« La direction nous méprise » : la colère monte chez les salariés d'ATM Transport en grève
Thu, 11 Jun 2026 15:31:38 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLes salariés d'ATM Croix du Sud sont en grève depuis le 1er juin contre les conséquences de l'ouverture à la concurrence. Pression de la direction et pratiques jugées humiliantes : le bras de fer s'intensifie avec le repreneur ATM Transport. La mobilisation se poursuit, et une journée noire est prévue ce vendredi 12 juin.

Les salariés de l'exploitation et de la maintenance d'ATM Croix du Sud sont mobilisés depuis le 1er juin, pour s'opposer aux conséquences engendrées par l'ouverture à la concurrence. Alors que la direction refuse de communiquer le nombre de grévistes, les organisations syndicales affirment que la mobilisation s'amplifie. À l'appel de l'intersyndicale CGT, FO et CFDT (l'UNSA poursuivant son boycott du mouvement), une nouvelle journée de grève est organisée le 12 juin afin d'intensifier le rapport de force.
Christine, militante CGT à ATM Croix du Sud, dénonce le mépris de la direction : « Depuis la reprise du dépôt, nous adressons régulièrement des demandes écrites à la direction. Qu'il s'agisse du droit de grève, des difficultés rencontrées par les salariés ou encore de la communication des chiffres du mouvement, nous n'avons reçu aucune réponse écrite. Pas une seule ».
Pour tenter de casser la dynamique de la grève, la direction chercherait à limiter l'accès aux locaux pour les machinistes, y compris pour certains représentants syndicaux mobilisés. Des salariés affirment même avoir été empêchés d'accéder aux sanitaires. « La direction a même tenté de refuser des déclarations de grève pour des motifs jugés fallacieux. Ils font tout pour nous humilier et nous décourager, mais ils se trompent lourdement s'ils pensent que nous nous arrêterons là », ajoute Christine.
À cela s'ajoute des trous dans les salaires des chauffeurs allant de 200 à 300 euros, sans justification, et des inquiétudes persistantes concernant les garanties sociales, depuis le changement d'exploitant. Pour les syndicats, c'est l'ensemble du « sac à dos social » promis aux salariés qui est remis en cause. La prise en charge des enfants malades ou encore le statut de proche aidant figurent parmi les dispositifs dont l'avenir apparaît incertain. Une situation qui, selon eux, met en lumière les limites des garanties avancées par Île-de-France Mobilités lors de l'ouverture à la concurrence.
Alors que le conflit dure depuis plus d'une semaine et que les alertes syndicales se multiplient, l'autorité organisatrice des transports franciliens reste silencieuse. Pourtant, derrière les appels d'offres et les changements d'exploitant, ce sont les travailleurs qui subissent les conséquences de cette réorganisation, tandis que les usagers en constatent également les effets, comme en témoignent les milliers de courses de bus supprimées chaque semaine.
Le 12 juin doit donc constituer un point d'appui important pour renforcer la mobilisation, face à ATM comme à Île-de-France Mobilités. Pour les grévistes, il ne s'agit pas d'une série de problèmes isolés, mais bien de défendre leurs salaires, leurs garanties collectives et leur dignité face à un modèle qui, selon eux, fait payer l'ouverture à la concurrence à celles et ceux qui assurent le fonctionnement du service. Plus que jamais, ils revendiquent des investissements massifs dans ce service public, sous le contrôle direct des travailleurs, afin de répondre aux besoins réels des usagers.
