la reproduction de ce système. Or, c'est lui qui structure et reproduit la famille nucléaire hétéro-patriarcale dans laquelle l'enfant est soumis à l'autorité parentale, le préparant aux rapports hiérarchiques du monde du travail. L'Etat par ses politiques entretient un tabou sur la sexualité sans jamais réellement prendre en charge cette question dans le cadre de l'école, où l'éducation affective et sexuelle est laissée au volontarisme des enseignants et quasiment inexistante. C'est l'Etat encore qui favorise les rôles sociaux de genre, marqués par des rapports de domination, façonnant les désirs sous des formes violentes voire pathologiques [5]. Plus largement, l'État capitaliste, à travers ses institutions notamment la police et la justice, joue un rôle central dans la reproduction des oppressions, du racisme et du patriarcat, contribuant ainsi à diviser le monde du travail et à assurer la perpétuation du système capitaliste et des rapports de domination qui le sous-tendent.

Ainsi, face aux drames comme le meurtre de Lyhanna, ce n'est pas la prétendue « défaillance » de la justice mais tout un système économique, politique et social qui doit être remis en cause et combattu. Pour comprendre et réduire les violences faites aux femmes et aux enfants, il faut sortir du paradigme de la justice pénale et s'attaquer aux racines du problème par des mesures urgentes de prévention : une véritable éducation au genre et à la sexualité dès le plus jeune âge, sous contrôle des travailleurs de l'éducation et de la santé ; des services de santé et d'éducation entièrement gratuits et accessibles à tous pour reconnaître et traiter les comportements à risque ; des logements d'urgence et sans condition de plainte pour les femmes et les enfants victimes de violences dans leur foyer. Des mesures féministes qui supposent de commencer à remettre en cause la propriété privée capitaliste, et qui pour cette raison ne peuvent être obtenues qu'en indépendance de l'État, de sa justice et de sa police. En s'inspirant de la mobilisation en cours en Argentine suite au meurtre d'Agostina Vega, jeune fille de 14 ans assassinée le 24 mai dans la ville de Córdoba, il est aujourd'hui nécessaire de construire depuis nos lieux d'étude et de travail une grande mobilisation féministe où toutes ces revendications pourraient se discuter par en bas. Un mouvement qui prendrait en charge, par ses propres méthodes d'organisation et de lutte, le combat contre toutes les violences de genre, en l'articulant à une perspective anticapitaliste visant à renverser l'ordre capitaliste et patriarcal afin de s'attaquer au problème à sa racine, au-delà des plaintes, des tribunaux et des prisons.

Voir aussi : « Lyhanna. l'État est responsable, non à l'instrumentalisation sécuritaire » : intervention de Mathilde Lanté


[1] Les désirs et les comportements affectifs et sexuels sont des phénomènes sociaux complexes, qui ne sauraient être réduits à une question d'hormones et détiennent une grande part de détermination sociale liée au patriarcat, et ne peuvent donc être neutralisés avec un traitement hormonal.

[2] Voir notamment Pour elles toutes, Gwenola Ricordeau, 2019.

[3] Dans un tweet, Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, tend à alimenter l'idée d'un manque de moyens pour la justice en déclarant : « Macron ose dire qu'il n'y a "aucun rapport" entre le meurtre de Lyhanna et le manque de moyens de la justice et des enquêteurs ? ». Une ligne confirmée dans un article qui critique les « dysfonctionnements » de la justice. Une position qui déplace le débat sur le terrain du manque de moyens alloués à l'institution judiciaire et à des problèmes à corriger, en occultant les causes structurelles et profondes de ces violences, au premier rang desquelles figure le patriarcat, mais aussi l'impasse de la justice, allant jusqu'à euphémiser son caractère de classe en discutant sur le terrain des « préjugés » qui affecteraient « les magistrats, les enquêteurs ou les », évacuant le rôle structurel de ces institutions dans la reproduction des rapports de domination.

[4] Un court bilan de la politique pénale mise en œuvre sous Macron contre les violences sexistes et sexuelles en illustre l'impasse. Sous la pression du mouvement féministe consécutif à #MeToo, le gouvernement a mis en place de nombreuses mesures visant à réprimer les violences sexistes et sexuelles, à l'image de la loi Schiappa de 2018 créant l'outrage sexiste et allongeant le délai de prescription des violences sexuelles, de la loi de 2021 visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels et de l'inceste, ou encore les mesures issues de la Grenelle des violences conjugales. En janvier dernier, Gérald Darmanin avait émis une circulaire pénale priorisant les enfants victimes dans le traitement des plaintes.

[5] Les fantasmes pédophiles, qui concerneraient 5% à 20% des hommes., ne sont pas le propre de monstres, mais bien l'expression d'une société patriarcale brutale dans laquelle l'État joue un rôle de premier plan.

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